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Sujet Ségrégation Date 16-06-2006
Titre Rosa Parks, la couturière de Montgomery Section Homo Sapiens
Article

Sommaire

1. Hommage à Rosa Parks, la couturière de Montgomery - Pierrette Herzberger-Fofana
1.1 Iicône de la liberté et heroïne de la lutte contre la discrimination raciale
1.2 In memoriam
1.3 Sa vie
1.4 Le boycott des bus de Montgomery «We shall overcome»
1.5 La fondation Rosa et Raymond Parks
1.6 Distinctions honorifiques
1.7 Hommage à Madame Parks
1.8 Les réactions dans le monde
1.9 Repos éternel
1.10 Conclusion
1.11 Remarque
2. La couturière de Montgomery, Rosa Parks - Bernard Lemelin
2.1 Figure légendaire de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis
2.2 Antécédents
2.3 Un geste lourd de conséquences
2.4 Un militantisme qui ne se dément pas
3. Une chanson contre l’oubli - Pascal Obispo
3.1 Rosa


Avant-propos

Ne jamais perdre de vue, cela fera seulement 50 ans le 13 Novembre 2006, que La Cour suprême des États-Unis (Supreme Court of the United States) prononce son verdict contre la ségrégation raciale.

Le 13 novembre 1956, Elle annule la loi raciste de l’Alabama dans les bus qui s’opposent aux principes démocratiques de la constitution. Elle est de facto anticonstitutionnelle donc illégale. La ségrégation raciale dans les bus à Montgomery est une violation de la constitution.

Toutes les lois ségrégationnistes des États-Unis avec le « Civil Rights Act » furent abolies en 1964.

Ce n’est pas si vieux et ne pas oublier que pour une partie de la population des États-Unis, c’était le « Cauchemar Américain ».

Eric - Infologisme.com


1. Hommage à Rosa Parks, la couturière de Montgomery

1.1 Iicône de la liberté et heroïne de la lutte contre la discrimination raciale (1913-2005)

« To this day I believe we are here on the planet Earth to live, grow up and do what we can to make this world a better place for all people to enjoy freedom. » Rosa Parks

Traduction

« Jusqu’à présent, je crois que nous sommes sur la planète Terre pour vivre, nous épanouir et faire notre possible pour rendre ce monde meilleur afin que tout le monde puisse jouir de la liberté. » Rosa Parks.

1.2 In memoriam Début de page

Rosa Parks, figure emblématique du mouvement de protestation contre la ségrégation raciale, s’est éteinte à l’âge de 92 ans à Detroit (États-Unis). Le courage exemplaire de Rosa Parks commande notre respect. À elle seule, elle a changé le cours de l’Histoire en Amérique et dans le monde. Pourtant, rien ne la prédestinait à devenir l’icône des droits civiques en Amérique et la « Mère » du mouvement qui devait aboutir à l’abolition de la ségrégation raciale en Amérique. Cette femme admirable a joué un rôle indéniable dans l’histoire de la liberté humaine.

Le 1er décembre 1955 à Montgomery (Alabama), Rosa Parks, a eu le courage de dire « NON » à la ségrégation raciale qui sévissait aux Etats-Unis. Elle a refusé d’obéir à l’ordre que lui donnait le chauffeur d’autobus de céder sa place à un homme blanc et d’aller s’asseoir au fond du bus. Les trois autres Noirs qui étaient là ont cédé leurs places aux Blancs. Rosa Parks reste ferme et refuse de se lever. Son refus, qui constitue une violation du règlement raciste de cet état du sud de l’Amérique, va déclencher le processus immuable de la déségrégation. A l’agent de police qui vient l’arrêter, elle lui pose la question suivante :

« Pourquoi tant de persécutions ? » Ce dernier de répondre : « Je l’ignore, mais la loi et la loi et je vous arrête. »

Rosa Parks est arrêtée par la police et condamnée à payer une amende de 14 dollars. Elle est inculpée de désordre public et de violation des lois locales. En son for intérieur, cette couturière de 42 ans savait, qu’à partir de ce jour-là, « that it was the very last time that I would ever ride in humiliation of this kind ». (Ce serait la dernière fois que je subirais une telle humiliation dans l’autobus).

Rosa Parks eut la permission de placer un appel téléphonique. Elle en profite pour communiquer avec E.D. Nixon, un notable du chapitre de Montgomery de la NAACP. Nixon était vraiment furieux, et cela se comprend, mais il a également compris que Madame Parks pourrait être le symbole parfait de l’injustice qui sévissait dans le Sud. Nixon appelle un avocat libéral Blanc, Clifford Durr, qui accepte de défendre Madame Parks. Après consultations avec l’avocat, son époux et sa mère, Rosa Parks accepte de contester en Cour la loi sur la ségrégation qui avait conduit à son arrestation.

La communauté noire considère cette arrestation comme un scandale, car elle en a assez de cette humiliation permanente, de cette ségrégation dans les transports publics. Dans son autobiographie, Rosa Parks rectifie une des légendes que l’on colporte affirmant qu’elle était fatiguée :

« On a souvent dit que j’avais refusé de céder ma place ce jour-là, parce que j’étais trop fatiguée, mais ça ce n’est pas exact. Je n’éprouvais pas un sentiment de fatigue physique, ou du moins pas plus qu’à l’accoutumée après le travail, qu’il m’était impossible de bouger les pieds, que j’avais mal aux pieds. Or, ce n’est pas aux pieds que j’avais mal ; mais dans mon cœur d’être humain. Ma fatigue était plutôt morale. J’en avais assez de toujours suivre sans protester les ordres des Blancs. J’étais surtout fatiguée de devoir capituler. » Rosa Parks

1.3 Sa vie Début de page

« Il n’y a aucune loi qui nous oblige à souffrir » Leona MacCauley, mère de Rosa Parks

Rosa Louise Mac Cauley est née le 4 février à Tuskegee, Alabama, fille de James Mac Cauley, charpentier, et Leona Mac Cauley, institutrice. Après le divorce de ses parents, elle vit avec sa mère et son frère chez ses grands-parents, dans une ferme. Ses grands parents sont membres de l’église Africaine Méthodiste Episcopale (African Methodist Episcopal Church). Dans son autobiographie, elle relate que, durant son enfance, son grand-père montait la garde devant la ferme, fusil au poing, à cause du Ku Klux Klan (KKK) qui paradait dans les rues de l’Alabama, terrorisait les Noirs, les lynchait et brûlait leurs maisons. Le Ku Klux Klan a brûlé à deux reprises l’école qu’elle fréquentait la « Montgomery Industrial School » qui avait été fondée par des Blancs du Nord pour les enfants noirs.

Son grand-père lui inculque des principes de justice sociale, de dignité et de fierté de ses origines en lui léguant comme viatique la sentence suivante :

« N’accepte jamais les traitements iniques, d’où qu’ils viennent et ne baisse jamais les bras devant l’injustice. »

Toute sa vie, elle est confrontée au racisme quotidien. Dans son autobiographie elle mentionne un fait qui peut paraître anodin mais qui, en réalité meurtrit une âme enfantine : dans la ville, il y avait même des fontaines réservées aux Blancs et d’autres destinées aux Noirs :

« Enfant, je pensais que l’eau des fontaines pour les Blancs avait meilleur goût que celle des Noirs. »

Rosa Parks fréquente l’école primaire réservée aux Afro-Américains qui ne fonctionnait que cinq mois dans l’année. En 1924, à l’âge de 11 ans, sa mère l’envoie à Montgomery « Industrial School for Girls in Montgomery » pour poursuivre ses études. Cinq ans plus tard, elle est obligée d’abandonner ses études pour s’occuper de sa grand-mère et de sa mère toutes deux malades. Rosa éprouve un profond respect et amour filial, pour sa mère, une enseignante, qui lui avait appris à être fière de sa condition de femme noire.

« Sois fière d’être ce que tu es ! Deviens quelqu’un qui sera respecté par les autres et qui les respectera aussi. »

En 1932, Rosa Mac Cauley épouse Raymond Parks, un activiste dans le mouvement des droits civils et barbier de son état. Il l’encourage à poursuivre ses études secondaires qu’elle achève en 1934. A cette époque, son époux, Raymond était très engagé et collectait de l’argent pour supporter un groupe de jeunes Noirs, les « Scottboro Boys » qui étaient faussement accusés de viols sur deux femmes blanches. Malgré les lois ségrégationnistes, Jim Crow, ils sont tous deux membres de la ligue des électeurs « Voter’s League » (1940) qui militent pour obtenir le droit de vote pour leurs frères de race :

« J’ai connu dans ma vie bien des événements dramatiques. J’ai été témoin à plusieurs reprises d’une ségrégation raciale qui s’appuyait sur la loi et, comme beaucoup d’autres, j’en ai terriblement souffert. » Rosa Parks

Vers cette période Rosa Parks obtient un emploi à la base Américaine Maxwell Air Force Base, un établissement fédéral où sa prise de conscience s’accentue. Elle écrit dans sa biographie : « On pourrait dire que la base de Maxwell m’a ouvert les yeux. »

En décembre 1943, les Parks sont membres du mouvement américain pour les droits civiques « American Civil Rights Movement » et militent dans la section de « L’Association pour l’Avancement des Gens de Couleur » le « National Association for the Advancement of Colored People » (NAACP), de l’Alabama, le grand mouvement pour la reconnaissance des droits civiques pour les Noirs. Ce groupe travaillait à démanteler les barrières raciales en matière d’éducation et de transports publics.

De 1930 à 1955, elle travaille comme couturière. En 1943 elle est nommée secrétaire du NAACP. Se remémorant cette période, elle écrit dans son autobiographie :

« J’étais la seule femme là-bas, et ils avaient besoin d’une secrétaire, et j’étais trop timide pour dire non. »

De 1965 à 1988, au moment de sa retraite, elle travaille comme assistante du député afro-américain John Conyers.

1.4 Le boycott des bus de Montgomery « We shall overcome » Début de page

« Elle s’est assise pour que nous puissions nous tenir debout » Révérend Jesse Jackson

Le mouvement non-violent de boycott des bus fut un défi lancé au soi-disant pouvoir démocratique. La détermination d’une seule personne a engendré un vaste mouvement historique de grève des bus.

Selon les lois ségrégationnistes en vigueur, les 4 premiers rangs des bus étaient réservés aux Blancs. Bien que les Noirs représentaient 75 % des usagers, ils devaient s’asseoir à l’arrière-fond. Ils montaient devant payer 10 cents et redescendaient pour regagner l’emplacement qui leur était réservé, afin qu’ils ne traversent pas la zone réservée aux Blancs. Les Noirs pouvaient cependant s’asseoir dans la zone médiane, tant qu’un Blanc ne revendique le besoin de s’y asseoir. Dans ce cas, ils devaient alors céder la place et se diriger vers le fond du bus ou descendre du bus.

Ce 1er décembre 1955, Rosa Park reconnut le chauffeur qui l’avait éjectée du bus 12 ans auparavant, car elle avait refusé de ressortir du bus pour remonter à l’arrière comme l’exigeait le règlement local.

Les 50 dirigeants de la communauté afro-américaine sous la direction du jeune pasteur Dr. Martin Luther King, se réunissent à l’église Baptiste « Dexter Avenue Baptist Church » pour envisager des mesures à prendre à la suite de l’arrestation de Rosa Parks. Ils mettent sur pied le « Montgomery Improvement Association » et élisent le Dr. Martin Luther King comme président. Cette mobilisation de masse va catapulter, l’apôtre de la non-violence, Dr. Martin Luther King, aux premières loges de la politique américaine. Il inaugure ainsi de façon concrète sa théorie de la non-violence qui caractérisera son mode d’intervention politique.

L’Association appelle au boycott des bus pour le lundi 5 décembre 1955. 35 000 tracts sont distribués au sein de la communauté noire. Le mot d’ordre est repris dans le Montgomery Advertiser, le journal noir local. Les églises le répercutent lors de leurs services religieux. Le boycott débute et il est suivi à 100 %. La communauté afro-américaine s’est montrée très solidaire : arrestations injustes, attentats à la bombe, fusillades, coups de fil nocturnes, menaces de chantage, renvois illégaux, manipulations médiatiques, rien n’arrête la détermination des marcheurs. Sous le chaud soleil d’été ou dans le vent glacial de l’hiver, la plupart des Afro-Américains marchèrent à pied, qui pour se rendre au travail qui, pour se rendre à l’école et autres lieux.

« Je vais marcher aujourd’hui pour que mes petits-enfants prennent demain l’autobus sans avoir à être humilié. »

Des taxis conduits par des chauffeurs noirs circulent au tarif du bus 10 cents. Quelques Blancs se joignent au mouvement, parfois par idéologie et conviction, parfois tout simplement parce que le boycott a une incidence sur leur mode de vie. Ils ont besoin de leurs employés qui travaillent chez eux et qui n’arrivent plus à l’heure. Certains employeurs vont même les chercher en voiture à leur domicile. Le service des bus est totalement paralysé, car les Afro-américains forment la majorité des tributaires de transport public. Des douzaines de bus ne sont plus mis en service. La faillite menace la société des transports. La presse internationale se fait l’écho du mouvement. Le monde a les yeux rivés sur l’Amérique. Un malaise enveloppe tout le pays. Peu à peu des fonds, des chaussures, des effets vestimentaires parviennent de toutes parts pour soutenir les marcheurs. Les organisateurs mettent en place un service de bus parallèle. Le Ku Klux Klan ne reste pas inactif. Il fait preuve d’une violence inouïe. Le domicile de l’avocat Edgar Nixon est dynamité. Il en est de même de celui de Martin Luther King alors que sa femme Coretta Scott King et leur bébé de deux mois se trouvaient à l’intérieur. Les Noirs vivent dans l’angoisse de ces terroristes. Mais ils ne cèdent pas aux pressions gouvernementales et à celles de leurs détracteurs. Martin Luther King demande aux grévistes de ne pas répondre à la violence et de continuer à défendre leurs revendications à savoir :

•   Que les Blancs et les Noirs puissent s’asseoir où ils veulent dans l’autobus.
•   Que les chauffeurs soient plus courtois à l’égard de toutes les personnes.
•   Que des chauffeurs noirs soient engagés.

Le boycott dure 380 jours soit un peu plus d’un an, jusqu’à ce que la loi sur la ségrégation raciale dans les bus soit levée. La persévérance des Noirs aboutit à une victoire totale. Le 13 novembre 1956, la cour suprême prononce son verdict :

« La ségrégation raciale dans les bus à Montgomery est une violation de la constitution. » Elle annule la loi raciste de l’Alabama dans les bus qui s’opposent aux principes démocratiques de la constitution. Elle est de facto anticonstitutionnelle donc illégale.

Le 20 décembre 1956 la cour suprême oblige la société des transports à mettre en pratique le jugement. Le boycott cesse le lendemain, mais la violence redouble contre les domiciles des organisateurs et les églises fréquentées par les Noirs. La répression s’abat sur les Parks et les membres de leur famille. La plupart d’entre eux perdent leur travail ou sont harcelés par les Blancs. En 1957 Rosa Parks décide de déménager à Detroit dans le Michigan. Elle a des difficultés à trouver un emploi. Elle est finalement engagée par John Conyers, un Afro-Américain, démocrate et membre de la maison des Représentants, le congrès américain en 1965.

Elle sera son assistante jusqu’en 1988, au moment où elle prendra sa retraite. Rosa Parks demeure active dans the NAACP et dans the « Southern Christian Leadership Conference » (SCLC). Si la ségrégation est abolie en Alabama, il n’en est pas de même dans les bus qui font la liaison entre les Etats. En 1961, un groupe de jeunes crée un mouvement de protestation le « Freedom ride » (voyage de la liberté) pour supprimer la discrimination raciale dans ces bus. Après quelques jours de service, un bus de « freedom riders » arrive en Alabama. Ils sont accueillis par le Ku Klux Klan (KKK). Les jeunes sont sortis de force, battus et le car est incendié. Les membres du KKK ne seront jamais condamnés. En 1964, les lois Jim Crow, ségrégationnistes seront finalement abrogées aux Etats-Unis avec le « Civil Rights Act » qui interdit toute forme de ségrégation dans les lieux publics et en 1965 avec le « Voting Rights Act » qui supprime les tests et les taxes pour devenir électeur aux Etats-Unis.

1.5 La fondation Rosa et Raymond Parks

Après le décès de son époux en 1987, Rosa Parks crée sa fondation The Rosa and Raymond Parks Institute for Self-Development. Cet institut a pour but de motiver et de guider les jeunes, afin de leur faire atteindre leur plein potentiel, et, de faire connaître à un plus grand nombre de personnes les questions qui influent sur l’avenir du monde. Madame Parks a déclaré au reporter d’Ebony : « Il y a trop de jeunes qui ne continuent pas l’école et qui ne profitent pas des possibilités qui leur sont offertes. » La Fondation Rosa et Raymond Parks offre aux adolescents, originaires d’ethnies différentes, un programme surnommé « Les sentiers de la liberté » qui encourage les jeunes à connaître leur héritage culturel, l’histoire du mouvement des droits civils, et les initie à une culture de la paix.

En 1992, Rosa Parks a publié un livre d’enfants intitulé : « Rosa Parks : My Story » (l’histoire de ma vie). C’est un récit chronologique de sa vie jusqu’au jour fatidique de 1955, où elle a refusé de se lever pour laisser un Blanc s’asseoir à sa place dans l’autobus. Ce livre est un rappel historique qui enseigne aux enfants que les libertés dont ils jouissent actuellement ont été arrachées de haute main.

1.6 Distinctions honorifiques Début de page

De nombreuses distinctions honorifiques lui ont été décernées aussi bien par des universités que par de institutions.

En 1990 le « Centre Kennedy » de Washington, lors de son soixante-dix-septième anniversaire lui a décerné un prix. La présidente C. Delores Tucker a fait l’éloge des « belles qualités de Rosa Parks » que sont « sa dignité et sa foi inébranlable qu’avec Dieu, tout est possible ». Comme à l’accoutumée, Madame Parks a reçu cet éloge avec toute la modestie de rigueur – En effet, jusqu’à présent, elle ne tire aucune gloriole de son rôle dans l’histoire du mouvement des droits civils. Lorsque le reporter d’Ebony lui a demandé de révéler le secret de son attitude positive, elle a déclaré ce qui suit :

« Je trouve que si je pense trop à mes propres problèmes et au fait que parfois les choses ne se passent pas comme je le voudrais, je ne fais aucun progrès. Cependant, si je regarde autour de moi et que je vois ce que je peux faire, alors je continue. »

En 1996, Rosa Parks reçoit la « Médaille de la liberté » des mains de Bill Clinton, une distinction civile américaine. Le Président a déclaré au magazine Jet : « Lorsqu’elle s’est assise dans l’autobus, elle s’est mise debout pour les idéaux américains d’égalité et de justice et elle a exigé que nous en fassions tous de même. »

In 1998 le « First International Freedom Conductor Award » lui est attribué par le « National Underground Railroad Freedom Center ». Un an plus tard, elle est décorée de la « Detroit-Windsor International Freedom Festival » pour sa contribution à la cause de la liberté et de la paix. PR Newswire rapporte que, durant la cérémonie, le Maire de Detroit, Dennis Archer a souligné que :

« Sa dignité et sa grâce ont inspiré des générations d’avocats de la liberté et de défenseurs de la liberté. »

En 1999, lors d’une cérémonie présidée par le président Clinton, le gouvernement lui a remis le « US Congressional Gold Medal of honor » (La Médaille d’or d’honneur du Congrès Américain), soit la plus haute distinction honorifique décernée à un civil. A cette occasion, Mme Parks a déclaré :

« Cette médaille représente l’encouragement qui nous est donné à tous de continuer jusqu’à ce que nous ayons tous des droits égaux. » Et le président Clinton a soutenu que :

« De biens des façons, Rosa Parks a permis à l’Amérique de redevenir ce que nos pères-fondateurs avaient rêvé. »

Le premier récipiendaire de cette médaille fut Georges Washington, le premier président des Etats-Unis. La même année, le magazine « Times » l’inscrit sur la liste des 100 personnalités marquantes du 20e siècle.

En septembre 1999, Madame Parks a reçu les honneurs de : « Alabama Academy of Honor », une organisation qui honore les citoyens de l’Alabama pour ce qu’ils font pour l’état. Un peu plus tard, au cours de la même année, le gouverneur de l’Alabama, Mr. Donald Seigelman, lui a remis la première Médaille d’honneur du Gouverneur pour courage extraordinaire. En décembre 2000, elle a encore été honorée, la « Troy State University » de Montgomery (Alabama) a donné le nom de Rosa Parks à une bibliothèque et à un musée. Une rue et une école portent son nom à Detroit.

Rosa Parks a dédié sa vie à la cause des droits humains universels et elle incarne vraiment l’amour de l’humanité et de la liberté. Par son courage tranquille, Rosa Parks symbolise l’essence même de la protestation non-violente, car elle a enduré les menaces de mort et persisté à intercéder pour les leçons simples et élémentaires qu’elle a données à la Nation et dont la Nation a immensément profité. Elle a redonné une dignité à des millions d’êtres humains niés dans leur humanité et opprimés à cause de la couleur de leur peau. De plus, Rosa Parks, qui vit dans l’État du Michigan depuis 1957, est devenue une icône vivante de la liberté en Amérique et dans le monde entier. Elle a participé à toute les marches qui ont pour but la liberté, la marche de 1963, de 1965 à Montgomery et le Million Man March en 1995.

1.7 Hommage à Madame Parks Début de page

Martin Luther King, Prix Nobel de la Paix a rendu hommage à la dignité de Rosa Parks lorsqu’il lui a dédicacé son livre. « Marching to Freedom » (Grande marche vers la liberté)

« Votre témoignage initial est devenu la force motrice de notre grande marche vers la liberté d’aujourd’hui. »

Au cours d’une cérémonie lui rendant hommage, il lui fut remis un extrait du poème « Aube en Alabama », composé par le grand poète noir Huse :

« Pour les mains blanches et les mains noires,
Pour les mains brunes et pour les jaunes,
Pour les mains rouges aussi,
Pour tout le monde,
Composons un air de musique tendre,
Et que nos doigts se touchent
Comme la rosée tombe,
Naturellement.
Nous serons les uns à côté des autres,
Dans cette aube musicale
Et je deviendrai alors le compositeur
De la symphonie de l’aurore en Alabama. »

Madame Parks fut très touchée. C’était son poème préféré qu’elle lisait sans cesse.

1.8 Les réactions dans le monde Début de page

Le Révérend Jesse Jackson a déclaré :

« Elle s’est assise pour que nous puissions nous tenir debout […] Paradoxalement, son emprisonnement a ouvert les portes pour notre longue marche vers la liberté. […] C’était une femme très courageuse qui a consciemment risqué sa vie et la prison pour briser le système de l’apartheid. »

Condoleeza Rice, première femme noire secrétaire d’État, qui est originaire de l’Alabama comme Rosa Parks s’est associée à l’hommage en ces termes :

« une pionnière des droits civils […] qui a inspiré une génération entière de gens à lutter pour leur liberté. »

Le député démocrate John Conyers :

« Il y a très peu de personnes qui peuvent dire que leurs actions et leur conduite ont changé la face de la nation, et Rosa Parks est l’une d’entre elles.»

L’unique noir siégeant au sénat, le démocrate Barak Obama a rendu grâce à :

« Une authentique héroïne américaine […] Elle était très humble et très mesurée dans ses paroles. Mais au-dedans d’elle-même, elle avait une détermination farouche […] Par son courage et son exemple, elle a jeté les bases qui ont permis au pays de vivre en accord avec ses convictions. »

Dans une interview à CNN, le député démocrate de Georgie, John Lewis, a raconté qu’il avait suivi le drame des événements de Montgomery, en 1955 à 1956, alors qu’il était adolescent, et que cela l’avait incité à militer dans le mouvement des droits civils. Pour lui : « Il était si incroyable que cette femme, cette femme toute seule, ait eu le courage de s’asseoir et de refuser de se lever pour céder sa place à un homme Blanc. En s’asseyant, elle s’est mise debout pour tous les Américains. »

L’organisation française SOS Racisme a ajouté :

« Le courage de Rosa Parks témoigne de ce que chacun d’entre nous a la capacité de contribuer à édifier un monde meilleur et plus juste. Cette femme restera, pour tous les antiracistes, un bel exemple de simplicité, de ténacité et de fraternité. »

Georges Bush a souligné :

« L’exemple de Rosa Parks a contribué à déclencher le mouvement pour les droits civiques, et transformé l’Amérique en la rendant meilleure.»

Paul Martin, premier ministre du Canada :

Rosa Parks était une héroïne, non seulement aux yeux des communautés minoritaires du Sud américain et des femmes, mais de l’humanité entière.

Le porte-Parole des Verts, « die Grünen » :

« Rosa Parks a prouvé au monde qu’une action directe, et non-violente avec un but précis peut porter fruit et changer le cours de l’histoire […] Son engagement, son courage et sa lutte pour les droits civiques, et contre le racisme sont des exemples pour tous les activistes du monde entier. »

1.9 Repos éternel Début de page

« Au moment d’écrire l’histoire pour les générations futures, il faut que les historiens puissent dire : Il y a eu, parmi les Noirs, des personnes hors du commun qui ont su injecter dans les veines de la civilisation humaine un sens plus profond de la dignité humaine. » Rosa Parks

Cette citation tirée de son autobiographie est le défi que Rosa Parks s’est donné et qu’elle a assumé tout au long de sa vie. L’autobus dans lequel s’est déroulé l’événement a été drapé d’un linceul rouge et noir jusqu’aux obsèques officielles. Le véhicule se trouve aujourd’hui au musée Henry Ford de Dearborn, dans le Michigan, devant un portrait géant de Rosa Parks.

En souvenir de son geste héroïque les premières places des bus de Montgomery resteront libres jusqu’au jour de son enterrement. Elles sont recouvertes d’une photo de Rosa Parks entourée d’un ruban noir portant l’inscription suivante :

« La société de bus RTA rend hommage à la femme, qui s’est tenue debout en restant assise. »

L’Amérique s’apprête à préparer les funérailles de la pionnière de la lutte contre le racisme. Jusqu’à samedi, la dépouille mortelle a été exposée dans l’église de Montgomery ville où, il y a 50 ans, Rosa Parks a refusé de céder son siège.

John Conyers, représentant démocrate, et pour lequel Mme Parks avait travaillé pendant 30 ans, a lancé l’idée d’une veillée au Capitole en proposant que sa dépouille mortelle soit exposée à la rotonde.

« Nous pensons qu’avoir sa dépouille dans la rotonde est probablement la façon la plus expressive du gouvernement de faire savoir à tous que l’héritage de Rosa Parks est assumé par le pouvoir législatif. »

Cet honneur est généralement réservé aux anciens présidents ayant marqué leur époque : Abraham Lincoln, John F. Kennedy, Ronald Reagan.

Le Congrès américain a voté une résolution autorisant à exposer le corps de Rosa Parks, Dimanche et Lundi, dans la Rotonde du Capitole, à Washington. Madame Rosa Parks est la première femme à recevoir dans ce haut lieu l’hommage de la nation ; et la deuxième personne n’ayant jamais été fonctionnaire d’état, après Pierre l’Enfant, l’architecte français, de la ville de Washington décédé en 1825. Dimanche 30-10-2005, la garde nationale accompagnée de la chorale a déposé le sarcophage dans la Rotonde du Capitole. Des dizaines de milliers de personnes de toutes nationalités ont salué la pionnière des droits civiques. La plupart des Afro-Américains tenaient une feuille en main sur laquelle on pouvait lire, « merci Rosa Parks ». Le corbillard était suivi d’un bus des années 50, recouvert d’un linceul noir. Le président George W. Bush, son épouse, les membres du sénat et de la maison des représentants se sont inclinés devant la dépouille mortelle. Ils ont déposé des couronnes de fleurs composées d’œillets rouges, blancs et bleus sur le catafalque. Au cours de son oraison Condoleeza Rice a déclaré :

« Je crois que je peux affirmer, sans Mme Parks, je ne serais pas là aujourd’hui debout, devant vous en tant que ministre des affaires étrangères. Rosa Parks a entamé une révolution pour la liberté et le monde entier honore son geste. »

Le président américain a décrété que le drapeau américain sera mis en berne sur tous les édifices publics du pays, le jour de l’enterrement de cette héroïne nationale. Après son exposition au Capitole, le cercueil a été transféré dans la ville où elle est décédée et où elle a passé la plus grande partie de sa vie. Jusqu’à son enterrement mercredi prochain, le sarcophage est exposé au Musée Charles H. Wright d’histoire afro-américaine de Detroit.

L’inhumation de Rosa Parks est prévue pour Mercredi prochain, le 3 novembre, à Detroit.

1.10 Conclusion Début de page

Le nom de Rosa Parks a traversé les océans et les continents. Il est devenu synonyme de liberté et de dignité. Son combat n’aura de sens que si nous continuons à mener la lutte contre l’injustice sociale et le racisme partout dans le monde, afin que les droits humains en particulier ceux des Noirs, des femmes et des minorités soient pleinement reconnus. Le voeu de Rosa Park :

« Je veux que tout le monde se souvienne de moi comme de quelqu’un qui voulait être libre. »

est exaucé. Elle est et demeurera une icône de la liberté. Elle est le symbole et la fierté de toutes les personnes éprises de liberté et de justice. Elle est un trésor pour l’humanité.

Le monde entier s’incline devant sa mémoire et rend un vibrant hommage à cette femme dont le courage a changé le cours de l’Histoire des temps modernes.

Que le Tout-Puissant l’accueille parmi ses élus ! Que la terre lui soit légère !

1.11 Remarque Début de page

Le 21 décembre 1956 Martin Luther King et le Rev. Glen Smiley, un pasteur blanc ont partagé le même siège à l’avant du bus. Le boycott fut une victoire pour les marcheurs.

Mrs Parks est lauréate des prix suivants :

1. Southern Christian Leadership Conference Annual Rosa Parks Freedom Award, Spingarn Medal, NAACP, 1979 ; Martin Luther King Jr Award, 1980 ; Service Award, Ebony, 1980 ; Martin Luther King Jr Nonviolent Peace Prize, Honorary degree from Shaw College.1980 ; The Eleanor Roosevelt Women of Courage Award, Wonder Women Foundation, 1984 ; Medal of Honor, awarded during the 100th birthday celebration of the Statue of Liberty, 1986 ; Martin Luther King Jr Leadership Award, 1987 ; Adam Clayton Powell Jr Legislative Achievement Award, 1990 ; Rosa Parks Peace Prize ; honored with Day of Recognition by Wayne County Commission ; U.S. Congressional Gold Medal of Honor, 1999

Pour tout complément d’informations veuillez consulter les sites suivants :

The Rosa & Raymond Parks Institute for Self Development http://www.rosaparks.org ; http//:www.naacp.org le site officiel de l’Association National pour l’Avancement des Gens de Couleur ;

Parks, Rosa, and Jim Haskins, Rosa Parks : My Story, Dial Books, 1992.

Pierrette Herzberger-Fofana


2. La couturière de Montgomery, Rosa Parks (1913-2005)

2.1 Figure légendaire de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis Début de page

Le 24 octobre 2005, la nation américaine apprenait avec une profonde affliction le décès, à Detroit (Michigan), de Rosa Parks, âgée de 92 ans. Dans les jours qui ont suivi, 200 autobus de cette ville ont honoré cette pionnière de la lutte pour les droits des Afro-Américains en arborant des rubans noirs.

Ce n’est pas tout : sa dépouille mortelle a été exposée pendant deux jours dans la rotonde du Capitole, à Washington, ce qui a constitué une première pour une femme aux États-Unis. Un tel honneur, faut-il le rappeler, est habituellement réservé aux anciens chefs de l’exécutif ayant marqué leur époque (Abraham Lincoln, John F. Kennedy, Ronald Reagan).

Fait à signaler, Rosa Parks est du même coup devenue la deuxième personne n’ayant jamais été fonctionnaire du gouvernement fédéral à recevoir cette marque de respect après Pierre L’Enfant, l’architecte français de la ville de Washington, qui a rendu l’âme en 1825.

Quant à lui, le président George W. Bush n’a pas manqué de s’associer à cet hommage de la fin d’octobre en louant la contribution de celle qui était considérée chez nos voisins du Sud comme « la mère du mouvement pour les droits civiques ».

2.2 Antécédents Début de page

Née à Tuskegee, en Alabama, le 4 février 1913, Rosa Louise McCauley, fille aînée d’un père menuisier et d’une mère enseignante, fréquenta l’Industrial School de Montgomery peu de temps après la séparation de ses parents. De nature réservée, elle compléta ses études secondaires dans la capitale de l’État en 1933, année au cours de laquelle elle entra à l’Alabama State College.

L’année précédente (1932), à ce propos, fut marquée par sa rencontre avec Raymond Parks, un coiffeur, qu’elle épousa. Il est à noter qu’un couple blanc de Montgomery, pleinement solidaire de la cause des Noirs, l’embaucha à la même époque comme couturière.

Dès ces années, Rosa Parks commença également à prendre part au mouvement des droits civiques. Avec son mari, elle appuya, à titre d’exemple, des accusés noirs condamnés injustement en 1931 pour une nébuleuse affaire de viol de deux femmes blanches. Puis, en 1943, Parks devint une des premières femmes de Montgomery à se joindre à la section locale de l’Association nationale pour l’avancement des gens de couleur (NAACP), agissant entre autres comme conseillère à la jeunesse et secrétaire, et ce, jusqu’au milieu des années 50.

Cette même époque fut aussi marquée par ses activités déployées en faveur de l’organisation Montgomery Voters League, destinée à accroître la participation électorale des Noirs de cette localité. Fait digne de mention, à l’été 1955, la militante afro-américaine reçut une bourse pour participer à un atelier d’une école du Tennessee, la Highlander Folk School, portant sur l’intégration scolaire, un séjour clairement déterminant dans son cas […].

2.3 Un geste lourd de conséquences Début de page

Essentiellement, Rosa Parks s’avère une figure emblématique de l’histoire américaine du XXe siècle pour le geste, traduisant son exaspération devant les avanies inhérentes à un système ségrégationniste aux manifestations multiples, qu’elle a fait le 1er décembre 1955 à Montgomery.

En effet, en refusant de céder sa place à un passager blanc dans un autobus public, comme c’était alors la règle dans cet État ségrégationniste, cette couturière du Montgomery Fair Department Store, alors âgée de 42 ans, contribua, un peu à l’instar de la fameuse décision de la Cour suprême de mai 1954 en matière de déségrégation scolaire (arrêt Brown v. Board of Education of Topeka), à amorcer un vaste mouvement qui allait finalement aboutir en 1964 à l’abolition de la ségrégation raciale dans les lieux publics du sud des États-Unis.

En raison de son action, qui n’était pas sans précédent dans cette même ville, la militante des droits civiques fut promptement arrêtée par les autorités policières et lui infligea une amende de 14 $. Surtout, il importe de savoir que dans la foulée de son arrestation allait débuter, contre la compagnie d’autobus, une campagne de boycottage supervisée par une organisation nouvellement créée et dans laquelle Parks devait jouer un rôle clé : la Montgomery Improvement Association.

Or ce boycottage, d’une durée de plus d’un an et qui causa des torts considérables à la compagnie d’autobus (les Noirs de Montgomery constituant plus de 75 % de ses utilisateurs), fut important à maints égards. En révélant toute la détermination de la communauté afro-américaine, il contribua d’abord à détruire le mythe entretenu par plusieurs Blancs du sud selon lequel les Noirs s’accommodaient très bien d’un régime ségrégationniste et que le mouvement visant à abolir ce dernier émanait uniquement d’« agitateurs externes ».

De plus, le boycottage des autobus de Montgomery fit de l’éloquent pasteur noir Martin Luther King, oeuvrant à la Dexter Avenue Baptist Church de la même localité, une célébrité nationale. King, en effet, fut celui qui dirigea véritablement cette campagne pacifique de boycottage qui lui valut de vives représailles, dont le dynamitage de sa propre résidence à la fin de janvier 1956. Pour ce futur Prix Nobel de la paix, l’affaire Rosa Parks apparut en quelque sorte comme la goutte d’eau qui fit déborder le vase.

En outre, comme la Cour suprême des États-Unis finit par donner raison à la communauté noire de Montgomery le 13 novembre 1956 (arrêt Browder v. Gayle) en déclarant illégales les lois ségrégationnistes de l’Alabama, la communauté afro-américaine comprit à quel point une attitude de fermeté et de solidarité pouvait être génératrice de changement social. Galvanisés par ce dénouement fructueux, les leaders du mouvement des droits civiques ne manquèrent dès lors pas de concentrer leurs énergies à l’obtention réelle du droit de vote et aux autres domaines des relations sociales imprégnés d’iniquités.

2.4 Un militantisme qui ne se dément pas Début de page

Peu après le boycottage de 1955 à 1956, Rosa Parks et son mari, ayant tous deux perdu leur emploi et voulant échapper aux menaces, déménagèrent à Detroit. Pendant huit ans, la célèbre militante afro-américaine y travailla comme couturière. De 1965 jusqu’à sa retraite, en 1988, elle servit comme adjointe administrative pour le parlementaire John Conyers du Michigan.

Durant toutes ces « années post-Montgomery », Parks demeura fort active au sein du mouvement des droits civiques. Ainsi, après s’être jointe à la Southern Christian Leadership Conference (SCLC) de Martin Luther King, elle participa à de nombreuses marches de protestation, dont celle de Selma, en Alabama, en 1965.

Au cours des années 80, elle rallia le Free South Africa Movement et se fit remarquer pour ses activités contre l’apartheid. Puis, en 1987, soit dix ans après le décès de son mari, elle fonda à Detroit le Rosa and Raymond Parks Institute for Self-Development, un centre destiné notamment à promouvoir la lutte pour les droits civiques auprès des jeunes Noirs.

La militante afro-américaine, dont l’autobiographie fut publiée en 1992, prit également part en octobre 1995 à la Million Men March qui rassembla plus d’un million de Noirs à Washington. L’année suivante (1996), Parks, qui ne cessait jusqu’alors d’accumuler les hommages et les récompenses, se fit attribuer par Bill Clinton la Médaille présidentielle de la liberté pour son apport à la société américaine. En 1999, le Congrès, à son tour, lui décerna la prestigieuse Congressional Gold Medal of Freedom.

En définitive, ce sont autant d’éléments, pour ne nommer que ceux-là, qui expliquent pourquoi il convient de se souvenir de la couturière de Montgomery.

Bernard Lemelin


3. Une chanson contre l’oubli

3.1 Rosa Début de page

Avec le premier titre « Rosa » de l’album « Les Fleurs du Bien » sorti en Mai 2006, sur un thème très mélodique au piano, Pascal Obispo lui rend hommage.

Rosa

(Florence / Obispo)

Quand d’obéir dégoûte,
Vous enfonce dans la vase,
Il y a toujours une goutte
Qui fait déborder un vase,

Et puis se voir dire « non »
Enfin, enfin le dire,
Pour respirer à fond,
Se soulager du pire,

C’était ça ou crever
Sans fierté, à genoux,
Quand y a rien à rêver,
Qu’est-ce qu’on risque après tout ?

T’avais rien d’mandé là
Rosa
Mais c’est tombé sur toi
Ce jour-là

Tu as fait le premier pas
Et y a eu Mandela
Après toi

T’avais rien d’mandé là
Rosa
Mais c’est tombé sur toi
Ce jour-là

T’as fait qu’ouvrir la voix
Mais t’as eu ce courage-là,
Rosa

Pour ceux qui dans l’histoire
N’ont pas retenu ton nom,
Tu es la première Noire
A avoir osé dire « non »

Parce qu’assise dans un bus
Un blanc voulait ta place,
Avec la peur en plus
De l’regarder en face,

Si tu voyais Rosa
Les routes que tu as faites
Parce qu’un jour tu osas
Simplement tenir tête

T’avais rien d’mandé là
Rosa
Mais c’est tombé sur toi
Ce jour-là

Tu as fait le premier pas
Et y a eu Mandela
Après toi

T’avais rien d’mandé là
Rosa
Mais c’est tombé sur toi
Ce jour-là

Tu as fait qu’ouvrir la voix
Mais t’as eu ce courage-là,

Rosa

Paroles extraites du livret de l’album « Les Fleurs du Bien »

Pascal Obispo

Référence publication :
Avant-propos
Eric - Infologisme.com

Iicône de la liberté et heroïne de la lutte contre la discrimination raciale
Pierrette Herzberger-Fofana
Docteur de philosophie de l'université d'Erlangen-Nuremberg (Allemagne)
Conseillère municipale à la mairie d’Erlangen (Allemagne)
Publié par Africultures - Novembre 2005
Pierrette.Herzberger-Fofana@sz.phil.uni-erlangen.de

La couturière de Montgomery, Rosa Parks
Bernard Lemelin
Professeur agrégé au département d’histoire de l’Université Laval
Le Devoir - www.ledevoir.com
Édition du vendredi 4 Novembre 2005 - Publi-©

Une chanson contre l’oubli - Mai 2006
Titre « Rosa » - Album « Les Fleurs du Bien »
Pascal Obispo
Auteur
Pierrette Herzberger-Fofana - Bernard Lemelin - Pascal Obispo Début de page
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