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Sujet Civilisation Date 06-06-2007
Titre Manuscrits Coptes de Nag Hammadi et d'autres Bibliothèques Section Société
Article

Sommaire

1. Manuscrits de la Bibliothèque de Nag Hammadi 
1.1 Découverte de la bibliothèque
1.2 L’intinéraire fabuleux des manuscrits
1.3 Table des Matières de la Bibliothèque de Nag Hammadi
1.4 Manuscrits d’autres Bibliothèques


Avant-propos

Liste non exhaustive des Évangiles et Manuscrits à consulter sur Infologisme.com, site Web sans aucune connotation religieuse. Ces manuscrits font partie du patrimoine archéologique de l'humanité, actuellement pour l’étude peu souvent et librement consultable.


Authentikos Logos
Évangile de Judas
Évangile de Marie
Évangile de Philippe
Évangile de Pierre
Évangile de Thomas
Fragment du Discours Parfait
L’Apocryphon de Jean
La Lettre de Pierre à Philippe

L’Épître Apocryphe de Jacques
Le Protévangile de Jacques

Acta Pilati - Actes de Pilate ou Évangile de Nicodème


1. Manuscrits de la Bibliothèque de Nag Hammadi

1.1 Découverte de la bibliothèque Début de page

En décembre 1945 fut déterré accidentellement un ensemble de 52 textes religieux et philosophiques caché il y a 1600 ans dans une jarre. Un groupe de paysans découvrit en effet non loin du village de Nag Hammadi en Haute Égypte une véritable bibliothèque, en langue copte, celle là même que parlaient les chrétiens égyptiens, et allant faire l’effet d’une bombe dans les milieux historiques et théologiques.

Parmi ce corpus de 1200 pages, actuellement conservé au Musée copte du Caire, un écrit a particulièrement défrayé la chronique, L’Évangile selon Thomas, originellement titré « Paroles cachées de Jésus écrites par Thomas ».

55 ans après cette miraculeuse découverte, la polémique est toujours très vive et l’étude des textes un grand sujet de controverse. Beaucoup d’encre a coulé : des interprétations à tendance rosicrucienne jusqu’à l’accusation d’omerta religieuse, les scientifiques continuent aujourd’hui à s’interroger sur l’impact exact que constitue une telle découverte.

La découverte de la bibliothèque fut localisée au Nord Ouest de Louxor, entre Dendérah et Panopolis. Le corpus y avait été soigneusement placé dans une tombe du cimetière pacômien au pied de la falaise du Djebel el Tarif. Initiation à la Gnose et à la tradition chrétienne, à la lumière des textes de Nag Hammadi

Le contenu des manuscrits de Nag Hammadi L’ensemble des livres se compose de textes religieux et hermétiques, d’ouvrages de sentences morales, d’écrits apocryphes et plus curieusement encore d’une ré-écriture de la République de Platon.

Outre l’intérêt des manuscrits pour l’histoire du livre (ils sont les plus anciens connus à ce jour) et la paléographie copte, ils représentent un témoignage capitale pour l’histoire de la philosophie et du christianisme primitif. Leur analyse est néanmoins très difficile puisque nous ne connaissons ni leurs auteurs, ni les circonstances, ni les lieux de leur rédaction. En revanche, on peut aujourd’hui les considérer comme décisif pour la recherche sur le gnosticisme des premiers temps.

Les écrits gnostiques de Nag Hammadi Les textes religieux, dit « gnostiques », proposent des interprétations et des rituels chrétiens différents de ceux officialisés en 325 et qui avaient été immédiatement rejetés comme hérétiques. C’est pourquoi ils furent rassemblés, protégés et cachés par les communautés dites « déviantes ». La gnose signifie la connaissance. Les gnostiques avaient une toute autre relation aux textes sacrés que les chrétiens en ce sens qu’ils ne s’attachaient aucunement à leur historicité mais à leur sens ésotérique. Les gnostiques envisagent donc les choses divines comme une connaissance intérieure et secrète, transmise par la tradition et par l’initiation.

La bibliothèque de Nag Hammadi offre de nombreux témoignages de ces courants gnostiques prétendant contenir un enseignement secret tout en s’inspirant parfois de l’Ancien Testament. Nag Hammadi et l’Hermétisme Parmi le corpus de la bibliothèque se trouvent des livres dits « hermétiques » s’inscrivant dans la tradition du Corpus Herméticum.

Le codex VI est en effet composé d’un traité de titre inconnu et surnommé L’Ogdoade et L’Ennéade, d’une prière d’action de grâce et d’un long fragment du Discours Parfait. Ces deux derniers textes sont en partie repris dans l’Asclépius tandis que le premier est tout à fait inédit.

Ces écrits peuvent être mis à part tant ils s’éloignent des théories gnostiques largement diffusées dans le reste de la bibliothèque. Mais leur intérêt réside surtout dans leur inspiration égyptienne très marquée en comparaison des textes grecs et latins connus à ce jour. Ils ne rejettent d’ailleurs aucunement la religion égyptienne mais propose de la « spiritualiser ». Plus qu’un système religieux à la manière chrétienne, l’hermétisme est une « voie ». Complémentaires et suffisants, ils exposent à eux trois l’ensemble de la doctrine hermétique, le chemin initiatique devant conduire à « l’illumination divine ». Il s’agit d’une des différences fondamentales entre chrétiens et gnostiques ou hermétiques. Si le christianisme se repose sur la vérité historique, les courants gnostiques, hermétisme compris, accordent une place primordiale au symbolisme, voire à l’allégorie.

Un exemplaire des codices découverts en 1945 au pied de la montagne du Gebel el Tarif : la plupart de ces codices étaient protégés par un étui de cuir tel que celui-ci. Histoire d’une grande découverte Le parcours précis des livres de Nag Hammadi est une extraordinaire aventure qui ne fut connue que 30 ans après leur découverte, quand son auteur, Mohammed Ali Samman, accepta de raconter son histoire. Elle fut recueillie par les savants conscients de l’importance des circonstances qui entouraient la mise à jour des manuscrits. Parti à la recherche d’engrais naturel, le sabakh, dans la montagne proche de son village, Mohammed Ali Samman déterra accidentellement une jarre de terre rouge, haute d’un mètre. Hésitant avant de la briser - celle-ci aurait pu être le logement d’un esprit malin - l’appât du gain et la curiosité l’emporta finalement. Mais à la place de l’or tant espéré, il n’y découvrit qu’une douzaine de livres reliés dans des étuis de cuir brun qu’il rapporta chez lui à Al Quasr.

Inconscient de leur valeur inestimable, il les jeta sur le tas de paille destiné à alimenter le four du foyer. Sa mère, Umm-Ahmad, en fit d’ailleurs usage pour entretenir le feu. Selon son témoignage, Mohammed Ali Samman était alors mêlé à une histoire de vendetta à la suite du meurtre de son père. Décidés à le venger, ses frères et lui assassinèrent quelques semaines plus tard Ahmed Ismail, le coupable, de passage dans la région.

Craignant les représailles de la police, il confia le « trésor » au religieux Al-Qummus Basiliyus Abd el Masih qui, frappé par leur originalité, envoya un exemplaire des manuscrits à l’historien égyptien Raghib. Ce dernier, présumant déjà de leur grande valeur, les fit parvenir au Caire.

Rapidement vendus au marché noir, les livres attirèrent l’attention du gouvernement égyptien qui en fit l’acquisition, freinant ainsi leur éparpillement et leur fuite hors des frontières égyptiennes. Déposés au Musée Copte du Caire, il faudra encore attendre quelques années avant que ces livres soient portés à la connaissance des scientifiques.

Un des codices, surnommé aujourd’hui le codex Jung, échappa à l’autorité égyptienne et fut vendu aux Etats-Unis à des collectionneurs privés. Un historien néerlandais, Gilles Quispel, entendit parler de ces mystérieux manuscrits et décida de les acheter par l’intermédiaire de la Fondation Jung de Zurich. Après examen de ce codex isolé, l’historien constate que quelques pages sont manquantes et s’envole pour l’Égypte afin de les rassembler. Il se rend au Musée Copte dès le printemps 1955 afin d’emprunter les photographies des textes. C’est à ce moment qu’il s’aperçoit de la valeur réelle des pages qu’il tenait entre ses mains. Et il ne s’agissait là que de l’un des 52 manuscrits découverts dix ans plus tôt à Nag Hammadi !

Dans sa déclaration, Mohammed Ali Samman admet que certaines pages ont été perdues, brûlées ou jetées. Malgré tout, il avait mis la main sur un fabuleux trésor : des traductions coptes datant du IIe siècle de notre ère de textes religieux et philosophiques encore plus anciens, initialement rédigés en langue grecque, et dont quelques fragments avaient été mis à jour par des archéologues cinquante ans auparavant !

1.2 L’intinéraire fabuleux des manuscrits Début de page

La première partie des manuscrits fut confiée au religieux Al-Qummus Basiliyus Abd el Masih. Envoyé à l’historien Raghib, cet ensemble devient la propriété du Musée copte du Caire où il est étudié par l’égyptologue français Jean Doresse. De cet examen, mettant en avant la richesse d’une telle découverte, est née la nécessité de retrouver et de réunir la totalité de la collection. La deuxième partie de la bibliothèque passe entre les mains d’un hors-la-loi, Bahij Ali, du village de Samman. Vendue à Phocion Tano, un antiquaire du Caire, le gouvernement égyptien tente de la racheter. L’antiquaire affirme qu’ils sont dorénavant la possession d’une collectionneuse italienne, Mademoiselle Dattari, habitant la capitale égyptienne. Lorsqu’en 1952, les manuscrits sont déclarés bien national par le ministère de l’Education Public, la collection Dattari devient la propriété du Musée Copte du Caire.

La dernière partie des manuscrits, aussi vendue au marché noir, est achetée par l’antiquaire Albert Eid. Celui-ci, refusant de remettre le codex 1 aux autorités de son pays, le fait passer en fraude hors des frontières l’Égypte. Resté invendu aux Etats-Unis, il le dépose dans un coffre fort en Belgique. A son décès, sa femme poursuit la vente illicite du livre. C’est alors qu’il est remarqué par le professeur Gilles Quispel qui en fait l’acquisition par l’intermédiaire de la fondation Jung de Zurich afin d’être offert comme cadeau d’anniversaire au psychanalyste Carl-Gustav Jung.

En 1952, 12 codices et demi se trouvent réunis au Musée Copte du Caire et une grande partie du 13e placée dans un coffre à Zurich. Mais selon le témoignage de Samman, des pages ont été perdues, brûlées ou jetées. Par ailleurs, on ne sait pas si la bibliothèque retrouvée en 1945, est aujourd’hui complète et si aucun livre supplémentaire ne se promènerait pas encore dans la nature.


1.3 Table des Matières de la Bibliothèque de Nag Hammadi Début de page

La bibliothèque se compose de 13 livres, appelés codex d’après le nom scientifique donné à tout assemblage de feuilles pliées en deux et cousues ensemble. Ces livres représentent les spécimens les plus anciens que nous possédons aujourd’hui.

Codex I (Codex Jung)

1. Prière de l’apôtre Paul A-B
2. L’Épître apocryphe (ou livre secret) de Jacques 1-16
3. L’Évangile de Vérité 16-43
4. Le Traité sur la Résurrection 43-50
5. Le Traité Tripartite 51-138

Codex II

1. L’Apocryphon (ou livre secret) de Jean 1-32
2. L’Évangile selon Thomas 32-51
3. L’Évangile selon Philippe 51-86
4. L’Hypostase des archontes 86-97
5. Écrit sans titre : traité sur l’origine du monde 97-127 ou Symphonia de l’hérésie 40 du Panarion d’Épiphane.
6. L’Exégèse de l’âme 127-137
7. Le Livre de Thomas [l’Athlète] 138-145, Colophon 145

Codex III

1. L’Apocryphon (ou livre secret) de Jean 1-40
2. L’Évangile égyptien (ou des Égyptiens) 40-69 ou le Livre sacré du grand esprit invisible.
3. Eugnoste le Bienheureux 70-90
4. La Sagesse (ou Sophia) de Jésus-Christ 90-119
5. Le Dialogue du Sauveur 120-147

Codex IV

1. L’Apocryphon (ou livre secret) de Jean 1-49
2. L’Évangile égyptien (ou des Égyptiens) 50-81 ou le Livre sacré du grand esprit invisible.

Codex V

3. Eugnoste le Bienheureux 1-17
4. L’Apocalypse de Paul 17-24
5. Apocalypse de Jacques 24-44
6. Apocalypse de Jacques 44-63
7. L’Apocalypse d’Adam 64-85

Codex VI

1. Les Actes de Pierre et des douze Apôtres 1-12
2. Le Tonnerre, Intellect Parfait – la Brontè 13-21
3. Authentikos Logos 22-35
4. Le Concept de notre Grande Puissance 36-48 ou Aisthesis Dianoia Noèma.
5. Fragment de la République de Platon, 588b-589b 48-51
6. [Discours sur] l’Ogdoade et l’Ennéade 52-63
7. La Prière d’action de grâce 63-65
8. Fragment du Discours Parfait (ou de l’Asclépius) 65-78

Codex VII

1. La Paraphrase de Sem (ou Séem) 1-49
2. Le Second Traité du grand Seth 49-70
3. L’Apocalypse de Pierre 70-84
4. Les Enseignements de Silouanos 84-118
5. Les Trois Stèles de Seth 118-127, Colophon 127

Codex VIII

1. Zostrianos – Zostrien 1-132
2. La Lettre de Pierre à Philippe 132-140

Codex IX

1. Melchisédek 1-27
2. La Pensée de Noréa 27-29
3. Le Témoignage Véritable (ou de la Vérité) 29-74

Codex X

1. Marsanès 1-68

Codex XI

1. L’Interprétation de la Gnose (ou Connaissance) 1-21
2. Exposé[s] valentinien[s] 22-44
3. [Révélations reçues par] l’Allogène 49-69
4. Hypsiphronè 69-72

Codex XII

1. Les Sentences de Sextus 15*-34*
2. L’Évangile de Vérité (fragment central) 53*-60*
3. Fragments [non identifiés]

Codex XIII

1. La Protennoia Trimorphe 35*-50*
2. Écrit sans titre (fragment du 5e traité du Codex II) 50*

Berolinensis Gnosticus 8502 Codex conservé à Berlin qui contient deux traités dont on trouve des parallèles dans la collection de Nag Hammadi. Début du Ve siècle.

1. L’Évangile selon Marie 7-19
2. L’Apocryphon de Jean 19-77
3. La Sagesse de Jésus-Christ 77-127
4. L’Acte de Pierre 128-141


1.4 Manuscrits d’autres Bibliothèques

Connu que par un seul manuscrit grec fragmentaire, découvert en hiver 1886-87 à Akhmin, en Haute Égypte.

L'Évangile de Pierre

Le manuscrit a été découvert dans une grotte près d'El-Minya, en Égypte, au milieu des années 1970

L'Évangile de Judas

Référence publication :
Auteur
Eric Début de page
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