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Sujet Outil Date 30-03-2006
Titre Origine du Calendrier Section Planète
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Le calendrier

Introduction

Outil indispensable dans tous les domaines, le calendrier n'est qu'apparemment facile à réaliser ; pour aborder l'étude de la fabrication d'un calendrier, il faut résoudre des questions touchant tant à l'astronomie qu'à la religion, la tradition populaire ou la politique.

Quelques définitions

Calendrier :

Ce terme vient du mot calendes (lui-même issu du verbe latin calare, qui signifie « appeler ») : au premier jour du mois, les Calendes, un Pontife convoquait le peuple romain pour lui annoncer les jours fériés du mois à venir. Le Calendrium était un livre de comptes (les intérêts se payaient surtout aux calendes). Le mot a donné le français « calendier » puis « calendrier ».

Jour :

Le jour civil et le jour astronomique sont compris de minuit à minuit ; c'est une définition valable depuis 1925. Le jour solaire, lui, l'est de midi à midi. Pour les Anciens, la nuit était une entité et non pas seulement la privation de lumière.

C'est au IVème siècle avant J.C. que les Grecs, par la découverte du mécanisme des éclipses, ont compris la vraie nature des ténèbres. Il faudra attendre 1543 pour que Copernic propose la rotation de la Terre autour du soleil comme condition du jour.

Mois :

Il existe un mois lunaire et un mois solaire. L'homme préhistorique comptait sans doute en lunaisons. En astronomie, le mois est délimité par le retour de la lune en conjonction avec le soleil. La durée de la révolution synodique entre deux nouvelles lunes consécutives est d'environ 29,530588 jours. Mais il est nécessaire d'ajouter à peu près un jour tous les 30 mois.

Année :

C'est le cycle saisonnier des végétations, accompagné de modifications des facteurs du climat. L'année tropique débute quand le soleil franchit l'équinoxe de printemps (le 20 ou le 21 mars). Un an comprend 12 lunaisons plus 10,875 jours. Dans le calendrier, il manque environ 33 jours au bout de 3 ans.

Une des grandes difficultés de l'élaboration d'un calendrier provient de ce que le rapport entre la rotation de la Terre autour d'elle-même et sa circulation autour du soleil n'est pas un nombre entier (365 jours, 5 heurs et 49 minutes).

Le début de l'année a longtemps été le premier mars pour les Romains. Charlemagne la fit commencer à Noël, les Capétiens (XIIème et XIIIème siècles) la fixèrent à Pâques. Dans certaines régions, ce fut le 25 mars (d'où les traditionnels poissons d'avril). Enfin, en France, depuis un édit de Charles IX, en 1564, nous changeons d'année chaque premier janvier

Heure :

Les heures temporaires se définissent par une division en 12 parties égales du jour et de la nuit, variant selon les saisons.

La division de la journée en heures fixes, adoptée ou non par les différentes civilisations, est très ancienne et remonte sans doute au VIIIème siècle, où les Babyloniens mesuraient des intervalles de nos heures actuelles, les Kaspu, à l'aide de clepsydres (horloges à eau).

Semaine :

Le terme vient du latin septimana (intervalle de sept jours). Dans certaines civilisations et à certaines époques, le mois n'est pas divisé en semaines, mais en décades (intervalles de 10 jours). L'emploi occidental de la semaine remonte au IIIème siècle de notre ère. Un décret de Constantin, en 321, fit du dimanche un jour de repos.

En français, le nom des jours est associé aux noms des sept astres visibles que les Anciens avaient décelés sur la voûte céleste et qu'ils nommaient des planètes : Saturne (samedi), Jupiter (jeudi), Mars (mardi), Soleil (remplacé par le jour du seigneur, dimanche, mais subsistant en anglais ou en allemand), Vénus (vendredi), Mercure (mercredi), Lune (lundi).

L'ordre des noms des jours correspond à celui des distances à la Terre, selon le calcul (erroné !) des Grecs.

Siècle :

c'est un intervalle d'années : 100 ans pour nous ; 30 pour Pline ; 110 ans pour Horace ; 25, 112 ou 116 ans selon d'autres !

D'après une convention officielle, le XXème siècle débuta le premier janvier 1901 et non le premier janvier 1900 (comme le veut la tradition), car en chronologie, il n'existe pas « d'année 0 ».

Ére :

Ce terme vient du neutre pluriel latin aera (jetons de métal pour le calcul) qui donna le substantif féminin de même forme aera, signifiant « nombre, époque, calcul des années ».

L'ère de Rome commença en 753 avant J.C.

Les Grecs comptèrent un temps en Olympiades : une olympiade est un intervalle de 4 ans : en 260 avant J.C., un historien grec de Sicile introduisit l'usage de compter par olympiades. La première comptée datant de 776 avant J.C., on en était alors à la 130ème olympiade (une olympiade commençait en juillet).

L'ère chrétienne fut instituée sur une proposition de Denys le Petit, moine scythe mort à Rome en 540. Jésus serait né le 25 décembre de l'an 753 de l'ère romaine. Les chronologistes ont ensuite retardé le début de l'ère chrétienne de 7 jours, jusqu'au samedi premier janvier de l'an 1. Il semble en fait que la naissance du Christ ait eu lieu 5, 6 ou 7 ans auparavant.

L'ère musulmane, nommée Hégire (mot qui signifie « fuite ») commença le 16 juillet 622 : ce jour-là, Mahomet quitta La Mecque pour se réfugier à Médine.

L'ère des Juifs commença le lundi 7 octobre de l'an 3761 avant J.C.

II Calendriers historiques

Les calendriers hébreux et chaldéens, assez voisins, sont lunaires. Un 13ème mois, intercalaire, était placé tous les trois ans.

Le calendrier égyptien

Ce fut d'abord un calendrier simple, mais grossier. En 4236 avant J.C., fut institué le « calendrier vague » de 365 jours, augmenté de 5 jours épagomènes. Observé pendant plus de 4000 ans, il est l'unique exemple d'une fidélité inébranlable à un mauvais calendrier.

Les mois de l'ancienne Egypte se groupaient en trois saisons : saisons de l'inondation, de la végétation, de la récolte. Mais la dérive du calendrier vague désaccordait en permanence ces saisons civiles et la nature.

Les Egyptiens divisaient les mois en décades et faisaient commencer la journée au lever du soleil.

Le calendrier grec

Il fut d'abord lunaire. Ensuite, différentes solutions furent proposées : Solon institua l'usage d'un 13ème mois, tous les deux ans ; Hérodote, celui d'un 13ème mois tous les trois ans ; enfin fut établie l'octotériale (usage de trois mois intercalaires tous les huit ans).

Hipparque fut sans doute le premier à découvrir, en 130 avant J.C., qu'un intervalle d'un an est inférieur à 365,25 jours. Il ne commettait qu'un erreur de quelques minutes en calculant un intervalle de 365 jours, 5 heures et 55 minutes.

En astronomie, les Grecs ont accompli d'énormes progrès, mais le calendrier civil resta toujours mal ajusté.

Les noms des mois, généralement dérivés des fêtes célébrées au même moment, différaient selon les Etats ; ceux-ci avaient en outre leur propre système d'intercalation, si bien que le début d'un même mois, fondé en principe sur la même nouvelle lune, connaissait des écarts de quelques jours suivant les Etats. Voici les noms des mois du calendrier athénien, celui que nous connaissons le mieux :

hécatombeon : juillet (mois des sacrifices ; début de l'année) ; métageitnion : août ; boédromion : septembre ; pyanopsion : octobre (d'après le nom d'une fête consacrée à Apollon) ; maimaktérion : novembre (fête en l'honneur de Zeus) ; poséidéon (mois en l'honneur de Poséidon) : décembre ; gamélion (mois de prédilection pour les mariages) : janvier ; anthestérion (fête des fleurs) : février ; élaphébolion (mois en l'honneur de la déesse qui chasse les cerfs, Artémis) : mars ; munychion (fête en l'honneur d'Artémis) : avril : thargélion (fête en l'honneur d'Apollon et Artémis) : mai ; skirophorion (fête en l'honneur de Déméter ou d'Athéna) : juin.

Le mois se divisait en décades. La journée commençait au coucher du soleil.

Dès 600 avant J.C., le cadran solaire était utilisé, sans doute introduit par Anaximandre, sur des modèles babyloniens et hébreux. Mais l'usage de la répartition de la journée en 24 heures ne fut répandu qu'à partir du Ier siècle avant J.C., au moyen des clepsydres (horloges à eau).

Le calendrier chinois

En 213 avant J.C., un empereur chinois aigri ordonna de faire brûler tous les livres de l'empire. Quand, 7 ans plus tard, commença la dynastie des Han, l'ordre avait déjà été largement exécuté. C'est pourquoi le passé chinois reste très mystérieux, et que nous ignorons dans quelle mesure ce qu'en dirent les Han est digne de foi.

Le calendrier musulman

C'est un calendrier lunaire, qui commença le 16 juillet 622. L'année lunaire comporte un écart de 11 jours 1/4 avec l'année solaire. Quand nous comptons 33 ans, les Musulmans en comptent donc 34, ce qui peut poser des problèmes si on veut, par exemple, calculer l'âge de quelqu'un.

Pour que le mois commence, il faut que la nouvelle lune (premier quartier) ait été effectivement vue par deux hommes dignes de foi. S'il y a de la brume ou des nuages, le début du mois est donc retardé ou avancé d'une ville à l'autre.

La journée commence au coucher du soleil. Le vendredi est jour du repos et le dimanche est le premier jour de la semaine.

Le calendrier républicain

Par décret de la Convention, du 5 octobre 1793, le début de l'ère républicaine coïncida avec la proclamation de la république, le 22 septembre 1792. L'année républicaine débutait donc avec l'équinoxe d'automne à Paris. Elle était divisée en 12 mois de 30 jours, dont Fabre d'Eglantine fixa les noms :

Automne : Vendémiaire, Brumaire, Frimaire

Hiver : Nivôse, Pluviôse, Ventôse

Printemps : Germinal, Floréal, Prairial

Eté : Messidor, Thermidor, Fructidor

Chaque mois comportait trois décades. 5 jours complémentaires étaient placés après Fructidor, ainsi qu'un sixième jour tous les 4 ans.

Ce calendrier dura 13 ans. Napoléon l'abolit le premier janvier 1806.

Le calendrier ecclésiastique

Il sert à fixer les fêtes religieuse chrétiennes, dont le point principal est la fête de Pâques, qui conditionne les autres fêtes mobiles ; les calculs en rapport avec ce calendrier sont nommés comput (du verbe latin computo, qui signifie « compter »).

En 325, au concile de Nicée, la date de Pâques fut fixée au « dimanche qui suit le 14ème jour de la lune, qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après ». Les pères de l'Eglise pensaient que la date de la fête de Pâques serait à peu près constante. En fait, elle oscille entre le 21 mars et le 25 avril !

La genèse de notre calendrier grégorien

§ 1. L'ancien calendrier romain était lunaire ; Le premier jour du mois se nommait Calendes. Comme point de repère, au milieu du mois, on fixa les ides (du verbe iduare, qui signifie « diviser ») le 13 ou le 15 du mois (le 14ème étant un jour néfaste). Les Nones représentaient le 9ème jour avant les Ides.

La journée romaine était répartie en 4 fractions de trois heures et la nuit en 4 veilles (prime, tierce, sexte et none). Il existait de nombreux termes pour qualifier tel ou tel moment du jour ou de la nuit, mais tous s'avèrent assez imprécis : diluculum (le point du jour), mane (le matin), ad meridiem (vers midi), meridies (midi), de meridie (l'après-midi), suprema (le coucher du soleil), vespera (le soir), crépusculum (le crépuscule), prima fax (la première torche), concubium (la nuit avancée), intempesta nox (la nuit profonde), media nox (le milieu de la nuit), gallicinium (le chant du coq, qui fut pendant longtemps le signal de la reprise du travail).

C'est en 263 avant J.C. que les Romains adoptèrent la division en heures.

L'année, de 10 mois, commençait le premier mars. Sous Numa Pompilius furent ajoutés un 11ème et un 12ème mois.

Les noms des mois que nous connaissons sont directement issus de ce calendrier : mars (le dieu Mars), avril (mois où les bourgeons s'ouvrent, du verbe aperio), mai (la déesse de la croissance, Maïa), juin (la déesse Junon), juillet (Julius Caesar), août (Octave-Auguste), septembre (7ème mois), octobre (8ème mois) novembre (9ème mois) décembre (10ème mois), janvier (le dieu Janus), février (mois de la purification, februarius).

Comme l'année ne comportait que 355 jours, on intercalait tous les deux ans un mois de 22 jours, Mercedonius, entre le 23 et le 24 février.

Mais bientôt régna un grand désordre, car les Pontifes (chefs de la religion) obtinrent le droit de donner au mois intercalaire la longueur qu'ils désiraient. Des abus furent signalés par Cicéron et Suétone, auxquels il était tout à fait nécessaire de mettre terme.

§ 2. César choisit alors pour conseiller l'astronome grec Sosigène établi à Alexandrie. Le calendrier Julien fut institué : il était basé sur l'hypothèse que l'année tropique dure 365,25 jours. Sosigène ne tint pas compte de l'observation beaucoup plus précise d'Hipparque, 100 ans plus tôt.

L'année civile dura 365 jours. Un jour fut ajouté tous les 4 ans, le 6ème jour avant les Calendes de Mars ; l'année bissextile fut ainsi fondée (on comptait 2 fois le 6ème jour avant les Calendes de mars).

César décida que l'équinoxe de printemps serait datée du 25 mars. Pour remédier à la confusion qui régnait depuis tous les abus des Pontifes, l'an 708 de la fondation de Rome, « année de confusion », comporta 455 jours ; Enfin, l'année civile débuta le premier janvier et non plus le premier mars.

Ce calendrier julien marquait un énorme progrès par rapport à l'ancien calendrier romain. Mais l'année y était trop longue de 11 minutes et 14 secondes par rapport à l'année astronomique ; Au bout de 4 siècles, se produisait un retard de 3 jours sur les saisons. Or un calendrier doit être fiable sur une durée beaucoup plus importante pour être utile.

§ 3. Toutefois il fallut attendre 1582 pour que Grégoire XIII procède à une réelle amélioration du calendrier julien. Cette année-là, l'équinoxe de printemps tomba le 11 mars, avec 10 jours de décalage sur la date initiale. Il fallut donc retrancher 10 jours à l'année pour rétablir l'équinoxe au 21 mars l'année d'après. Le Pape décréta donc que le jeudi 4 octobre 1582 serait immédiatement suivi du vendredi 15 octobre.

Désormais, pour maintenir l'ordre, il suffit de supprimer 3 jours tous les 400 ans. En conséquence, les années bissextiles sont maintenues dans le calendrier grégorien ; les années séculaires ne sont pas bissextiles, sauf celles dont le nombre de siècles est divisible par 4 (1600, 2000...).

L'année grégorienne reste trop longue de 26 secondes. En 10.000 ans, il y aura eu trois jours de trop et nous devons donc prévoir une correction d'un jour en 3000 ans, ce qui est assez minime.

De toute manière une prévision à très long terme n'est pas possible, car l'année tropique n'est pas constante : elle raccourcit de 5 secondes par millénaire ; le jour n'est pas constant non plus : il allonge de 0,00164 secondes par siècles ;

En France, le calendrier grégorien fut adopté la même année. Le retranchement des jours eut lieu en décembre : on passa directement du 9 au 20 décembre.

Les pays protestants, en revanche, montrèrent longtemps leur réticence, préférant un désaccord avec la nature qu'un accord avec le Pape !

Les Pays-Bas, l'Allemagne et la Suisse s'y conformèrent vers 1700 ; l'Angleterre et la Suède en 1752 ; les Russes, les Grecs, les Bulgares et les Yougoslaves, nations de culte orthodoxe, ne s'y rallièrent qu'après 1900.

Aujourd'hui seuls les calendriers musulman et juif restent différents.

Conclusion

Le calendrier grégorien est adopté par les 9/10èmes de la population du monde. toutefois, son irrégularité n'a pas satisfait tout le monde et plusieurs réformes furent proposées : en 1849, Auguste Comte imagina une année de 13 mois de 28 jours, plus un jour blanc ; A la fin du XIXème siècle, Camille Flammarion pensa à répartir l'année en 12 mois, à trimestres identiques.

Plus récemment, certains voulurent instituer un calendrier fixe de 13 mois de 28 jours ; le nouveau mois, sol, serait intercalé entre juin et juillet. Le jour de l'an, 29 décembre, serait un jour blanc.

Enfin un calendrier universel fut projeté : il comporterait 12 mois de 52 semaines plus un jour blanc, férié, fin décembre. Un jour bissextile serait placé fin juin. Malgré l'inégalité de ses mois (de 30 ou 31 jours), ce calendrier frappe par sa monotonie.

De toute manière, il semble presque impossible d'obliger un peuple à rompre du jour au lendemain avec ses traditions, ses souvenirs et sa façon d'envisager l'avenir.

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Eric et Web Début de page
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