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Chronologie |
Date |
20-05-2007 |
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Les papes dans l'Histoire |
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Homo Sapiens |
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Sommaire
1. Chronologie annuelle et historique des souverains pontifes
| 1.1 Début de l’ère chrétienne |
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De l’an 1 à 41
1 : Denys le Petit, moine scythe, met au point, en 532, une table de calcul de la date de Pâques où les années sont comptées depuis la naissance du Christ qu’il fixe au 25 décembre de l’an 753 de la fondation de Rome. L’an de Rome 754 devient l’an 1 de l’ère chrétienne (II n’y a pas d’année 0 : on saute de l’an 1 avant Jésus-Christ à l’an 1 après). L’ère chrétienne, appelée également dionysienne, connaît une lente diffusion. Cette manière de compter est adoptée par la France au VIIIe siècle (capitulaires de Carloman et Pépin). Voir « Au fil de l’an ».
Au début de l’ère chrétienne, la population mondiale est d’environ 250 millions d’individus (elle doublera 14 siècles plus tard), celle de la Chine de 50 millions et celle de la Gaule de 5 millions et demi.
2 : 20 août, Lucius, petit-fils d’Auguste, meurt à Marseille (peut-être empoisonné sur ordre de Livie).
4 : 21 février, Gaius, second petit-fils d’Auguste, meurt à Limyra en Lycie des suites d’une blessure durant une opération militaire ; 26 juin, Auguste adopte Tibère et Agrippa Postumus, le dernier fils posthume d’Agrippa, âgé de 16 ans, et impose à Tibère l’adoption de Germanicus.
5 : Varus réprime la révolte de Judas le Galiléen.
6 : l’empereur romain Octavien, occupe définitivement la Palestine et met Copponius, qui n’est pas juif, sur le trône de Jérusalem à la place de Archélaos, fils d’Hérode [pour les Hébreux, la prophétie de Jacob est réalisée : « La venue du Messie sera vérifiée lorsque le sceptre de David aura été enlevé des mains d’un juif pour passer dans celles d’un étranger. ». Des messies, surgissant un peu partout, sont considérés comme des perturbateurs par les romains qui les crucifient : Theudas, Dosidée de Samarie, Meadre, Jean de Gamala, Simon, etc.].
9 : les Chérusques (Germains), commandés par Arminius, battent les Romains. 10 : mort de Hillel, docteur juif, qui déclarait : « Crois en Dieu et aime ton prochain comme toi-même, le reste n’est que commentaire ».
14 : l’armée romaine compte ⇒ 300 000 légionnaires et auxiliaires qui assurent la Pax Romana dans tout l’Empire [La légion romaine est l’armée professionnelle la mieux entraînée et la mieux équipée. Les légionnaires sont surnommés « les mulets de Marius » du nom du général qui, sous la République, en 107 av. J.-C., réorganisa l’armée romaine et en fit une armée de métier. Les légionnaires, âgés de 17 à 46 ans, sont enrôlés pour 20 ans, voire plus, et doivent rester célibataires. Ils perçoivent régulièrement une solde et reçoivent, à la retraite, un lopin de terre. Ils portent jusqu’à 40 kg d’équipement et parcourent au moins 30 km par jour. Les fantassins portent une courte épée à double tranchant « gladius » (glaive) ; d’autres, les hastaires (hastati), armés de javelots à pointe de fer (pilum) et munis de boucliers, sont placés au premier rang des carrés et forment avec les rangs suivants des « tortues ». Une légion compte 5 500 à 6 000 légionnaires répartis en 10 cohortes. Avec les réformes de Marius (157-86 av. J.-C.), la centurie passe de 100 hommes à 80. Ainsi la cohorte typique compte 6 x 80 = 480 hommes et à 5 x 160 = 800 hommes pour la 1ère cohorte composée de soldats d’élite ; 120 à 300 cavaliers servent d’agents de liaison, d’escorte, d’éclaireurs, et sont chargés éventuellement de poursuivre les fuyards ; les armes lourdes, arbalètes et catapultes, lancent flèches, pierres et bombes incendiaires ; les légions sont au nombre de 28 sous Auguste et jusqu’à 33 sous le règne des Sévère ; les légions sont renforcées par des troupes recrutées dans les Provinces (les auxiliaires) où à la frontière de l’Empire, qui conservent leurs armements et leurs usages de combats (les numéri)] ; 19 août, vers 13 h 30, Nola, mort de l’empereur Auguste, 76 ans, qui a désigné son fils adoptif, Tibère, comme successeur (Auguste, fils adoptif de Jules César, honoré comme un Dieu, a fondé l’Empire romain ; son règne, le plus brillant de l’histoire romaine, sera appelé « siècle d’Auguste ») : Tiberius Claudius Nero Julius Caesar Augustus lui succède ; septembre, sur le Rhin, campagne du consul Germanicus, neveu et fils adoptif de Tibère.
16 : Arminius, chef des Chérusques, est vaincu par Germanicus.
19 : 10 octobre, à Epidaphné (Syrie), mort de Germanicus (sur son lit de mot il a accusé Pison, gouverneur de Syrie, de l’avoir empoisonné).
21 : Julius Sacrovir, noble gaulois de la tribu des Eduens et citoyen romain, et le Trévire Julius Florus, lui aussi de grande naissance, conduisent un soulèvement contre les Romains ; Florus, vaincu, se donne la mort ; Sacrovir parvient à s’emparer d’Autun ; son armée est nombreuse : 40 000 hommes mais seulement 8 000 sont équipés pour la guerre (les autres, des paysans, des étudiants, sont presque sans armes) ; le légat romain Silius, commandant 12 000 hommes aguerris, en vient à bout malgré le sacrifice héroïque des 8 000 légionnaires de Sacrovir qui se font tuer sur place ; Sacrovir s’enfuit avec ses principaux lieutenants jusqu’à sa maison : ils y mettent le feu et, suivant le vieux rite gaulois des guerriers sans espoir, meurent dans le brasier.
26 : Ponce Pilate est préfet de la province de Judée. 28 : Jean le baptiste est décapité sur ordre de Hérode Antipas dont il condamnait le mariage avec sa nièce Hérodiade. (voir « Au fil de l’An »)
30 : mort de Joseph (111 ans) selon l’Histoire de Joseph le Charpentier (texte copte du IXe s) ; vendredi 7 avril (16 Nissan 3790), date la plus retenue aujourd’hui (ou le vendredi 3 avril 33, date traditionnelle, où une éclipse de lune fut visible à Jérusalem entre 15 h 40 et 18 h 50), Jésus est crucifié. (voir « Au fil de l’an »)
Vers 35 : Etienne, chrétien de Corinthe, premier diacre désigné par les apôtres, est lapidé à mort après avoir été accusé de blasphème devant le Grand Conseil (Actes 6,8-15) : c’est le premier martyr chrétien (L’impératrice Eudoxie (330-340) fera bâtir une basilique à Jérusalem sur le lieu de la lapidation d’Etienne pour y placer ses ossements miraculeusement retrouvés) ; témoin de la scène, un jeune docteur lettré (probablement rabbin), élève de Gamaliel, le pharisien Saul (le futur Paul), garde les vêtements des exécuteurs qu’il approuve [Gamaliel ha-Zakên « l’Ancien » (20-50 apr. J.-C.), pharisien, Nasî « président » du sanhédrin et premier rabbin à avoir été honoré du titre de rabban (en hébreu, « docteur » ou « maître »), fut un docteur de la loi renommé. Dans les Actes des Apôtres son nom est cité à deux reprises : Gamaliel conseille au sanhédrin de « laissez aller » les disciples de Jésus-Christ (5, 34-40) ; Paul, après avoir été expulsé du Temple, s’adresse au peuple « C’est ici, dans cette ville, que j’ai été élevé et que j’ai reçu aux pieds de Gamaliel une formation strictement conforme à la Loi de nos pères » (22, 3)].
Vers 36 : « appel divin » de Paul sur le chemin de Damas, ville où il est baptisé par Ananie et recouvre la vue (puis suit une période de 2 ou 3 ans durant laquelle Paul se serait rendu en Arabie, sans autre précision).
36 : Pilate fait massacrer les Samaritains rassemblés autour d’un faux messie sur leur mont sacré Garizim qu’ils tiennent pour le nombril du monde ; Pilate est rappelé à Rome (selon le théologien et historien religieux Eusèbe de Césarée, il se suicidera ; chez Tertullien, Pilate, à propos d’un rapport qu’il fait à Tibère, apparaît comme chrétien ; les chrétiens de Syrie et d’Égypte ont vénéré Pilate comme un saint et un martyr : il est considéré comme martyr par l’Église copte qui célèbre sa fête le 25 juin.)
37 : 16 mars, Misène, mort de Tibère (peut-être assassiné) ; 18 mars, le Sénat casse le testament le Tibère qui faisait de Caius César et Tiberius Gemellus ses héritiers et proclame seul empereur Caius Caesar surnommé Caligula (« petites bottes » car il avait de petits pieds) : Caligula adopte d’abord Gemellus, puis il le fera assassiner.
38-41 : Paul évangélise la Syrie et la Cilicie (Arétas IV, ethnarque nabatéen de Damas, veut faire arrêter Paul qui s’enfuit en passant les remparts de la ville dans une corbeille).
38 : Alexandrie, massacre de Juifs (peut-être le premier « pogrom »).
Vers 39 : mort (peut-être exécution) de Hérode Antipas (qui fit décapiter Jean Baptiste et devant lequel Jésus comparut) exilé à Lyon (ou a Saint-Bertrand-de-Comminges ou en Espagne) par Caligula [poussée par sa femme, Hérode s’était rendu à Rome pour demander à l’empereur de lui conférer le titre de roi. Au contraire, Caligula le démit l’accusant de collusion avec les Parthes et l’exila] ; mort de Pilate (suicide ?) exilé en Gaule (à Vienne, près du Mont Pilat) ou en Suisse (à Lausanne ou Lucerne près du Mont Pilatus).
41-44 : Hérode Agrippa Ier, fils d’Aristobule et de Bérénice, petit-fils de Hérode le Grand, roi de Judée et Samarie, persécute les chrétiens pour s’attirer la sympathie des Juifs (les Actes décrivent trois persécutions successives ; la troisième, qui est sûrement de l’année 43, entraîne le martyre de Jacques, le frère de l’évangéliste Jean, et l’arrestation de Pierre) : les apôtres se dispersent et rejoignent les communautés juives de la diaspora [ils fondent notamment la chrétienté d’Antioche (la première église chrétienne) où apparaît le mot « chrétien » qui, bien qu’employé comme insulte, sera revendiqué par les membres de la communauté ; un violent incident y oppose Paul et Pierre à propos des rapports avec les païens (Galates 2, 11-14)].
41 : 24 janvier, le tribun Chéréas poignarde l’empereur Caligula, un tyran sanguinaire et mégalomane (Caligula disait de ses sujets : « Qu’ils me haïssent pourvu qu’ils me craignent » et se considérait comme le « Nouveau Soleil » ; sous son règne, Isis et Sarapis eurent leurs sanctuaires dans Rome, il consacra même une salle de son palais aux dieux égyptiens et l’on vit dans la ville des prêtres égyptiens ; voir « Mythologie romaine. Religions et Mystères importés à Rome. Cultes solaires ») : son oncle, Tiberius Claudius Nero Drusus (Claude), proclamé empereur par les prétoriens, est reconnu par le Sénat le lendemain ; Tarse, Barnabé, qui a connu Paul à Jérusalem, vient le prendre, pour compagnon en vue d’une mission en Asie.
| 1.2 Liste des papes et des antipapes |
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Dates des pontificats : la première date peut être celle de l'élection ou de l'intronisation du pape ; la seconde celle de sa mort, de sa déposition ou de sa démission. Les dates des pontificats antérieurs au XVIème siècle sont, pour la plupart, incertaines.
1 Des spécialistes rejettent Lin et Clet, affirmant que ces deux noms se rapportent à un seul et même pape : Anaclet
2 Les Antipapes
3 Vacance du Saint-Siège pour raisons diverses.
4 Certains historiens pensent que Marcellin et Marcel Ier n'étaient qu'une seule et même personne.
5 Les noms des Papes Français, si on considère les limites actuelles de la France.
6 Cet antipape figure dans le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle (1864-1890) de Pierre Larousse)
7 Schisme
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| 1.3 Citations |
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« Entre le soleil de la papauté et la lune de l’empire, il y a cette différence que la terre étant sept fois plus grande que la lune, le soleil huit fois plus grand que la terre, le pape est cinquante-six fois plus grand que l’empereur. » (Augustinus Triumphus)
« Les oreilles du peuple sont plus pures, plus saintes, que les cœurs des pontifes. » (Saint Hilaire)
« Vous pouvez tout, mais rien ne convient mieux à la puissance que la règle ; vous êtes non pas le seigneur des évêques, mais l’un d’eux. On ferait un monstre du corps humain, si l’on attachait immédiatement à la tête tous ses membres. » [Saint Bernard au pape Eugène III (1145-1153)]
« Qui pourra briser les liens des richesses, des plaisirs, des honneurs, qui tiennent captifs les clercs et les mauvais religieux ?... » (Saint Antoine de Padoue)
« Il est certain que le souverain pontife peut errer, même dans les choses qui regardent la foi. » (Adrien VI, pape de 1522 à 1523)
« La papauté n’est rien d’autre que le fantôme du défunt Empire romain, siégeant couronné sur sa tombe. » (Thomas Hobbes, Léviathan)
« Si j’étais le maître de l’empire, je ferais un seul paquet du pape et des cardinaux, pour les jeter tous ensemble dans la mer ; ce bain les guérirait, j’en donne ma parole, j’en donne Jésus-Christ pour garant. » (Luther)
« [...] Les vices d’un archevêque peuvent être, dans une infinité de rencontres, les vertus d’un chef de parti. » (Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz, Mémoires)
« Tout protestant fut pape, une Bible à la main. » (Boileau, Satires)
« Le pape est une idole à qui on lie les mains et dont on baise les pieds. » (Voltaire, Le Sottisier)
« Il faut bien mentir quelquefois quand on est évêque » (Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions)
« La presse a succédé au catéchisme dans le gouvernement du monde. Après le Pape, le papier. » (Victor Hugo, Tas de pierres)
« Les papes ont voulu régner par le glaive, et le glaive s’est brisé dans leurs mains. » (Bignon)
« Les foudres du Vatican se sont éteintes dans les mains de ceux qui frappèrent les peuples et les rois. » (Pierre Boiste)
« Le pape restaurera la monarchie ou il organisera la démocratie. » (L. Veuillot)
« Comme un peuple ne saurait se passer de pape, Henri VIII se fit pape pour le sien. » (Vacquerie)
« L’autorité absolue de la papauté n’est limitée que par les vertus prisées du Saint-Père. » (Edmond About)
« Satan a séduit le pape en lui offrant le pouvoir... » (Vassili Vassilievitch Rozanov)
« Quel premier communiant n’a rêvé d’être pape ? » (François Mitterrand)
« La mule du pape ne mange qu’à ses heures. » (Proverbe français)
« Tel entre pape au conclave qui en sort cardinal. » (Proverbe français)
« Le pape bénit d’abord sa barbe. » (Proverbe grec)
2. Des Papes et des Pontificats
| 2.1 Pape, papauté |
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Pape est emprunté (1050) au latin ecclésiastique papa (issu du grec « papas »). Papa est la forme tardive de pappa, mot enfantin désignant le père, employé comme terme d’affection et de respect à l’égard des évêques (IIIe s.), spécialement (VIe s.) puis exclusivement à l’égard de l’évêque de Rome (Jean VIII, 872-882).
Le mot a été employé par l’empereur Théodose Ier le Grand (+395) pour qualifier l’évêque de Rome.
Le grec moderne a gardé papas pour désigner le pope.
Le pape, chef de l’Église catholique romaine, est l’évêque de Rome, le vicaire de Jésus-Christ et le successeur de Pierre [le prince (premier) des apôtres]. Il est aussi le serviteur des serviteurs de Dieu, le Souverain Pontife de l’Église universelle, le Patriarche de l’Occident, le Primat d’Italie, l’archevêque et le métropolitain de la province romaine, le souverain de l’État du Vatican. Depuis Jean-Paul Ier est apparue officiellement l’appellation « Pasteur suprême », reprise par Jean-Paul II sous les formes de « Pasteur de l’humanité entière » et « Pasteur universel de l’Église ».
Le titre de Vicaire de Jésus-Christ, qui fut donné à l’évêque de Rome par saint Jérôme, puis à des évêques et à des rois, ne fut appliqué exclusivement au pape que vers le XIIIe siècle.
La célèbre formule, le Serviteur des serviteurs de Dieu (Servus servorum Dei), se rencontre pour la première fois dans une lettre de saint Augustin. Grégoire Ier l’adopta parmi ses titres ; toutefois elle ne devint d’une application générale qu’à partir d’Innocent III, et, vers le milieu du XVe siècle, elle fut exclusivement réservée pour les bulles.
Benoît XVI a fait supprimer l’appellation de « Patriarche de l’Occident » dans la nouvelle édition de l’Annuaire pontifical, « convaincu que cette appellation attribuée à l’évêque de Rome par l’empereur de Byzance était inadaptée à la situation du troisième millénaire ». Ce titre avait été donné au pape saint Léon le Grand, en 450, par l’empereur d’Orient, Théodose II.
Le pape est désigné par un assez grand nombre de dénominations. Autrefois, lorsqu’on s’adressait à lui, on l’appelait : Beatitudo Vestra, Magnitudo Vestra, Excellentia Vestra, Majestas Vestra. Parmi les titres les plus usités, on compte : Pontifex Maximus, Summus Pontifex, qui furent donnés jadis à des évêques et à des archevêques, Sanctitas et Sanctissime Pater (Sa Sainteté, Très Saint-Père).
En dehors de Rome, rares sont les Pères ou auteurs ecclésiastiques qui appliquèrent à l’évêque de Rome les textes évangéliques concernant Pierre. On peut citer Optat de Milève (+ vers 370), Jérôme (+ 420), mais ce n’est le cas ni de Jean Chrysostome, ni d’aucun des Pères grecs, ni d’Augustin, lequel reconnaît pourtant au siège romain une plus grande plénitude de vérité et de grâce.
Pour les orthodoxes, un apôtre ne peut avoir été évêque d’un siège. Le couronnement de Charlemagne comme empereur d’Occident (Noël 800) porta un coup décisif à l’union avec l’Orient, laquelle lui survivra difficilement jusqu’aux conflits avec les patriarches de Constantinople Photios (+ 897) et surtout Michel Cérulaire, sous lequel la rupture fut canoniquement consommée (1054).
Pour les protestants, les textes bibliques concernant Pierre ne fondent pas une succession institutionnelle : Pierre n’a pas été « évêque de Rome ».
La primauté de l’évêque de Rome n’est pas mentionnée dans les apologies de Justin martyr, de Minutius Félix, d’Irénée, de Clément d’Alexandrie, ouvrages où toutes les questions qui intéressent l’Église sont traitées avec une grande abondance de détails. Le mot « Église romaine » qui s’y rencontre quelquefois, n’y est jamais pris que dans l’acception de « diocèse de Rome ».
Saint Cyprien s’adressa à l’évêque de Rome, comme au chef « de l’Église principale, source de l’unité sacerdotale » mais en l’appelant cependant « collègue ». Le pape Etienne ayant voulu se prononcer en dernier ressort entre lui et son compétiteur au siège de Carthage, Cyprien se moqua amèrement des prétentions de l’évêque des évêques.
« Je suis indigné, écrivit saint Firmilien à Cyprien, de la folle arrogance de l’évêque de Rome, qui prétend avoir hérité son évêché de l’apôtre Pierre. »
Les évêques d’Italie, réunis en concile en 378, reconnurent la primauté de l’évêque de Rome, mais ils refusèrent de lui reconnaître des pouvoirs supérieurs aux leurs.
Ce fut l’empereur Gratien (375-383) qui, dans un rescrit, s’attacha à donner un caractère tranché à la prééminence de l’évêque de Rome. Il ordonna que les métropolitains accusés de quelque méfait soient renvoyés devant l’évêque romain pour être entendus et jugés.
Saint Innocent Ier (401) écrivit dans une lettre à Descentius, l’un des évêques d’Ombrie, que tous les sièges d’Italie, d’Espagne, de Sicile, d’Afrique et des Gaules avaient été fondés par saint Pierre ou par ses successeurs. Dans sa réponse au concile de Carthage, il précisa : « II est de droit divin de consulter le Saint-Siège sur toutes les affaires ecclésiastiques avant de les terminer dans les provinces. ».
Saint Léon Ier (440-461), bravé par saint Hilaire d’Arles, eut recours à l’empereur Valentinien III qui, par un décret du 6 juin 445, plaça tous les évêques d’Occident sous la juridiction du Saint-Siège et ordonna aux gouverneurs de ses provinces d’y contraindre les récalcitrants. A partir de ce moment, les papes étendirent rapidement leur pouvoir spirituel, firent partout acte de suprématie, assujettirent à leur approbation l’élection des évêques, changèrent les juridictions métropolitaines, etc. Grâce à la protection des empereurs, l’évêque de Rome donna désormais des ordres à ses anciens collègues et exerça un pouvoir absolu.
Saint Grégoire le Grand (590) fit reconnaître définitivement la souveraineté du pape sur toutes les Églises d’Occident.
En 1081, un concile, à Rome, attribua officiellement et exclusivement à Grégoire VII le titre de pape, devenu alors synonyme d’évêque universel.
Mais cette primauté, cette suprématie du pape sur l’Église fut longtemps contrebalancée par les conciles généraux et, de fait, ces assemblées se montrèrent souvent supérieures aux pontifes romains, car il leur arriva fréquemment de les condamner et de les déposer.
Un grand nombre de théologiens ont admis jusqu’à nos jours la supériorité du concile œcuménique sur le pape dans trois cas. Le premier est celui où, un schisme étant né, on est en doute sur la question de savoir quel est le pape légitime ; le second est celui où le pape tomberait dans l’hérésie, et le troisième celui où le pape s’écarterait évidemment des lois de l’Église.
Ces questions ont beaucoup occupé les écrivains ecclésiastiques, et des papes eux-mêmes se sont prononcés pour la supériorité des conciles.
Dans une décrétale adressée au concile de Constantinople (869-870), Adrien II concéda que les évêques pouvaient accuser, juger et condamner un pape pour cause d’hérésie. Adrien VI (1522-1523), dans son Commentaire sur le IVe livre des Sentences, admit qu’un pape pouvait errer même dans ce qui appartient à la foi.
Le gouvernement de l’Église universelle est assuré par le pape, souverain de l’Église universelle.
Les prérogatives attachées à la primauté papale sont les suivantes : le Saint-Siège est le centre de l’unité catholique ; le pape a la principale part aux décisions concernant la foi, et l’on doit recevoir avec soumission les décrets dogmatiques émanés de lui ; il a le droit de porter, en matière de discipline, des décrets qui obligent toute l’Église ; le pape, élu par les cardinaux, ne peut être confirmé par personne, parce qu’il n’y a personne au-dessus de lui sur la terre.
Comme chef spirituel, le pape jouit d’une autorité souveraine, fait observer les canons, convoque seul les conciles, nomme les cardinaux, institue les évêques, établit ou supprime les ordres religieux, prononce ou lève les excommunications, distribue les indulgences, maintient l’unité et l’intégrité du dogme, institue, modifie ou abroge les règles disciplinaires, accorde les grandes dispenses, prononce les canonisations. Seul, il érige une église en cathédrale ou en métropole, divise un évêché, transfère et juge les évêques, donne des dispenses d’âge pour l’admission aux ordres sacrés. Il a le pouvoir d’intervenir directement partout où un mandataire de l’autorité de l’Église néglige ses devoirs, dirige souverainement les missions qui servent à la propagation de la doctrine, juge et rejette les écrits contraires à la foi ou à la morale, etc.
Son infaillibilité en matière de dogme, proclamée en 1870 par le concile Vatican I (constitution conciliaire Pastor aeternus) est reconnue, à condition qu’il y engage expressément sa suprême autorité. Le magistère du pape est infaillible quand il définit solennellement (ex-cathedra) une doctrine sur un sujet touchant la foi et les mœurs. Le pape prononce une décision ex cathedra lorsque, dans un concile ou hors d’un concile, verbalement ou par écrit, il prend, à la place de Jésus-Christ, au nom des apôtres Pierre et Paul, ou en vertu de l’autorité du Saint-Siège ou en d’autres termes semblables, avec ou sans la menace de l’anathème, une décision relative au dogme ou à la morale.
D’un point de vue institutionnel, le pape s’exprime par :
- la constitution apostolique : pour des décisions importantes (concernant la foi, les mœurs, l’administration de l’Église), souvent sous forme de bulles ;
- la lettre apostolique : le motu proprio (acte d’ordre législatif ou administratif pris par le pape de sa propre initiative) ;
- l’épître encyclique (à destinataire précis et sans contenu dogmatique) ou apostolique (pour une circonstance ou un événement exceptionnel) ;
- la lettre décrétale (pour une canonisation par exemple) ou encyclique (de caractère solennel et de portée universelle, sur un point important de doctrine ou de morale) ;
- l’exhortation apostolique : proche de la lettre encyclique mais plus pressante ;
- le bref apostolique : lettre de moindre importance scellée de l’anneau du pêcheur.
- l’indult apostolique ou le rescrit : pour accorder un privilège ou une dérogation.
Selon la Constitution de 7 juin 1929 (modifiée le 26 janvier 2000 par une loi promulguée le 1er février 2001 et entrée en vigueur le 22), le pape « souverain de l’Etat et de la cité du Vatican a les pleins pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire » ; il est chargé de la représentation des relations internationales qu’il exerce par l’intermédiaire de la secrétairie d’Etat. Le cardinal secrétaire d’Etat a reçu un mandat spécial pour représenter le pape dans le gouvernement civil de l’Etat pontifical.
Le pouvoir législatif est « confié de façon stable, déléguée et collégiale à une Commission pontificale pour l’Etat de la cité du Vatican » instituée par le motu proprio du 28-3-1968, composée de 24 membres nommés pour 5 ans par le pape et présidée par le cardinal président du gouvernatorat de l’Etat de la cité du Vatican.
Le pouvoir exécutif est exercé par le cardinal président de la Commission, assisté d’un conseil de 24 laïcs romains et six étrangers, et d’un secrétaire général. Il a en charge les finances de la Cité (qui a son budget propre), la gestion du personnel, les services sanitaires, les communications postales et téléphoniques, l’émission des timbres, des monnaies, des médailles, l’entretien des bâtiments, la conservation des musées, les recherches archéologiques, le radio-observatoire.
Le pouvoir judiciaire est exercé au nom du pape par un tribunal de première instance, une cour d’appel et une cour de cassation : ces tribunaux civils de l’Etat, réformés par Jean-Paul II à la fin des années 1980, sont indépendants des tribunaux ecclésiastiques fonctionnant au sein de la curie romaine.
La Curie (du verbe latin curare signifiant « prendre soin de ») est le gouvernement du pape. Elle a été créée pour assister le pape dans sa mission de gouvernement de l’Église catholique. Le pape possède le pouvoir suprême et la Curie n’est qu’un instrument au service du pape : elle n’a ni autorité ni pouvoir en dehors de ceux qu’elle reçoit du pape.
Par « Curie romaine », on désigne un ensemble d’organismes appelés « dicastères » que l’on distingue en fonction de leur implication plus ou moins grande dans le gouvernement de l’Église. Les dicastères se rangent ainsi sous six catégories différentes : la Secrétairerie d’État, les Congrégations et les Tribunaux ; les Conseils, les services administratifs et les Commissions. Les trois premières catégories exercent un pouvoir de gouvernement. Les autres catégories ont un rôle de conseil pour l’Église et de dialogue avec le monde.
La Secrétairerie d’Etat occupe la première place dans l’organisation curiale. Elle est constituée de deux sections placées sous l’autorité du cardinal Secrétaire d’État :
- la Section des affaires générales, dirigée par le Substitut pour les affaires générales, coordonne les travaux de la Curie romaine, expédie les affaires courantes qui touchent au service quotidien du pape, et publie les actes et documents publics du Saint-Siège ;
- la Section des rapports avec les États, dirigée par le Secrétaire pour les relations avec les États, est en charge de la diplomatie du Saint-Siège.
A la mort du pape, le cardinal Secrétaire d’Etat quitte ses fonctions, comme les autres chefs de dicastères, à l’exception du Camerlingue. Le Substitut et le Secrétaire pour les relations avec les Etats conservent leurs fonctions pendant la vacance du Saint-Siège, comme les autres Secrétaires de la Curie romaine.
La Chambre apostolique est l’un des services administratifs de la Curie. Elle est chargée de coordonner les décisions et les événements qui font suite au décès du pape. Son chef, le cardinal Camerlingue, joue donc un rôle particulièrement important pendant la vacance du Siège Apostolique.
Papauté, de papatus, « dignité de pape », apparaît dans le dernier tiers du XIe siècle, en même temps que l’emploi de curia pour désigner l’administration centrale et romaine de l’Église catholique. Il désigne également le temps d’exercice de cette fonction (1694) et le système de gouvernement ecclésiastique qui fait du pape le chef de l’Église.
Au XVIe siècle sont apparus deux termes qui désignent péjorativement la doctrine des partisans de l’autorité absolue du pape et son partisan : papisme (1553) et papiste (1526). Ces mots sont particulièrement employés à propos de la polémique religieuse entre catholiques romains et protestants au XVIe siècle.
| 2.2 Papesse |
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Le nom féminin papesse désigne la femme-pape (« la papesse Jeanne ») qui aurait occupé le trône pontifical en 855. Ce terme désigne également la reine d’Angleterre en tant que chef de l’Église anglicane.
Anastase, bibliothécaire du Vatican, contemporain de Jeanne, antipape en 855, mentionne le pontificat de la papesse dans son Liber pontificalis (la mention a été supprimée dans les diverses éditions du livre d’Anastase, mais existe dans l’édition de 1602).
Au XIe siècle, Marianus Scotus écrit : « A Léon IV succéda une femme, Jeanne, pendant deux ans cinq mois et quatre jours. » Othon de Frisingen dans ses Chroniques et Godefroy de Viterbe dans son Panthéon (XIIe siècle), Bernard Guy inquisiteur de la foi, Boccace (1350), Guillaume d’Occam, (+1347), Thierry de Niem secrétaire de plusieurs papes (+1417), saint Antonin de Florence, Ranulphe, Gerson (1363-1429), Jean Hus (1373-1415), etc., ne sont pas moins affirmatifs.
D’après Chronicon pontificum et imperatorum (Chronique des papes et des empereurs), œuvre du dominicain polonais Martin de Troppau (+1279), chapelain du pape Clément IV (1265-1268), une anglaise, née en 822 à Ingelheim (Mayence), éprise d’un bénédictin anglais, l’accompagna à Athènes, déguisée en homme. Après la mort de son amant, elle entra dans les ordres sous le nom de Johannes Anglicus « Jean l’Anglais », devint cardinal, puis fut élue pape en 855, à la mort de Léon IV. Elle régna pendant deux ans, 7 mois et 4 jours, sous le nom de Jean VIII. Un visiteur, s’étant aperçu de la fraude, en aurait profité pour abuser d’elle et l’aurait mise enceinte. Elle mourut en couches et fut enterrée sur le lieu même de son décès.
Cette chronique se rattachait au fait que, dans les dernières années du XIIIe siècle, les processions pontificales évitaient de prendre une certaine rue, comme si elle avait été le théâtre du malheureux événement. La rue de Querceti était une rue étroite par laquelle les papes passaient habituellement, avec leur suite, pour se rendre au Colisée. Au XIIIe siècle, la foule prit une telle importance qu’elle en bouchait l’accès et que le trajet dut être changé.
Selon une variante : le jour de la fête des Rogations, la papesse suivait la procession à cheval quand elle tomba de sa monture et accoucha sur-le-champ d’un enfant prématuré, sous les yeux de la foule indignée qui les piétina illico.
Parmi les sources qui en ont été conservées, l’une des plus anciennes est le De septem donis Spiritus Sancti « Les Sept Dons du Saint-Esprit », d’un dominicain français du XIIIe siècle, Étienne de Bourbon, qui situe aux environs de 1100 l’élection de Jeanne. Dans cette narration détaillée, un scribe de talent, devenu notaire de curie, fut élu pape ; mais il s’agissait en réalité d’une femme qui se trouvait enceinte au moment de l’élection. Elle accoucha au cours de la procession qui la conduisait au Latran et fut immédiatement traînée hors de Rome et lapidée.
Barthélemi Sacchi, dit Platina, bibliothécaire du Vatican, a publié, en 1479, par ordre de Sixte IV, une Histoire de la vie des papes. Dans cette histoire, il place la vie de Jean VIII, successeur de Léon IV, et il déclare que ce prétendu pape était une Anglaise d’un grand savoir, qui, ayant fait de brillantes études à Athènes, était venue se fixer à Rome, où sa réputation extraordinaire l’avait fait élire pape en 855, époque de la mort de Léon IV. Plus tard, étant devenue enceinte des œuvres d’un serf, elle aurait accouché d’une fille en pleine procession solennelle, entre le Colisée et l’église de Saint-Clément, et serait morte pendant l’enfantement, après deux ans, un mois et quatre jours de pontificat. Platina ajoute que, depuis ce scandaleux accident, toutes les fois qu’on intronisait un pape, on le faisait asseoir sur un siège percé, placé dans une chapelle de Latran, et que là on s’assurait qu’il n’y avait pas erreur de sexe. L’ecclésiastique, chargé de la vérification, proclamait alors : « Duos habet et bene pendentes ! » (Il en a deux et qui pendent bien).
Fauchet (1529-1601) et Mabillon (1632-1707) disent avoir vu la fameuse chaise percée.
Dans le mobilier pontifical, on retrouve bien deux sièges perforés en marbre, dit « roux antique » dont l’origine remonte au XIe siècle, mais leur signification est tout à fait différente de celle qui a été suggérée par la rumeur. Comme l’a démontré Alain Boureau dans son livre « La Papesse Jeanne », ces sièges ont adopté la forme des sièges des consuls et prêteurs romains. Ce sont des « sièges curules ». Pour raffermir leur pouvoir, les papes, surtout Pascal II (1099-1118), se prétendirent, à l’image des Romains antiques, « patriarches universels ». Les sièges curules n’étaient donc que l’expression symbolique de cette nouvelle titulature. La férule qui désignait son magistère, était remise au pape par un sous-diacre. (http://www.zetetique.ldh.org/papesse.html)
Le nom de Jeanne ne s’est imposé qu’à partir du XIVe siècle : dans d’autres versions, le personnage s’appelle Agnès, Anna ou Gilberte.
L’Église affirma que la « papesse » n’était qu’une affabulation de ses ennemis pour la discréditer. Ceux-ci prétendirent, au contraire, que la papauté, honteuse d’avoir élu une fille d’Ève, aurait fait disparaître toutes les preuves de son pontificat.
La légende serait née d’une inscription sur une statue de Junon allaitant Hercule : « PPPPPP » pour « Papirius Patri Patrum Propria Pecunia Posuit » (Papirius l’a érigée de ses propres deniers pour le Père des Pères : titre du grand prêtre de Mithra). Jean de Mailly, vers 1250, avait adopté une autre interprétation : « Papa Pater Patrum Partu Papissa Proditus » (Le pape, Père des Pères, révélé papesse par son accouchement). La statue antique monumentale, qui passait pour être le tombeau de la papesse, a été détruite par ordre de saint Pie V (1566-1572).
Au XVIe siècle, la basilique de Sienne possédait une série des bustes de tous les papes. Celui de Jeanne y figurait avec l’inscription : « Joannes VIII, femina ». Le cardinal César Baronius (1538-1607) décida le pape Clément VIII (1592-1605) à supprimer ce buste scandaleux. Ce buste, qui représentait véritablement Jeanne, atteste qu’à Sienne on croyait à Jeanne lorsque ce buste fut sculpté, mais ne prouve pas autre chose.
Au XVe siècle, l’existence de Jeanne était considérée comme un fait historique, même par le concile de Constance (1415), qui en tint largement compte dans ses discussions sur le pouvoir des papes.
Au cours des XVIe et XVIIe siècles, la légende fournit matière aux polémiques protestantes. En 1561, le protestant Théodore de Bèze fit de l’existence de la papesse un argument contre la légitimité de la papauté romaine ; la polémique dura jusqu’en 1685 (Préjugés légitimes contre le papisme, par le pasteur Jurieu).
C’est le livre de Florimond de Raemond, l’Erreur populaire de la papesse Jeanne, écrit en 1587, qui commença la réaction contre l’opinion universellement admise. De nombreux écrivains soutinrent la même thèse : David Blondel, Dumoulin, Bayle, Basnage, Voltaire, etc.
Des historiens comme Aeneas Silvius Piccolomini (le futur Pie II) et le cardinal Baronius avaient tenue la légende pour dénuée de fondement ; mais c’est un calviniste, David Blondel, qui, dans son Éclaircissement familier de la question : si une femme a été assise au siège papal de Rome (1647), fit le premier effort sérieux pour réduire le mythe à néant.
Baronius, avant Voltaire, pensait que la faiblesse du véritable Jean VIII (872-882) l’aurait fait traiter de femme par ses contemporains.
Selon Panvinio, la légende de la papesse Jeanne viendrait de Jean XII (956-963) qui avait une maîtresse justement prénommée Jeanne.
Hincmar de Reims, contemporain de Jeanne, a raconté ceci : « L’empereur Lothaire ayant envoyé des députés à Rome pour obtenir un privilège, ils apprirent en route la mort de Léon IV, et trouvèrent, à leur arrivée, le pape Benoît III déjà sur le siège pontifical. » Officiellement c’est Benoît III (855-858) qui a succédé à Léon IV (847-855) et on sait que la vacance du siège entre Léon et Benoît n’a été que de quelques semaines.
La plupart des historiens considèrent l’histoire de la « papesse Jeanne » comme une fable.
| 2.3 Pontife, pontifical, pontificat |
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Pontife est emprunté [d’abord sous la forme latine pontifex (v. 980) francisée en « pontifice puis » raccourcie en « pontif » (v. 1508)] au latin pontifex, désignant une catégorie de prêtres de la Rome antique principalement chargés de la jurisprudence religieuse.
« Pontifex » [formé de pons, pontis (pont) et du suffixe fex (qui fait) dérivé de facio (faire)] désignait à l’origine celui qui faisait les ponts. On croit que ce titre fut donné à Rome à certains ministres des dieux, parce qu’ils étaient chargés de l’entretien du pont de bois Sublicius jeté sur le Tibre, dans le voisinage du temple où ils se réunissaient ; et c’est cette origine supposée qui fit donner, au moyen âge, le nom de pontifes à certains moines qui veillaient à ce que les pèlerins pussent traverser les rivières. Toutefois, cette explication est contestée par certains qui pensent que les premiers pontifes étaient ainsi nommés parce que « faciebant in ponte » (ils sacrifiaient sur le pont Sublicius). D’autres pensent que, le collège des pontifes étant voué au culte des grands dieux (il y avait chez les anciens des dieux généraux en quelque sorte et des dieux particuliers), « pontifex » dériverait de « potentes » (puissants), parce que les dieux des pontifes étaient supérieurs aux autres dieux.
Au dire de saint Augustin, c’est Numa Pompilius (v. 715 - v. 672 av. J.-C.), successeur de Romulus, qui institua les pontifes.
Les pontifes dirigeaient le culte public et privé. Leur nombre passa de 4 à 15.
Le grand pontife était élu par les membres du collège des pontifes, ce conclave des Romains. Néanmoins, en 649 de Rome, une loi, proposée par le tribun Cn. Domitius, établit que dix-sept des trente-cinq tribus romaines, choisies par le sort, éliraient le grand pontife et qu’il entrerait légalement en charge quand son élection serait ratifiée par deux membres du collège. Cette loi, abrogée par Sylla, puis rétablie et abrogée de nouveau, prévalut enfin.
La charge de grand pontife était inamovible et conférait le rang de sénateur. Le dignitaire de cette charge était de plus inviolable, c’est-à-dire ne pouvait être jugé par aucun tribunal ; les membres du collège des pontifes jouissaient aussi de cette prérogative. Les pontifes étaient vêtus de la toge prétexte, devenue plus tard une soutane, et avaient pour coiffure un bonnet de laine de forme conique nommé « tutulus ».
A partir d’Auguste, la dignité de grand pontife fut réservée à l’empereur et rentra ainsi dans l’esprit de son institution, car Romulus avait voulu réserver aux rois de Rome la fonction de chef du collège des pontifes.
Le pontife Jules César nomma son petit-neveu Octave (le futur Auguste), âgé de 16 ans, au collège des pontifes. « Ils formaient, dit Ch. Dézobry (Rome au siècle d’Auguste), un collège chargé de juger les différends des particuliers, des magistrats et des ministres des dieux, touchant les matières religieuses ; de faire des lois sur les cérémonies sacrées qui n’étaient ni écrites ni passées en usage, jugeant de celles qui méritaient d’être pratiquées et ensuite inscrites au nombre des lois. Numa les investit aussi du pouvoir d’inspecter tous les magistrats et toutes les dignités donnant droit d’exercer les fonctions du culte divin et de veiller, à ce qu’il ne se commît point de fautes contre les lois sacrées. Ils étaient de plus obligés de porter à la connaissance du peuple les cérémonies du culte des dieux et des génies, de publier au commencement de chaque mois l’époque juste des ides et de montrer à ceux qui en avaient besoin les droits, usages et coutumes des funérailles. Ils jugeaient et punissaient eux-mêmes toute rébellion à leurs ordres. »
Le chef du collège des pontifes prit le titre de grand pontife (pontifex maximus). Le grand pontife, dont les fonctions existaient avant le titre, avait l’intendance des sacrifices consignés et transcrits. Il était considéré comme le conjoint de la déesse Vesta et était censé communiquer avec la déesse en établissant un « pont » entre elle et lui. Il était chargé d’organiser l’ensemble du culte en tant que président du collège des pontifes et exerçait son autorité sur tous les prêtres et les vestales : il choisissait les vestales et donnait l’investiture de tous les sacerdoces. Il faisait lui-même les sacrifices d’une grande importance, présidait à l’accomplissement des vœux où l’Etat était intéressé ; au besoin, il les interdisait. Il rédigeait les annales dans les Livres pontificaux. « II déterminait, dit Ch. Dézobry, le jour, le temple où ils se feraient, le choix des victimes et la somme que l’on emploierait. Les sacrifices célébrés dans l’intérieur des familles furent eux-mêmes soumis à sa juridiction. Le législateur voulut par là ménager au peuple un guide sûr, auquel il pût avoir recours dans l’occasion, et prévenir en même temps l’altération du culte, soit par l’omission des rites nationaux, soit par l’introduction des rites étrangers. On consultait aussi ce pontife sur tous les prodiges, quels qu’ils fussent, et il déclarait ceux qu’il fallait négliger et ceux qui méritaient expiation. »
Vers la fin de la république, l’explication des prodiges fut enlevée au grand pontife et attribuée aux augures et aux aruspices ; mais il resta l’arbitre suprême et le régulateur des cérémonies du culte.
Le titre de Pontifex maximus fut porté par les empereurs romains depuis Auguste (13 av. J.-C.) jusqu’à Gratien qui le refusa (375).
Le souverain pontife des premiers siècles du christianisme a hérité du nom, des fonctions, du pouvoir, des honneurs et des avantages matériels de son prédécesseur : on n’a fait que changer l’objet du culte.
Les empereurs comprirent si bien l’importance de la charge de grand pontife, que, après le triomphe officiel du christianisme, les premiers empereurs chrétiens demeurèrent grands pontifes de l’ancien culte.
Le collège des pontifes et le grand pontificat disparurent momentanément durant les orages du Ve et du VIe siècle ; mais si le polythéisme succomba, le catholicisme reprit, pour l’arranger à son usage, la forte hiérarchie sacerdotale des vieux Romains. Au lieu d’un grand pontife païen et d’un collège des pontifes païens, on eut un souverain pontife chrétien et un collège de pontifes qui fut bientôt le collège des cardinaux.
Chez les Juifs, le sacerdoce était encore plus fortement organisé que chez les Romains ; mais ce furent les chrétiens qui donnèrent postérieurement le titre de souverain pontife au chef de ce sacerdoce judaïque, puisque ce titre romain était inconnu en Orient. Il y avait, chez les Juifs, un souverain pontife qu’ils appelaient « grand prêtre » ou « grand sacrificateur » et qui remplissait des fonctions analogues à celles des grands prêtres de toutes les religions. Il était le chef du culte, et les autres lévites lui étaient soumis. Aaron, frère de Moïse, fut le premier revêtu de cette dignité.
Les premiers chrétiens n’avaient ni sacerdoce ni pontificat ; tout au plus distinguait-on parmi eux des fidèles et des missionnaires. Un tel état de choses, purement démocratique, convient à une secte, mais ne saurait convenir à une religion constituée. Dans un culte organisé, comme dans une société civile, il faut un gouvernement. Quand le christianisme triomphant se vit à la tête des croyances en Occident, il chercha naturellement à s’organiser et, trouvant dans les anciens cultes des Romains et des Juifs des exemples d’organisation supérieure, il se les appropria. Ses Hauts dignitaires furent des pontifes, et leurs fonctions des pontificats.
L’institution des pontifes ou évêques a précédé celle du souverain pontife, qui ne fut d’abord que l’un d’entre eux. Les patriarcats ou chefs-lieux de grandes provinces ecclésiastiques ont aussi précédé l’établissement du souverain pontificat. Avant d’être souverain pontife, l’évêque de Rome fut patriarche. On trouve des patriarches dès le IIe siècle ; mais il ne put y avoir de souverain pontife dans l’Église catholique avant la fin du IVe siècle, puisque les Césars détinrent encore le titre quand ils furent chrétiens et que l’empereur Gratien fut le premier qui s’en dépouilla (375).
Les auteurs chrétiens employaient le terme « pontifex » pour désigner l’évêque, le prélat et même le prêtre.
Gélase Ier (492-496) portait le titre de « Summus pontifex ».
A la fin du XIIIe siècle, on donna au pape le titre de « roumain (romain) pontifiche » (renforcé de nos jours en souverain pontife).
En 1189, la Congrégation Hospitalière des Frères Pontifes (spécialisés dans la construction de ponts tel celui d’Avignon et de routes), fondée par saint Benezet (+1184), obtint du pape Clément III un grand nombre de franchises. Rattaché en 1277 aux frères Hospitaliers de Jérusalem, l’Ordre des Frères Pontifes continua son œuvre opérative jusqu’au milieu du XVIe siècle.
Pontifical est emprunté (1269) au latin pontificalis (de pontife).
L’adjectif qualifie ce qui appartient à la dignité d’évêque, de pape.
En relation avec une autre acception de pontife, il qualifie ce qui est relatif au pape (av. 1380) et ce qui a certaines caractéristiques du pontife : majesté, éclat (1404), souvent avec une connotation péjorative.
Le substantif désigne le livre contenant le rituel de l’ordination et du ministère des évêques (1374).
Etienne II (752-757) fut en 756 le premier souverain des Etats pontificaux, grâce à la donation de Pépin qui lui offrit des territoires (22 villes dont Ravenne).
Pontificat est un emprunt (1368) au dérivé latin pontificatus (dignité de pontife) pour désigner la dignité de pape. Par métonymie, le mot s’applique au temps pendant lequel un pape exerce son autorité (début XVIe s.).
| 2.4 Vatican |
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Géographiquement, le Vatican est une des collines de Rome, aujourd’hui bien affaissée, sur la rive droite du Tibre.
Le Vatican ou « la Cité du Vatican » ou, mieux encore, « l’État de la Cité du Vatican » (en italien, Stato della Città del Vaticano, appellation dont on lit les initiales S.C.V., sur la plaque d’immatriculation des véhicules) est un territoire habité et délimité, qui jouit d’un statut international sans équivalent dans le monde.
Cet État miniature de quarante-quatre hectares (moins du tiers de la principauté de Monaco, à peine le vingtième du bois de Boulogne à Paris), enfermé dans ses hautes murailles, ouvert sur la place Saint-Pierre, est la résidence administrative du Saint-Siège et du souverain pontife.
Bien que le Vatican, cité administrative, soit le gouvernement central de l’Église catholique autour de son chef suprême, le « drapeau du pape », jaune et blanc, qui symbolise à la fois une position spirituelle (le Saint-Siège) et sa réalité territoriale (l’État pontifical, aujourd’hui la Cité du Vatican), ne s’est jamais confondu avec la bannière rouge de la sainte Église, arborée en quelques grandes occasions.
Le 22 octobre (jour de la mort de Charles Martel en 741) est le jour de la fête nationale de l’Etat du Vatican.
Il paraît que, dès l’antiquité, le quartier du Vatican attirait les amateurs de miracles. Si nous en croyons Aulus Gellius et Varron, le nom même de Vatican (Vaticanus) serait dérivé de vaticinia (oracles) et aurait été donné à ce quartier à cause des devins qui s’y étaient installés et qui y donnaient des consultations aux Romains. A cette époque, la colline et la vallée du Vatican étaient situées hors de l’enceinte de Rome.
La colline du Vatican de Rome fut consacrée à Mithra (des ruines à caractère mithriaque y ont été découvertes). Le culte de Mithra, introduit à Rome vers 68 av. J.-C. par des pirates ciliciens capturés par le général Pompée le Grand puis par les légionnaires venus des Balkans et de Syrie, fleurit jusqu’au Ve siècle. Le chef de la foi mithriaque était appelé « Pater Patrum » (Père des Pères).
Caligula et Néron convertirent en jardins une partie du Vatican. Néron y fit construire un cirque destiné à son propre usage. « II fit enclore dans la vallée du Vatican un terrain où il conduisait des chevaux. Des spectateurs choisis furent seuls admis d’abord, mais bientôt le peuple romain fut invité. La foule exaltait Néron ; car cette foule, avide de plaisir, aimait à retrouver ses goûts dans ses princes. Cet avilissement public, loin de le dégoûter, comme on s’y attendait, l’excita. Croyant atténuer son déshonneur en déshonorant les autres, il fit monter sur la scène les descendants des familles nobles que l’indigence réduisait à se vendre. Il força même par de grands présents les chevaliers d’une haute distinction à s’engager pour les combats de l’arène. » (Tacite). Néron ensanglanta ce même quartier par des jeux plus sinistres. Après l’incendie de Rome, qu’il avait ordonné, il attribua ce crime aux chrétiens et leur fit infliger les supplices les plus atroces, en présence des citoyens dont les maisons avaient été brûlées et qui étaient venus chercher un refuge sur la rive droite du Tibre, dans ses jardins. « On insultait, dit encore Tacite, les chrétiens qui allaient mourir et l’on s’en amusait ; on les couvrait de peaux de bêtes pour les faire déchirer par les chiens ; on les attachait sur des croix; quelquefois même on les allumait comme des torches pour servir, quand le jour tombait, à éclairer la nuit. Néron avait prêté ses jardins à ce spectacle, et, en même temps, il donnait des jeux dans le cirque, se mêlant parmi le peuple en habit de cocher et conduisant des chars. »
Le quartier du Vatican étant très insalubre, Héliogabale y fit exécuter d’importants travaux d’assainissement.
Quelques auteurs croient que Constantin le Grand, après avoir érigé, sur la rive droite du Tibre, la basilique qui y subsista jusqu’au XVe siècle, fit construire à côté un vaste palais pour l’habitation des souverains pontifes ; d’autres attribuent cette construction à saint Libère (352-366), et quelques-uns au pape saint Symmaque, vers l’an 498. Ce qui est certain, c’est qu’à l’époque où Charlemagne vint à Rome se faire couronner par Léon III, il habita un palais bâti en cet endroit.
On sait que, ce palais étant tombé en ruine, Célestin III et Innocent III le firent restaurer vers la fin du XIIe siècle. A cette époque, d’ailleurs, la résidence ordinaire des papes était le Latran. Ce ne fut qu’après le retour d’Avignon de Grégoire XI (17 janvier 1377) que le Vatican devint le palais favori des pontifes. Le conclave y fut tenu après la mort de Grégoire (27 mars 1378).
| 2.5 Election du pape |
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On pense que les premiers évêques de Rome choisirent leurs successeurs, puis l’élection fut déférée au clergé et au peuple, et, jusqu’au VIIe siècle, le basileus se borna à approuver et à confirmer le choix.
Le concile de Rome de 499, présidé par le pape Symmaque, prit plusieurs décrets pour empêcher les abus qui se commettaient dans l’élection du pape.
Félix IV nomma son successeur Boniface II en 530.
Boniface III fit décider, dans un concile réuni à Rome, en 606, que celui qui réunirait la majorité des suffrages du peuple et du clergé serait reconnu comme souverain pontife, dans le cas où l’empereur confirmerait l’élection.
Puis, les papes, devant l’inconstance dogmatique et l’impuissance des empereurs byzantins, se tournèrent vers les Francs : alliance avec Pépin en 754 et fondation des États de l’Église.
Saint Etienne III (IV) réunit en 769 le concile du Latran qui condamna l’ingérence des laïques dans les affaires religieuses : l’élection du pape fut retirée aux laïques.
Le concile décida que nul ne pourrait être élu souverain pontife s’il n’était prêtre ou diacre.
Adrien Ier (772-795) voulut enlever par une bulle leur prérogative aux empereurs, mais Charlemagne la fit rétablir.
Au concile romain de 816, le pape Etienne IV publia un canon portant que l’élection du pape serait faite par les évêques et le clergé, en présence du sénat et du peuple, et sa consécration devant les députés de l’empereur.
A partir d’Adrien II (867-872), le clergé de Rome, seul, élut le pape pendant vingt-deux élections successives ; toutefois, le peuple devait donner son agrément.
L’empereur Othon II (973-983) exigea que ses ambassadeurs fussent présents à l’élection.
Etienne IX (1057-1058) fut le premier pape élu sans l’aveu de la Cour impériale.
Nicolas II érigea le fait en droit quand, au concile de Melfi, le 13 avril 1059, il édicta, pour écarter toute intervention impériale, que seuls participeraient à l’élection du pape les cardinaux (toutefois, l’élection devait être consentie par le peuple et approuvée par l’empereur).
A la mort d’Alexandre II, son conseiller, Hildebrand de Soana, fut acclamé par les clercs et les fidèles romains pendant la cérémonie funèbre, aux cris de « Hildebrand évêque ! ». Bien que cette désignation fût contraire aux dispositions du récent décret de Nicolas II sur l’élection pontificale, Hildebrand était reconnu pape le 22 avril 1073 sous le nom de Grégoire VII.
Le concile de Latran III (1179) décida que l’élection du pape se ferait à la majorité des deux tiers des cardinaux.
Lors du concile de Lyon II (1274), Grégoire X (1271-1276) fit instaurer le conclave (2ème décret Ubi periculum) : enfermement dans un local sans séparation et restrictions (au bout de 5 jours, les cardinaux étaient réduits au pain et à l’eau).
Le concile de Constance (1414-1418) régularisa la procédure de vote pour les élections papales.
Paul II (1464-1471) donna la pourpre et la barrette rouge aux cardinaux et ordonna, par une constitution, qu’ils seraient seuls appelés à la papauté.
Sixte IV (1471-1484) et Alexandre VI (1492-1503) affirmèrent que seul le pape pouvait décider des règles pour sa propre succession.
Grégoire XV (1621-1623) introduisit le scrutin secret dans l’élection pontificale.
Pie X supprima, le 20 janvier 1904, le droit de veto (droit d’exclusive) que pouvaient exercer la France, l’Espagne ou l’Autriche à l’encontre d’un candidat.
Le 21 novembre 1970, par le motu proprio Ingravescentem aetatem, Paul VI fixa à 80 ans l’âge auquel les cardinaux cessent d’être membres des dicastères de la Curie romaine et de tous les organismes permanents du Saint-Siège et de l’Etat de la Cité du Vatican : ils perdent ainsi le droit l’élire le Pontife Romain et, par conséquent, également le droit d’entrer en conclave. Le 1er octobre 1975, la Constitution apostolique Romano Pontifici eligendo sur l’élection du pape interdit toute concertation du vivant de son prédécesseur.
Le 22 février 1996, par la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis (Tout le troupeau du Seigneur), Jean-Paul II mit fin au système de clôture absolue du conclave. Les cardinaux sont logés dans la résidence Sainte-Marthe, à l’intérieur de la Cité du Vatican. Le secret est limité au scrutin proprement dit, toujours dans la chapelle Sixtine.
Les cardinaux octogénaires, sans participer au vote, assistent aux « congrégations générales » précédant le conclave et animent « la prière du peuple de Dieu dans les basiliques romaines et dans les diocèses du monde. »
Au début du conclave, les cardinaux électeurs, âgés de moins de quatre-vingts ans, prêtent serment sur l’Evangile de s’engager à garder le secret total sur l’élection, à empêcher toute ingérence extérieure dans le processus et, s’ils sont élus, à exercer fidèlement la charge de « pasteur de l’Église universelle ».
Les cardinaux élisent le pape par scrutin aux deux tiers des suffrages exprimés (avec une voix supplémentaire dans le cas où leur nombre ne serait pas divisible par trois). Sur les bulletins de vote, rectangulaires, ont été imprimés les mots : « Eligo in Summum Pontificem » suivis d’un espace blanc où le votant écrit le nom de son choix.
Tant qu’une majorité des deux tiers n’est pas obtenue, les scrutins s’enchaînent à raison de quatre par jour : deux le matin et deux le soir. Jean-Paul II a prévu qu’après trois jours de votes sans résultat, une journée soit consacrée à la prière et à de libres échanges entre les électeurs. Les cardinaux votent ensuite encore sept fois, avant une nouvelle interruption. Toutefois, après trois pauses de ce type, soit donc après environ douze jours de conclave, si les sept derniers scrutins ne donnent toujours aucun résultat décisif, les cardinaux doivent décider à la majorité absolue de changer la manière de procéder : soit opter pour un vote à la majorité absolue des suffrages, soit voter sur deux noms seulement, les deux ayant obtenu le plus de voix au scrutin précédent.
A la fin de chaque scrutin, les bulletins de vote, brûlés dans un poêle, produisent une fumée noire si le vote ne donne pas de résultat. Quand le pape est élu, le dernier des cardinaux diacres appellera dans la chapelle Sixtine le secrétaire du collège des cardinaux et le Maître des célébrations liturgiques pontificales. Le doyen du collège demande officiellement au cardinal élu s’il accepte sa charge et quel nom il choisit. Ensuite, les bulletins sont brûlés ; ils produisent cette fois une fumée blanche, accompagnée, depuis le successeur de Jean-Paul II,cloches par une volée de cloches (A Avignon, l’élection était annoncée uniquement par une petite cloche). De nos jours, la couleur de la fumée est obtenue par l’emploi de fumigènes.
Le nouveau pape revêt les ornements pontificaux (trois soutanes blanches de tailles différentes [une grande, une moyenne et une petite] ont été préparées dans la « Chambre des Larmes »). Il reçoit une étole aux effigies des apôtres Pierre et Paul qui n’est portée qu’en cette circonstance.
Un par un, les cardinaux rendent hommage au nouveau pontife et lui promettent obéissance. Puis, de la loggia centrale de la basilique vaticane, le premier des cardinaux diacres annonce au public le nom du nouveau pape : « Habemus papam dominum cardinalem..., qui sibi nomen imposuit... ». Celui-ci donne alors sa première bénédiction apostolique Urbi et Orbi.
En principe, tout catholique de sexe masculin est éligible. En théorie, le conclave n’est pas tenu d’élire un de ses membres.
Quand l’élu est un laïc ou un simple prêtre, il est ordonné évêque avant que son élection ne soit annoncée publiquement.
Il y a eu des papes laïcs, c’est-à-dire qu’ils n’étaient ni prêtres, ni même diacres, tels que Léon VIII (963), Benoît VIII (1012) et Jean XIX (1024).
Léon X (1513), cardinal à 13 ans, n’était pas prêtre. Jusqu’en 1917, il n’était pas nécessaire d’être prêtre pour être nommé cardinal.
Depuis le 15 avril 1962, les cardinaux doivent être évêques ; s’ils ne le sont pas, ils sont pourvus d’un titre épiscopal.
Le sacre du nouveau pape étant déjà évêque, s’est présenté historiquement comme une intronisation (Nicolas II 1059-1061) ou un couronnement (Clément V 1305-1314). C’est aujourd’hui simplement l’inauguration publique du ministère du nouveau pontife par la célébration d’une messe au cours de laquelle il reçoit le pallium et l’anneau du pêcheur.
| 2.6 Démission du pape |
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Le code de Droit Canon de 1983 (art. 332 §2) permet au pape de renoncer à sa charge. Selon la Constitution apostolique sur la « vacance du Siège apostolique et l’élection du pontife romain » du 22-2-1996, si celui-ci renonce à sa charge, « il est requis pour la validité de cette renonciation qu’elle soit libre et dûment manifestée ; elle n’exige l’acceptation de qui que ce soit. »
Depuis Adrien II (867-872), il est généralement admis que le principe selon lequel « le siège primatial n’est soumis au jugement de personne » était limité par la clause : « à moins qu’il ne dévie de la foi ».
Ont renoncé (de gré ou de force) :
- Pontien (230-235), déporté en Sardaigne, condamné aux travaux forcés dans les mines, démissionna pour permettre l’élection d’un nouveau pape.
- Félix II, désigné en 355 par l’empereur Constance pour remplacer le pape Libère en exil, lui restitua sa place à son retour en 358 sous la pression du peuple romain. Ils exercèrent ensemble le pontificat puis Félix renonça.
- Grégoire VI, fut obligé par l’empereur Henri III de démissionner le 20-12-1046, pour céder la place à Clément II.
- Célestin V (1215-96), bénédictin, ermite, élu le 5-7-1294 après un conclave de plus de 2 ans, se révéla incapable et se laissa duper et manipuler, notamment par le roi de Naples, Charles II. Sur les conseils de nombreux cardinaux (qui regrettaient leur choix) et effrayé par les intrigues, il démissionna le 13 décembre 1294. Certains historiens prétendent qu’il y fut forcé par le cardinal Caetani, le futur Boniface VIII, son successeur. Boniface, pour écarter tout risque de schisme, mit Célestin en résidence forcée, au château de Monte Fumone, où il mourut le 12 mai 1296. Célestin V fut canonisé en 1313 sous le nom de saint Pierre Célestin.
- Nicolas V (1328-1330), antipape, nommé par Louis IV de Bavière (soutenu par les Franciscains), se soumit finalement à Jean XXII.
- Jean XXIII, antipape, déposé le 29 mai 1415 par le concile de Constance puis emprisonné, accepta finalement sa destitution et se rallia à Martin V.
- Félix V (1439-1449), antipape, élu le 5 novembre à Bâle par des pères conciliaires qui avaient refusé le transfert du concile et déposé Eugène IV, abdiqua.
Pie XII, craignant d’être enlevé par les nazis dans les années 1943-44, avait préparé et fait enregistrer une lettre de démission dans laquelle il demandait que, aussitôt après son rapt, un conclave se tînt dans un pays libre pour élire son successeur.
Paul VI, se sentant surmené, voulut démissionner à l’occasion de ses 80 ans (26-9-1977). Les cardinaux réussirent à l’en dissuader.
Jean-Paul II a écrit dans son testament qu’il avait envisagé de renoncer à sa charge, en l’an 2000 : « ...maintenant dans l’année dans laquelle l’âge de ma vie se rapproche de 80 (« octogesima adveniens »), il faut se demander si le temps n’est pas venu de répéter avec le Siméon biblique « Nunc dimittis » (Luc 2,29)
| 2.7 Antipapes |
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Le terme « antipape » (1320) désigne une personne ayant revendiqué les prérogatives au préjudice du pape légitime : un pape schismatique, en tous cas un pape non reconnu comme authentique. Ce terme n’est pas employé par les papes : ils qualifient leurs rivaux ou concurrents d’ « intrus ».
Saint Hippolyte (217-235) est le premier antipape. C’est aussi le seul antipape canonisé (pendant la persécution des chrétiens par l’empereur romain Maximin, Hippolyte est exilé dans les mines de Sardaigne où il meurt d’épuisement en compagnie du pape Pontien avec lequel il s’est réconcilié).
Félix V (1439-1449), duc Amédée VIII de Savoie, est le dernier des antipapes.
A noter le cas de Jean XXIII (1410-1415) déposé le 29-05-1415 par le concile de Constance qu’il a lui-même convoqué : rayé de la liste officielle, il est néanmoins considéré par certains comme pape authentique sinon ce concile ne peut être tenu pour valide.
Le concile de Constance (1414-1418) met fin au grand schisme d’Occident en faisant abdiquer Jean XXIII (Pise) et Grégoire XII (Rome), en déposant Benoît XIII (Avignon) et en élisant Martin V.
| 2.8 Schismes |
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L’Église catholique se dit l’héritière de la première Église chrétienne, elle-même issue du judaïsme. Ses rites, ses croyances sont fondées sur la personne et l’enseignement de Jésus-Christ ; elle se considère « instituée par le Christ ». L’histoire de l’Église chrétienne est marquée par de nombreuses ruptures.
Le terme « schisme » (du grec skhisma « séparation ») désigne une scission formelle et volontaire de l’unité d’une Église et le refus de la soumission au pontife romain. Contrairement à l’hérésie (du grec airesis « choix particulier ») à laquelle il est souvent lié, il n’implique pas forcément une déviation doctrinale.
Schismes d’Orient :
La séparation entre les Églises orientale et latine possède de profondes racines culturelles et politiques et s’étendit sur plusieurs siècles. Les conflits doctrinaux entre Rome et Constantinople furent nombreux : schisme d’Acace (Félix III lance l’anathème contre Acace en 484), schisme monothélite (le concile du Latran condamne le monothélisme en 649), schisme de Photios (863-877), etc.
L’Orient, où régnait une conception collégiale de l’épiscopat, n’admettait pas certaines revendications juridiques des papes, particulièrement amplifiées sous le pontificat de Léon IX (1049-1054) et de ses successeurs. A son tour, l’Occident s’opposa au césaropapisme (subordination de l’Église à un dirigeant laïc) qui caractérisait l’Église de Constantinople.
Grand schisme d’Orient :
Michel Cérulaire, patriarche de Constantinople en 1043, menait une rude campagne contre les églises latines de sa propre ville qu’il faisait parfois fermer. En 1054, le cardinal Humbert de Moyenmoutier, envoyé à Constantinople par l’intransigeant Léon IX, entama la controverse du filioque, expression rayée du credo oriental. Il termina sa visite en déposant sur l’autel de Sainte-Sophie une bulle excommuniant le patriarche et ses collègues. Le patriarche réunit un concile qui riposta en excommuniant les Latins.
La quatrième croisade, transformée en sanglante conquête de l’Empire byzantin (les croisés pillèrent Constantinople en 1204), élargit encore le fossé qui séparait les deux Églises.
Schisme d’Occident :
Le Grand Schisme d’Occident (1378-1417) débuta avec l’élection d’un pape italien, Urbain VI, en 1378. Treize des cardinaux qui l’avaient élu, français pour la plupart, consternés par son comportement incohérent, déclarèrent l’élection non valide et choisirent un nouveau pape, le Français Clément VII. Urbain se vengea en excommuniant Clément et ses fidèles. Clément VII s’installa en Avignon et recueillit l’adhésion du roi de France, Charles V : le schisme était établi. Le pape d’Avignon était soutenu par la France et celui de Rome par l’Angleterre et l’Empire.
Les cardinaux se réunirent à Pise en 1409, mais ne parvinrent, après avoir déposé les deux papes, accusés de schisme et même d’hérésie, qu’à nommer un troisième pape, Alexandre V.
Le concile de Constance (1414-1418) obtint finalement la démission ou la déposition des papes rivaux et l’élection de Martin V fut universellement reconnue.
Le scandale du schisme intensifia le désir de réformes qui généra la Réforme protestante.
| 2.9 Nombre de papes |
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Les listes, telles l’Annuario pontificio, donnent généralement 265 papes, quelquefois 261 [en comptant pour un seul les trois pontificats de Benoît IX (145ème, 147ème, 150ème), et en considérant comme antipapes Léon VIII (131ème) et Benoît V (132ème)].
Des spécialistes rejettent Lin (2ème) et Clet (3ème), affirmant que ces deux noms se rapportent à un même pape : Anaclet.
Certains historiens pensent que Marcellin (296-304) et Marcel Ier (308-309) étaient une seule et même personne.
L’antipape Félix II (355-365) était autrefois considéré comme un pape légitime. Les deux numéros suivant les noms de Félix III (II), qui régna de 483 à 492, et Félix IV (III), qui régna de 526 à 530, indiquent que Félix II était peut-être légitime (premier numéro) ou non (second numéro) ; le numéro utilisé correspondant à l’acceptation ou au rejet de l’hypothèse ancienne. Le fait que Félix V (1439-1449), lui aussi antipape, ne se soit pas appelé Félix IV, montre qu’il considérait que Félix II était légitime.
Etienne (II) a été légitimement élu pape en 752, mais il est mort 4 jours après son élection, avant d’avoir été consacré. Pour cette raison, il n’était pas considéré comme ayant été pape. Une théologie papale plus récente a changé cette décision et il est donné comme pape depuis l’édition de 1961 de l’Annuaire pontifical ; c’est la raison pour laquelle deux numéros sont donnés pour les Etienne qui le suivent, le numéro entre parenthèses reflétant l’opinion moderne.
Jean XVI (997-998) fut un antipape et pourtant le pape suivant à prendre ce nom s’appela Jean XVII (1003).
Sur la foi d’une tradition, reconnue depuis erronée, qui ajoutait entre Boniface VII (mort en 985) et l’authentique Jean XV (985-996) un second Jean XV, on changea, à partir de l’élection de Pierre d’Espagne, le numéro d’ordre des papes portant le nom de Jean. C’est ainsi que ce dernier pontife fut appelé Jean XXI (1276-1277), alors qu’aucun Jean XX ne figurait dans la liste des papes. Un pape Jean XX (1045) est cependant mentionné par Pierre Larousse dans le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle (1864-1890).
Jean XXIII (1410-1415) fut un antipape ; le Jean XXIII moderne (1958-1963) l’ignora complètement et prit les mêmes nom et numéro.
Marin Ier (882-884) et Marin II (942-946) furent enregistrés par erreur comme Martin II et Martin III. Pour ne pas compliquer les choses, Martin, élu pape en 1281, décida de s’appeler Martin IV.
Il y a eu 2 antipapes Victor IV (1138 et 1159) et 2 antipapes Benoît XIV (1424 et 1433).
| 2.10 Décès des papes |
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Trente-six papes sont honorés comme martyrs ; le dernier étant saint Martin Ier (+ 653).
Treize papes, au moins, ont été assassinés : Jean VIII (+882, empoisonné et achevé à coups de marteau), Etienne VI (+896, étranglé), Théodore II (+ 897), Léon V (+903 en prison), Anastase III (+913), Jean X (+928, en prison, étouffé avec un oreiller), Léon VI (+929), Etienne VII (+931), Jean XII (+964, battu à mort par un mari jaloux), Benoît VI (+974), Jean XIV (+984, en prison, étranglé ou mort de faim), Célestin IV (1241, empoisonné ; on a accusé un compétiteur, le cardinal Romain, évêque de Porto), Alexandre VI (+1503, empoisonné).
Sept pontifes ont peut-être été empoisonnés : Grégoire V (+999), Clément II (+1047, il aurait été empoisonné par Benoît IX qui s’emparait du Saint-Siège pour la troisième fois), Benoît XI (+1304 ; il aurait été empoisonné par des figues apportées par une inconnue ; le frère mineur, Bernard Délicieux, qui lutta contre l’inquisition, fut également accusé d’avoir empoisonné Benoît XI parce qu’il avait annoncé la mort de ce pape), Innocent VII (+1406), Pie III (+1503), Marcel II (+1555), Clément XIV (+1774 ; on a dit qu’il avait été empoisonné au moyen d’une serviette par l’officier dégustateur chargé de tester les mets ; on crut, sans preuve, à une vengeance des jésuites dont il avait dissous l’ordre, mais une commission médicale internationale constata l’absence de poison).
Deux papes sont morts accidentellement : Jean XXI (+1277) tué par l’effondrement d’un plafond et Urbain VI (+1389) blessé grièvement en tombant de sa mule.
Un écrivain britannique, David Yallop, et le cardinal Hans Urs von Balthasar qui se base sur les visions d’Erika Holzach, pensent que Jean-Paul Ier (décédé officiellement le 29-9-1978 d’une embolie pulmonaire) a été assassiné.
Parmi les morts naturelles, notons celles de Léon X (en 1521 d’une maladie honteuse) et de Pie IV (en 1565 d’épectase, dans les bras d’une courtisane).
Paul IV (1555-1559) fut le premier pape embaumé et le premier pape à qui on préleva le cœur pour le placer dans une urne. Pie X (1903-1914) abolit ces usages et depuis, seules sont pratiquées quelques interventions permettant d’exposer le corps du pape aux fidèles.
| 2.11 Sanctification des papes |
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Quatre-vingt-sept papes, depuis le premier de tous, Pierre, ont été béatifiés ou canonisés. On note parmi ceux là tous les premiers papes jusqu’à Boniface II (530-532), sauf Libère et Anastase II (496 à 498).
Ensuite, depuis Grégoire le Grand (590-604), on dénombre vingt-trois saints et dix bienheureux (les derniers étant Pie IX et Jean XXIII).
Bien qu’antipape, Hippolyte (217-235) fut canonisé parce qu’il avait fait soumission au pape légitime Pontien après avoir partagé le destin de ce dernier. Déportés ensemble et morts d’épuisement dans une mine, tous deux sont honorés comme martyrs.
Étienne Ier (254-257) n’aurait pas subi le martyre : on lui aurait attribué par erreur la mort héroïque de son successeur Sixte II.
C’est seulement en 1673 qu’à la suite d’une confusion, semble-t-il, la congrégation des Rites inscrivit le pape Léon III (795-816) dans le calendrier des saints.
| 2.12 Durée des pontificats |
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Suite à la mort de Jean-Paul Ier, après un bref pontificat de 33 jours, on a beaucoup parlé de la durée du « règne » des papes.
La moyenne générale de durée des pontificats est de 7 ans 11 mois 16 jours.
Les pontificats les plus longs ont été ceux de Pie IX (31 ans et 236 jours), Jean-Paul II (26 ans 7 mois), Léon XIII (25 ans 5 mois), Pie VI (24 ans 6 mois), Adrien Ier (23 ans 11 mois) et Pie VII (23 ans 5 mois)
Le pontificat le plus court fut celui d’un pape nommé Etienne (II ?) qui mourut 3 jours seulement après son élection en 752, et qui n’eut pas le temps d’être intronisé.
Pour 53 papes, la durée du pontificat fut d’un an ou moins d’un an.
On remarque 4 séries tragiquement curieuses :
- Saint Léon II, Benoît II, Jean V et Conon se sont succédé dans cet ordre, sans intermédiaire, à partir de l’année 682, et chacun de ces 4 papes n’a régné qu’un an.
- En 896 Boniface VI mourut 15 jours seulement après son élection. Lui succéda Etienne VI qui disparut, assassiné, l’année suivante. Il fut remplacé par Romain, dont le pontificat dura 10 mois. Quant à Théodore II, le successeur de Romain, il régna 20 jours.
- En 1276, Innocent V, puis Adrien V et puis encore Jean XXI monteront sur le trône de saint Pierre. Ils régneront respectivement 4 mois, 1 mois, et 8 mois ! Le dernier nommé, Jean XXI, un portugais, mourut d’ailleurs accidentellement dans l’écroulement de son palais.
- En septembre 1590, le pontife Urbain VII, natif de Rome, fut pape durant 12 jours seulement. Lui succéda, après une vacance de 72 jours, Grégoire XIV, qui régna 10 mois, et fut remplacé, 13 jours plus tard, par Innocent IX, un pape dont le pontificat dura 2 mois et 1 jour.
| 2.13 Vacances du Saint-Siège |
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On sait qu’il y eut parfois, entre la mort d’un pape et l’élection de son successeur, un intervalle de temps assez long, appelé « vacance du Saint-Siège », ce qui motiva d’ailleurs l’usage des réunions fermées, dites « conclaves » [du latin « cum clavis » (avec des clefs)] pour que le dénouement fût accéléré.
L’idée du conclave revient au Sénat et au peuple de Rome qui, en 1243, mirent fin à une vacance de plus un an en enfermant les cardinaux a Anagni jusqu’à ce qu’ils élisent un nouveau pontife le 28 juin : Innocent IV. Plus tard, les habitants de Viterbe, lassés de ne pas avoir de pape deux ans et neuf mois après la mort de Clément IV (20-11-1268), enfermèrent les 17 cardinaux électeurs dans le palais pontifical en les mettant au pain et l’eau. L’élu, Grégoire X (1271-1276), fit décréter par le concile de Lyon II (1274), le principe de l’enfermement dans un local sans séparation, et de la mise au pain sec et à l’eau au bout de cinq jours de conclave sans résultat (2ème décret).
La suppression de ces règles par Jean XXI (1276-1277) eut pour conséquence le retour de longues vacances du Saint-Siège et Boniface VIII (1295-1303) dut rétablir l’enfermement et les restrictions pour les cardinaux électeurs.
La plus longue vacance du Saint-Siège avait duré 4 ans et abouti à l’élection du successeur de saint Marcellin (296-304) : saint Marcel Ier en l’an 308. Il faut dire qu’en cette période l’Église subissait les cruelles persécutions de Dioclétien et de Galère. Toutefois, certains historiens pensent que Marcellin et Marcel n’étaient qu’une seule et même personne.
| 2.14 Nationalités des papes |
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La plupart des papes sont Italiens (208), mais il y a eu 57 « étrangers » dont :
- 2 Israéliens (saint Pierre de Galilée et Théodore Ier, grec de Jérusalem),
- 16 Français (nés à l’intérieur de la France actuelle),
- 15 Grecs (surtout dans l’Église primitive),
- 5 Allemands (ou assimilés),
- 4 Syriens,
- 3 Espagnols,
- 3 Africains (Berbères) : Victor Ier (189), Miltiade (311) et Gélase Ier (492)
- 2 Dalmates,
- 2 Portugais,
- 1 Anglais,
- 1 Hollandais,
- 1 Polonais (Jean-Paul II en 1978, premier pape non-italien depuis 1523).
Sylvestre II (999-1003), Gerbert d’Aurillac, fut le premier pape français.
Grégoire XI (1370-1378), Pierre Roger de Beaufort, neveu de Clément VI, fut le dernier pape français légitime et le dernier pape légitime résidant en Avignon.
| 2.15 Noms des papes |
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A l’origine, les papes continuaient à porter leur prénom. Jean II (533-535) fut le premier pape à changer de nom à son élection (à cause de son prénom païen : Mercurius). Ensuite, peu à peu, s’installa l’usage que le pape n’utilise pas son propre prénom.
22 papes ont choisi de s’appeler Jean. Jean XX (1045) ne figure dans l’Annuario pontificio officiel de 1947, mais il est mentionné par Pierre Larousse dans le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle (1864-1890). Jean XVI n’est pas reconnu comme légitime.
En 1958, « Jean », le prénom du « disciple bien-aimé » (peut-être pour cette raison le plus porté), revient en vénération avec Jean XXIII. (A noter qu’il y avait déjà eu un pape Jean XXIII à Pise, de 1410 à 1415, et qu’il fut déposé).
On compte 16 Grégoire, 16 Benoît, 14 Clément, 13 Innocent, 13 Léon et 12 Pie.
Par contre, 43 papes ont choisi un nom qui ne sera pas repris, et qui demeure ainsi unique dans les annales du Saint-Siège. Ces 43 papes figurent dans la période des 10 premiers siècles, jusqu’à l’année 913, où le pontife élu s’appela Landon.
Parmi ces noms non renouvelés se trouve celui de Pierre, jugé sans doute trop insigne pour être porté par un autre pontife. Figure cependant dans le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle (1864-1890) de Pierre Larousse, un antipape Pierre en 686 ; mais celui-ci n’est pas mentionné dans l’Annuario pontificio officiel de 1947.
Les autres sont des appellations rarissimes : Télesphore, Sirice, Zosime, Symmaque, Vitalien, Conon, Sisinnius, Formose, etc.
Jean-Paul Ier (1978) fut le premier pape à choisir un double nom.
| 2.16 Célibat religieux |
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Des trois grandes religions qui dominent la culture religieuse occidentale depuis l’ère gréco-romaine, le christianisme est la seule à prôner ou à imposer le célibat religieux : le judaïsme et l’islam ne le proposent même pas à leurs ministres, et ils n’ont point connu la vie religieuse au sens strict.
Mais dans le christianisme lui-même, la situation est très différente selon les Églises :
- l’Église catholique romaine l’exige de ses évêques, prêtres et diacres de rite latin (bien que le deuxième concile du Vatican ait permis d’ordonner diacres en certains cas des hommes mariés), mais non de ses prêtres de rite oriental ; en outre, elle le propose comme idéal de vie à un grand nombre de religieux et de religieuses. Le célibat sacerdotal n’est pas un vœu religieux : les vœux prononcés par les religieux et les religieuses sont la chasteté, l’obéissance et la pauvreté. Il y a des prêtres religieux (qui prononcent les vœux) et des prêtres séculiers (tels les diocésains) qui ne s’engagent qu’au célibat.
Des milliers de prêtres catholiques ont été, à leur demande, « réduits à l’état laïc » par le Saint-Siège, la plupart pour pouvoir se marier. « Un prêtre qui perd l’état clérical (expression employée depuis 1983) conserve son sacerdoce mais ce dernier devient inopérant, inefficace, sauf en cas d’absolution d’une personne en danger de mort. La preuve en est que s’il demande à réintégrer le presbyterium, une nouvelle ordination n’est pas requise mais seulement un rescrit du Saint-Siège. La perte de l’état clérical n’entraîne pas ipso facto la dispense de l’obligation du célibat ; cette dernière doit faire l’objet d’une décision supplémentaire du Saint-Père... » (Père Jean-Marie Huet).
- Les Églises orthodoxes ont, sur ce point comme sur tous les autres, une discipline assez variée : elles l’exigent cependant toutes de leurs évêques, mais non de leurs prêtres (encore que le plus souvent elles ne permettent point de se marier après l’ordination). Les Églises d’Orient acceptent officiellement le mariage des prêtres depuis 692 (second concile in Trullo ou concile quinisexte de Constantinople).
- Les Églises protestantes, malgré leur extrême diversité, n’imposent ni ne proposent le célibat à leurs évêques et ministres ; seules quelques-unes, qui sont d’ailleurs les plus proches de l’Église catholique romaine (telle l’Église anglicane), connaissent une forme de vie religieuse comportant le célibat.
Les 37 premiers papes étaient probablement mariés. Le premier, Pierre, était déjà marié quand il laissa ses filets pour suivre Jésus et eut, selon la légende, au moins une fille : Pétronille.
Le dernier pape marié fut Adrien II (867-872), père d’une fille.
Plus tard, des veufs seront élus tels Clément IV (1265-1268), père de 2 filles, et le dernier des antipapes, Félix V (1439-1449), père d’un fils.
Saint Damase Ier (366-384) était le fils du prêtre saint Laurent.
Saint Innocent Ier (401-417) était le fils de saint Anastase Ier.
Saint Félix III (483-492), fils d’un prêtre, était marié et père de 2 enfants.
Saint Hormisdas (514-523), marié, était le père de saint Silvère.
Saint Silvère (536-537), fils de saint Hormisdas, était marié.
Théodore Ier (642-649) était le fils d’un évêque
Boniface VI (896) était le fils de l’évêque Hadrien.
Serge III (904-911) fut l’amant de Marozia, une jeune princesse toscane déjà mariée, dont il eut un fils, le futur Jean XI.
Jean XI (931-936) était le fils naturel de Serge III.
Innocent VIII (1484-1492), marié avant son ordination, était le père de plusieurs enfants légitimes. Il aurait eu aussi plusieurs enfants naturels.
Alexandre VI, élu en 1492, avait eu 7 enfants (sans avoir été marié) avant son élection.
Jules II (1503-1513), a eu 3 filles illégitimes du temps où il était cardinal.
Paul III (1534-1549) était marié et père de 4 enfants (3 fils et 1 fille) avant d’être nommé cardinal en 1493.
Jules III (1550-1555) eut une fille naturelle qui épousa François Caffieri.
Pie IV (1559-1565) eut 3 fils illégitimes.
Grégoire XIII (1572-1585) eut 1 fils illégitime.
Saint Boniface Ier (418-422), Saint Félix III (483-492), Anastase II (496-498), saint Agapet Ier (535-536), Marin Ier (882-884), Jean XV (985-996) et Jean XVIII (1003-1009) étaient fils de prêtre.
La plupart des premiers apôtres étaient mariés (Pierre notamment).
Paul maintient sagement qu’il vaut « mieux se marier que brûler » (I Corinthiens 7,9) mais il exalte le charisme de la virginité. Il ose même contredire la Genèse (2,18) qui disait : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (I Corinthiens 7,25-35). Il estime qu’il est bon d’être célibataire, comme il l’est lui-même : « A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de rester comme moi-même » (I Cor 7,8)
A l’origine, les prêtres pouvaient se marier et il n’y avait que les moines qui étaient célibataires.
Dans les premiers temps de l’Église et jusqu’au Ve siècle, des vierges consacrées, les agapètes (du grec agapêtos « aimé »), cohabitaient avec le clergé voire avec certains laïcs.
Du Ier au IIIe siècle, un homme n’ayant eu qu’une seule femme dans sa vie pouvait devenir évêque, mais un prêtre devenu veuf ne pouvait se remarier.
Au IVe siècle, un prêtre ne pouvait se marier avant d’être ordonné, mais un prêtre marié pouvait le rester après.
Peu à peu, des décisions imposèrent le célibat pour le clergé : conciles ou synodes d’Elvira (305-306, canon 33 : « S’ils sont mariés en entrant dans les ordres, les évêques, prêtres et diacres ne doivent plus avoir de commerce charnel avec leurs femmes, sous peine de déposition »), d’Arles (314), d’Ancyre (en 314 ; il décide que si un diacre, au moment de son ordination, a déclaré ne pas pouvoir passer sa vie dans le célibat, il peut se marier ensuite, sans pour cela être privé de ses fonctions), de Nicée (325, après son ordination un prêtre ne peut plus se marier), de Carthage (340), de Néocésarée, d’Antioche (341), de Rome (en 386 ; il établit plusieurs règlements touchant le célibat des prêtres et des diacres ; à Carthage, un concile approuve la même année les règlements disciplinaires du concile romain), de Milan (en 390 ; il renouvelle la continence imposée à l’évêque, au prêtre et au diacre), de Carthage (en 390 ; il déclare que le célibat est une loi apostolique remontant à l’origine de l’Église), de Tolède (400), de Carthage (401), d’Orléans (où, en 511, saint Mélaine participe à la rédaction du droit canon et s’évertue, ensuite, à le faire respecter notamment en ce qui concerne les règles liturgiques et le célibat des prêtres), de Tours (567 ; « tout ecclésiastique trouvé dans son lit avec sa femme sera excommunié pendant un an et réduit à l’état laïc »), d’Aix-la-Chapelle (836 ; il admet que des avortements ont lieu dans les couvents et monastères pour dissimuler « les actes des clercs qui ne vivent pas le célibat ») et d’Augsbourg (en 952 ; il défend aux prêtres, sous peine de déposition, de se marier ou de vivre en concubinage : « toute concubine de clerc doit être appréhendée, fouettée et tondue »), de Pavie (où, en 1022, Benoît VIII fait interdire le mariage et le concubinage des clercs : les prêtres refusant la règle du célibat sont appelés « nicolaïtes » du nom du diacre Nicolas qui aurait eu au Ier siècle des pratiques contraires à la morale et des opinions théologiques proches du gnosticisme), de Sutri (en 1047 ; il est dit que Clément II doit purifier l’Église de tout mariage de prêtre), de Rouen (1055), de Rome (1075), du Latran I (1123, il condamne le nicolaïsme) du Latran II (1139, le 7ème canon défend d’entendre les messes des prêtres mariés ou concubinaires. Il déclare nuls les mariages des prêtres, des chanoines réguliers, des moines, et ordonne qu’on mette en pénitence ceux qui les auront contractés) et de Trente (1545-1563, il établit que le célibat et la virginité sont supérieurs au mariage).
Ces décisions furent initiées ou reprises par les papes : Sirice (386) qui quitte sa femme pour devenir pape, Innocent Ier (402-417), Léon le Grand (440-461), Grégoire le Grand (590-604) qui dit que tout désir sexuel est péché en lui- même, Eugène Ier (655-657), Léon VII (936-939), Léon IX (1049-1054), Nicolas II (1059-1061), Grégoire VII (en 1074, il déclare que quiconque doit être ordonné doit faire d’abord vœu de célibat : « les prêtres [doivent] tout d’abord s’échapper des griffes de leurs femmes » ; en 1075, par décret, il interdit aux fidèles d’assister aux célébrations liturgiques des prêtres mariés) et Urbain II (1088-1099).
Pélage II (578-590) tolérait les prêtres mariés du moment qu’ils ne détournaient pas les biens de l’Église au profit des épouses et des enfants.
Saint Ulric, Ulrich ou Udalric (890-973), évêque d’Augsbourg, tirait argument des Ecritures et du bon sens pour dire que la seule façon de purifier l’Église des pires excès du célibat était de permettre aux prêtres de se marier.
Lanfranc, sacré archevêque de Canterbury le 29 août 1070, renforça le célibat des prêtres.
En 1215, le quatrième concile du Latran interdit aux « enfants des chanoines, surtout les bâtards », de « posséder des canonicats dans les mêmes églises où ces chanoines sont établis ». (Canon 31).
Lors des conciles de Constance (1414-1418), de Bâle (1431-1439) et de Trente, des évêques et des théologiens réclamèrent en vain l’abrogation de la règle du célibat.
Au XXe siècle, le Code de droit canon de 1917, le concile Vatican II (1965), l’encyclique Sacerdotalis caelibatus (1967) de Paul VI qui confirmait le 1er février 1970 que la loi du célibat ecclésiastique ne pouvait être mise en discussion (en réponse au concile pastoral de la province ecclésiastique des Pays-Bas qui vota l’abandon de l’obligation du célibat sacerdotal en janvier), la lettre aux prêtres de Jean-Paul II (8-4-1979), le code de 1983 et l’exhortation papale Pastores dabo vobis (7-4-1992) insistèrent sur ce problème du célibat.
En 1994, sœur Maura O’Donohue, religieuse et médecin, chargée de la coordination de la campagne contre le SIDA d’une organisation basée en Angleterre, remit un rapport qui recensait des cas d’abus sexuels et de viols répétés de la part de prêtres sur des religieuses dans pas moins de 23 pays.
Au cours du synode des évêques d’Océanie, tenu à Rome en 1998, l’évêque de Sidney, Goeffroy Robinson, affirma que « les abus sexuels de la part de prêtres sont devenus le principal obstacle à la prédication de l’évangile en Océanie ».
Le 26 juin 2005, Patrick Balland, marié et père de quatre enfants, était ordonné prêtre par l’évêque de Namur (Belgique). Pour ne pas être soumis à l’obligation sacerdotale du célibat en vigueur dans l’Église catholique romaine, cet ancien pasteur calviniste suisse avait dû obtenir l’autorisation du pape Jean Paul II et l’accord de la Conférence épiscopale de Belgique. Cette dispense, permettant aux pasteurs luthériens, anglicans et calvinistes mariés qui entrent dans l’Église catholique d’accéder à la prêtrise, avait été instaurée par Pie XII.
Le 28 août 2005, un ancien pasteur anglican, marié et père de deux filles, Evans David Gliwitzki, fut ordonné prêtre catholique aux Canaries, dans l’île de Ténérife. L’autorisation de devenir prêtre catholique lui avait été accordée par Jean Paul II.
En 20 ans, Jean Paul II donna son accord à plus de 220 ordinations d’hommes mariés, le plus souvent pères de famille, anciens pasteurs protestants ou anglicans.
Dans un livre intitulé « Mon Dieu...pourquoi ? » coécrit avec le directeur du Monde des Religions Frédéric Lenoir, et publié chez Plon en 2005, l’abbé Pierre, âgé de 93 ans, prend position en faveur du mariage des prêtres : « Je connais des prêtres qui vivent en concubinage avec une femme qu’ils aiment depuis des années et qui acceptent bien cette situation. Ils continuent d’être de bons prêtres. Cela pose la question cruciale pour l’Église du mariage des prêtres et de l’ordination d’hommes mariés. »
A la Toussaint 2005, l’abbé adresse une lettre à Benoît XVI et aux évêques : « J’ai décidé de questionner tous ceux qui, depuis quelques dizaines d’années, ne comprennent plus. Je leur demandais que faire ? Des groupes de fidèles, des prêtres, des évêques, deux cardinaux à Rome, tous ont dit la même pensée. Ordonner prêtres des hommes mariés, fervents et capables (...) Frères Evêques, réunis récemment en synode à Rome, vous n’avez pas encore voulu ouvrir cette porte et présenter aux fidèles impatients la réponse que la plupart savent être là. Pourquoi attendre encore, quand les besoins sont aussi grands ? (...) Frères n’ayons pas peur ! Ouvrons la porte de nos églises ! Ouvrons la porte du sacerdoce à ces milliers d’hommes, de foi fervente, prêts à entrer dans cette vocation. »
Le dimanche 24 septembre 2006, à Washington (DC), Mgr. Emmanuel Milingo, Archevêque émérite de Lusaka (Zambie), 76 ans, marié depuis 2001 et partisan du mariage des prêtres, ordonna 4 évêques : il fut excommunié Latae Sententiae, ainsi que les 4 évêques :
« Le Saint-Siège a suivi avec appréhension les récentes activités de Mgr. Emmanuel Milingo, Archevêque émérite de Lusaka (Zambie), et de la nouvelle association de prêtres mariés, qui ont semé division et trouble parmi les fidèles. Des représentants à différents niveaux de l’Église ont vainement cherché de contacter Mgr. Milingo pour le dissuader de poursuivre ces gestes qui provoquent scandale, surtout par respect pour les fidèles qui ont poursuivit son ministère pastoral en faveur des pauvres et des malades. Tenant compte de la compréhension manifestée encore récemment par le Successeur de Pierre envers cet ancien pasteur de l’Église, le Saint-Siège a attendu patiemment l’évolution des évènements, qui malheureusement ont conduit Mgr. Milingo à une condition irrégulière et une rupture progressive avec la communion de l’Église, d’abord en osant se marier (avec la Coréenne Maria Sung, médecin adepte de la secte Moon, en 2001 à New York) et ensuite en ordonnant quatre évêques dimanche 24 septembre à Washington DC. Par ce geste publique l’Archevêque Milingo ainsi que les quatre évêques ordonnés ont encouru l’excommunication Latae Sententiae, prévue par le Code de Droit Canonique codice 1382. D’autre part, l’Église ne reconnaît pas et n’entend pas reconnaître dans le futur de telles ordinations ainsi que toutes les ordinations qui en découleront, et retient que l’état canonique des quatre présumés évêques est celui précédant l’ordination. Le Siège apostolique, soucieux de l’unité et de la paix du troupeau du Christ, était confiant dans l’action fraternelle de personnes proches de Mgr. Milingo pour qu’il réfléchisse et revienne vers la pleine communion avec le Pape. Malheureusement les derniers évènements ont annulé de tels espoirs ».
Le 27 septembre, Mgr Milingo répliqua : « Nous avons un seul et unique objectif, la restauration d’un clergé marié dans l’Église catholique occidentale ». Que « Benoît XVI reconsidère l’excommunication et s’unisse à nous pour appeler les prêtres mariés à servir à nouveau (...) Nous n’acceptons pas cette excommunication et avec amour nous la renvoyons à Sa Sainteté ».
Le 22 février 2007, dans son exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatis sur l’Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l’Église, le pape redisait « la beauté et l’importance d’une vie sacerdotale vécue dans le célibat comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ, à l’Église et au Règne de Dieu » et en confirmait « le caractère obligatoire pour la tradition latine »
« Mieux vaut ne pas avoir d’enfant et posséder la vertu qui laisse un souvenir riche d’immortalité, car elle est approuvée par Dieu et par les hommes. » (Sagesse 4,1)
« Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne. » (Matthieu 19,12)
« Rien n’est plus puissant pour tirer l’esprit d’un homme vers le bas que les caresses d’une femme. » (Saint Augustin, 405)
« Les curés sont consolés de ne pas être mariés quand ils entendent les femmes se confesser. » (Armand Salacrou, Une femme libre)
| 2.17 Conciles œcuméniques |
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Note : Ce texte étant assez long, cette page présente seulement le sommaire.
Sommaire
1. Les conciles œcuméniques
Les conciles œcuméniques (du grec oikouménê « univers », « terre habitée ») réunissent les évêques du monde entier pour arbitrer des questions relatives à la doctrine ou à la discipline ; ils obéissent à un ordre du jour précis.
Alors que l’Église catholique romaine se fonde sur les 21 conciles jalonnant l’histoire du christianisme, l’Église orthodoxe ne considère comme œcuméniques que les conciles généraux antérieurs à celui de Constantinople IV ; les anglicans et les protestants reconnaissent seulement les 4 premiers.
| 2.18 Églises orientales réunies à Rome |
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Église chaldéenne : Iraq, Iran, Syrie, Liban, Turquie, diaspora ; liturgie en syriaque
Église syro-malabar : Inde (Kerala)
Église syro-malankar catholique : Inde (Kerala)
Église arménienne catholique : Liban, Syrie, Iraq, Turquie, Egypte, Iran, diaspora.
Église syriaque catholique : Liban, Syrie, Iraq, diaspora
Église copte catholique : Egypte, diaspora ; liturgie en copte et en arabe
Église éthiopienne catholique : Ethiopie, Erythrée
Église melkite catholique : Syrie, Liban, Jordanie, Israël, Cisjordanie, diaspora.
Église maronite : Liban, Syrie, Chypre, Egypte, diaspora ; liturgie en arabe.
| 2.19 Marques, insignes et emblèmes de la papauté |
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Soutane blanche :
Depuis Pie V, en raison de son origine dominicaine.
Anneau du pêcheur :
Porté à la main droite, l’anneau papal représente Pierre dans sa barque tirant un filet. A l’origine sceau du pape pour sceller sa correspondance privée, il fut réservé aux brefs apostoliques à partir de Calixte III (1455-1458). A la mort du pape, le cardinal camerlingue prend les dispositions nécessaires pour faire détruire l’Anneau du Pêcheur servant d’anneau sigillaire ainsi que le sceau de plomb aux armoiries du souverain pontife. Autrefois, l’anneau était brisé, devant les cardinaux, avec un petit marteau d’argent, sur une enclume en or, par le camerlingue chargé de constater officiellement la mort (jusqu’à la mort de Pie XII, en 1958, le camerlingue frappait, par trois fois, le front du défunt pape avec ledit marteau en l’appelant par son prénom).
Pallium :
Le pallium (« manteau » en latin) est une bande de laine blanche brodée de croix (6 croix noires avant les 5 croix rouges de Benoît XVI rappelant les 5 plaies du Christ) que le pape porte autour du cou, pendant certaines célébrations liturgiques. La laine représente la brebis égarée (l’humanité) que le bon pasteur (le Christ) porte sur ses épaules. Réservé auparavant à l’évêque de Rome, le pallium est également le symbole des archevêques.
Camauro :
Cette ancienne coiffure des papes, un bonnet rouge et blanc en velours ou satin, après avoir été remise en usage par Jean XXIII et abandonnée par Paul VI, est portée le 21 décembre 2005 par Benoît XVI.
Chaire de saint Pierre :
Appelé ainsi depuis 1230, ce trône en bois fut apporté en 875 par Charles le Chauve pour son couronnement puis utilisé pour l’intronisation du pape. La chaire a été placée sous le monumental baldaquin du Bernin à l’intérieur de la basilique Saint-Pierre le 17 juin 1666 par Alexandre VII.
Clefs de saint Pierre :
Les clefs de saint Pierre, une d’or et une d’argent, figurent sur les armes propres de l’Église romaine, le blason et le sceau de l’Etat pontifical et le drapeau du Vatican.
Elles symbolisent le pouvoir spirituel (or) et le pouvoir temporel (argent) des papes ; pour certains elles symbolisent aussi les deux pouvoirs de « lier » et de « délier » accordés à saint Pierre.
Sur les armes d’Avignon figure une troisième clef symbolisant le pouvoir du cardinal-légat.
Flabellum :
Ce chasse-mouches à long manche, en plumes d’autruche, porté près du pape pendant les processions solennelles, a été supprimé par Paul VI.
Sedia gestatoria :
C’était un fauteuil monté sur un brancard à quatre bras, porté par seize officiers appelés « palefreniers ». Utilisé par les papes au cours des cérémonies solennelles à Saint-Pierre, il remontait à la « chaise curule » des consuls de Rome.
En 1978, Jean-Paul Ier y renonça et se rendit à la cérémonie du couronnement à pied, entouré du Sacré Collège, mais la foule protesta car elle ne le distinguait plus et il dut monter sur la sedia gestatoria à l’audience publique du 13 septembre 1978.
Jean-Paul II la remplaça par une voiture découverte : la papamobile.
Tiare pontificale :
La tiare, appelée aussi le trirègne (du latin tiara et triregnum), est la coiffure non liturgique des papes. La seule coiffe liturgique des papes est la mitre épiscopale de l’évêque de Rome : Sylvestre Ier (314-335) fut le premier pape représenté avec une mitre sur la tête.
La tiare dérive du bonnet phrygien (frigium ou camelaucum) porté par les rois de l’Orient antique. A partir de 1130 (Innocent II), on lui adjoignit une couronne, symbole de la souveraineté sur les Etats de l’Église. Vers 1300, Boniface VIII ajouta une deuxième couronne, symbole de l’autorité spirituelle sur les âmes. Vers 1340, Benoît XII en rajouta une troisième, symbole de l’autorité morale sur les rois.
Devenue l’emblème du Saint-Siège, la tiare est remise au pape lors de son couronnement : « Recevez la tiare ornée de trois couronnes et sachez que vous êtes le père des princes et des rois, recteur de l’Univers et, sur Terre, vicaire de Jésus-Christ notre Sauveur. » Elle symbolise aussi la triple royauté du pape sur l’Église universelle : militante, souffrante, triomphante. Certains ajoutent qu’elle signifie la domination du pape sur les trois mondes : divin, psychique et physique (il y a analogie avec la triple couronne portée par les dieux, symbole de leur pouvoir sur la matière, la conscience et l’esprit.)
Une tiare à 3 couronnes a été portée au XVe siècle par l’archevêque de Bénévent et, à partir de 1716, par le patriarche de Lisbonne (de nos jours, il n’en a plus, même dans ses armoiries) en raison de l’étendue de sa juridiction patriarcale.
Des mitres, surmontées de couronnes comtales, ressemblant à des tiares, ont parfois été portées par des évêques-comtes tels les évêques de Mende, comtes de Gévaudan (XIVe-XVIe s.).
Paul VI n’a porté qu’une fois la tiare, le jour de son couronnement. Il en possédait quatre (en métal précieux) et en vendit une à un musée new-yorkais au profit des pauvres.
Jean-Paul Ier fut le premier pape à refuser de porter la tiare, même le jour de son intronisation. Depuis, la tiare a été remplacée par la mitre épiscopale. Benoît XVI a renoncé à faire figurer la tiare dans ses armoiries personnelles.
Croix papale :
Cette croix à 3 traverses est un symbole de la hiérarchie ecclésiastique : elle correspond à la tiare papale, au chapeau cardinalice et à la mitre épiscopale. A partir du XVe siècle, seul le pape a droit à la croix à 3 traverses, la croix à 2 traverses (croix patriarcale) revenant au cardinal et à l’archevêque et la croix simple à l’évêque. La croix papale avec ses 3 traverses et ses 7 terminaisons symbolise également l’harmonie.
Croix de saint Pierre :
Selon La légende dorée (de Jacques de Voragine, XIIIe s.), Pierre, se jugeant indigne d’être traité de la même manière que le Christ, fut crucifié la tête en bas, sur une croix renversée. La croix de saint Pierre symbolise donc essentiellement l’humilité. Toutefois, sa signification est également proche de celle de l’Arbre de Vie dessiné à l’envers, qui rappelle que la spiritualité plonge ses racines dans le Ciel et pousse ses branches en direction de la Terre.
Drapeau de l’Etat de la Cité du Vatican :
Le « drapeau du pape », jaune et blanc, qui symbolise à la fois une position spirituelle (le Saint-Siège) et sa réalité territoriale (l’État pontifical, aujourd’hui la Cité du Vatican), a été créé le 17 septembre 1825 par le cardinal camerlingue Galeffi. Il est composé de deux bandes verticales, l’une jaune près de la hampe, l’autre blanche portant la tiare pontificale en or, avec les rubans rouges et les clefs de Saint Pierre.
Le blanc et le jaune étaient depuis 1808 les couleurs de la cocarde de la gendarmerie pontificale (auparavant rouge et jaune). Napoléon l’ayant laissée aux anciens gendarmes pontificaux servant dans son armée, Pie VII créa une cocarde blanche et jaune pour les troupes qui lui étaient restées fidèles.
Le drapeau du Vatican ne s’est jamais confondu avec la bannière rouge (le sang des martyrs) de la sainte Église, arborée en quelques grandes occasions.
Cierge pontifical :
Ce cierge est placé à Saint-Pierre de Rome sur l’autel où se célèbre la messe pontificale. Il est exclusivement composé de cire d’abeilles. Son diamètre est de 8 cm à la base, sa hauteur de 2,5 m et il pèse 14 kilos. La partie supérieure, d’un diamètre de 5,5 cm, est seule destinée à brûler ; la base, au contraire, toujours intacte, est ornée de peintures et de dorures.
Nappe de l’Incarnatus est :
« Appelée strogolo, c’est une nappe de toile damassée, divisée en 13 parties et garnie de dentelle d’or, de la dimension de la table d’autel, qui est mise sur celle-ci avant la messe papale, mais repliée vers les chandeliers. Après l’Incarnatus est, et avant de porter à l’autel la bourse avec le corporal, le cardinal-diacre, aidé par le sous-diacre de la messe, déplie cette nappe » (J. Nabuco, Le cérémonial papal). On ne connaît ni l’origine ni la raison d’être de cette nappe utilisée jusqu’à Paul VI.
| 2.20 Prière pour le pape |
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« Ô Jésus, chef invisible de la sainte Église, conservez et conduisez celui que vous lui avez donné pour chef visible sur la terre ; remplissez-le de la plénitude de votre Esprit, afin qu’il puisse diriger avec sagesse la barque agitée de Pierre au milieu des écueils qui l’environnent de toutes parts. Exaucez les désirs de son cœur, et qu’une grâce puissante seconde toutes les intentions de sa foi. Que cette foi, ferme et inébranlable en vos divines promesses, allège pour lui le poids de tant de sollicitudes, et adoucisse l’amertume dont il est abreuvé par l’ingratitude et les crimes d’un grand nombre de ses enfants. Faites, ô mon Dieu, que la vérité dont l’Église est dépositaire, et qui ne peut périr, dissipe enfin toutes les erreurs, qu’elle éclaire la conscience des rois et des peuples, afin que, selon votre parole, « il n’y ait plus qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur » (Jean, X, 16).
Et vous, ô Marie, Vierge immaculée, mère et souveraine de l’Église, comblez de vos plus signalées faveurs le saint et vénéré Pontife qui la gouverne dans ces temps difficiles, et, en récompense de son zèle ardent à propager votre culte et à multiplier les hommages qu’on vous rend par toute la terre, obtenez de votre divin fils la grâce la plus chère à son cœur, le retour de ses enfants égarés. Ainsi soit-il. »
(Recueil de prières. Ed. Mame 1877)
| 2.21 Prophétie de saint Malachie |
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| 2.22 Chronologie annuelle et historique des Papes |
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3. Textes et Encartés
| 3.1 Table des matières des sujets |
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Saintes Maries de la Mer et autres saints de Provence
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| Référence publication : |
Compil Histoire
Texte libre de tous droits pour un usage privé.
Droits réservés, propriété intégrale de son auteur. |
| Auteur |
| Jean-Paul Decoeurtyte |
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