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Sujet Historique Date 30-05-2007
Titre Bible, Écrits canoniques et apocryphes Section Société
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Bible, écrits canoniques et apocryphes

Le terme « Bible » (livre) vient, par le latin, du grec byblos, mot signifiant papyrus ou papier, lequel était exporté de l’antique port phénicien de Byblos.

Depuis saint Jean Chrysostome (IVe s), le mot « Bible » désigne uniquement les saintes Écritures.
Au Moyen Age, les livres de la Bible étaient considérés comme un tout homogène.

La Bible, également appelée sainte Bible ou saintes Écritures, est le livre sacré du judaïsme et du christianisme.

La Bible juive est un ensemble, appelé Textes sacrés hébreux, de 39 livres (écrits à l’origine en hébreu à l’exception de quelques passages en araméen) : la Loi (Torah) ou Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome), Josué, Juges, 1er livre de Samuel, 2e livre de Samuel, 1er livre des Rois, 2e livre des Rois, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, Psaumes, Proverbes, Job, Cantique des cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie, 1er livre des Chroniques, 2e livre des Chroniques.

La Bible chrétienne comporte 2 parties : l’Ancien Testament (du latin Testamentum traduit du grec diathéké « disposition », « convention », « testament ») et les 27 livres du Nouveau Testament.

La version de l’Ancien Testament utilisée par les catholiques est la Bible du judaïsme complétée de 7 autres livres en grec (Tobie, Judith, Ecclésiastique, Baruch, Ier et IIe livre des Macchabées).

La version de l’Ancien Testament utilisée par les protestants se limite aux 39 livres de la Bible juive. Les autres livres et adjonctions sont dits apocryphes par les protestants ; ils sont généralement appelés livres deutérocanoniques par les catholiques.

Le mot grec kanôn « règlement » désigne la liste des textes bibliques reconnus officiellement comme inspirés. Les orthodoxes ont le même canon que les catholiques.

Les versions de la Bible hébraïque qui ont la plus grande valeur sont les traductions grecques. Dans certains cas, elles offrent en effet des interprétations supérieures à la version hébraïque, car fondées sur des textes hébreux plus anciens que ceux qui existent actuellement. Une grande partie des manuscrits grecs sont beaucoup plus anciens que les manuscrits de la Bible hébraïque complète : ils ont été inclus dans des copies de la Bible chrétienne complète qui datent des IVe et Ve siècles.

Les principaux manuscrits sont le Codex vaticanus (à la bibliothèque du Vatican), le Codex sinaiticus et le Codex alexandrinus (tous deux au British Museum).

La principale version grecque est dite « Version des Septante » parce que, selon la légende, la Torah aurait été traduite au IIIe siècle av. J-C par 72 docteurs. Cette légende est probablement exacte à plusieurs égards : la première traduction grecque ne comprenait que la Torah et vit le jour à Alexandrie au IIIe siècle av. J-C Les autres textes sacrés hébreux furent ensuite eux aussi traduits, mais manifestement par d’autres docteurs dont les talents et les points de vue étaient différents.

De nombreuses autres traductions grecques ont été faites, dont il ne reste pour la plupart que des fragments ou des citations par les premiers Pères de l’Église et d’autres. Ce sont notamment les versions d’Aquila, de Symmaque, de Théodotion et de Lucien.

Les autres versions de la Bible sont notamment la Peshitta ou version syriaque, sans doute commencée dès le Ier siècle apr. J-C ; la Vetus Itala, traduite de la Septante au IIe siècle ; et la Vulgate, traduite de l’hébreu en latin par saint Jérôme à la fin du IVe siècle apr. J-C.

Il convient aussi de nommer les Targums araméens. Dans le judaïsme, quand l’araméen remplaça l’hébreu et devint la langue courante, des traductions devinrent nécessaires ; elles accompagnèrent d’abord la lecture orale des Écritures à la synagogue, puis furent consignées par écrit. Les Targums n’étaient pas des traductions littérales mais des sortes de paraphrases ou interprétations de l’original. Les deux principaux Targums sont ceux qui ont vu le jour en Palestine et ceux qui furent révisés à Babylone. On a récemment découvert un manuscrit complet du Targum palestinien : Neophiti I de la bibliothèque du Vatican. Les Targums babyloniens les plus connus sont Onqelos pour le Pentateuque et Jonathan pour les Prophètes.

Au IIIe siècle, on discuta des livres de l’Ancien Testament que l’on devait considérer comme canoniques. Origène exclut les livres grecs, tandis que certains auteurs ajoutèrent des apocryphes, comme le livre d’Hénoch, l’Ascension d’Isaïe, le IVe livre d’Esdras.

Le Nouveau Testament est l’ensemble des textes sacrés postérieurs à la Venue de Jésus au monde. Pour les Églises chrétiennes, comme pour l’islam, ils font partie de la Bible au même titre que les livres de l’Ancien Testament. Pour le judaïsme, au contraire, ils ne sont ni inspirés, ni sacrés, ni divins.

Les textes du Nouveau Testament sont organisés selon une perspective théologique et non chronologique : les Évangiles viennent en premier parce qu’ils racontent l’histoire de Jésus, mais ils furent écrits entre 70 et 90 apr. J-C, soit quelque 60 ans après sa mort [celui de Matthieu vers 80-90, de Marc vers 65-70, de Luc vers 80 ou plus tard (avec les Actes des apôtres), de Jean vers 60 ou 90). Les épîtres de Paul sont antérieures ; elles datent de la décennie comprise entre 50 et 60. On a longtemps admis que les évangiles avaient été écrits à l’origine en araméen (et retraduits en grec) ; or il semblerait qu’ils aient été écrits en hébreu : certains passages évangéliques (Matthieu, les 2 premiers chapitres de Luc sauf le recouvrement au Temple, Marc) se traduisent en hébreu presque au mot à mot. Les autres livres, que l’on peut dater entre 90 et 150, reflètent la situation de l’Église au cours de la période postapostolique : apparemment, l’Apocalypse a été rédigée vers 95 pour ranimer l’espérance des chrétiens en proie aux persécutions de Domitien.

Vers l’an 200, 20 des 27 livres du Nouveau Testament semblent avoir été considérés comme faisant autorité.

Les livres qui furent contestés quelque temps mais finalement inclus sont : Épître de Jacques, Épître aux Hébreux, 2e épître de saint Jean, 3e épître de saint Jean, Épître de Jude, 2e épître de saint Pierre, et l’Apocalypse.

Les livres, finalement rejetés, sont ceux de Barnabé, la 1re épître de Clément, le Pasteur de Hermas (frère de Pie Ier) et le Didakhê (leurs auteurs sont généralement appelés « Pères apostoliques »).

La 39ème lettre de saint Athanase, évêque d’Alexandrie, envoyée en 367 aux églises placées sous sa juridiction, mit fin à toutes les incertitudes sur les limites du canon néotestamentaire.

Il déclara canoniques les 27 livres qui constituent aujourd’hui encore le Nouveau Testament.

Il s’agit des 4 Évangiles (selon Matthieu, Marc, Luc et Jean), des Actes des Apôtres, des Épîtres (Épître aux Romains, 1re épître aux Corinthiens, 2e épître aux Corinthiens, Épître aux Galates, Épître aux Éphésiens, Épître aux Philippiens, Épître aux Colossiens, 1re épître aux Thessaloniciens, 2e épître aux Thessaloniciens, 1re épître à Timothée, 2e épître à Timothée, Épître à Tite, Épître à Philémon, Épître aux Hébreux, Épître de Jacques, 1re épître de Pierre, 2e épître de Pierre, 1re épître de Jean, 2e épître de Jean, 3e épître de Jean, Épître de Jude) et de l’Apocalypse.

En 382, au concile de Rome, le pape Damase dressa la liste des saintes écritures (« décret de Damase ») ;

« Il nous faut maintenant parler des divines Écritures, de ce que reçoit l’Église catholique universelle et de ce qu’elle doit éviter. On commence par l’ordre de l’Ancien Testament. Genèse, un livre ; Exode, un livre ; Lévitique, un livre ; Nombres, un livre ; Deutéronome, un livre ; Jésus Navé, un livre ; Juges, un livre ; Ruth, un livre ; Rois, quatre livres ; Paralipomènes, deux livres ; Cent cinquante Psaumes, un livre ; Salomon, trois livres : Proverbes, un livre, Ecclésiaste, un livre, Cantique des Cantiques, un livre ; encore, Sagesse, un livre ; Ecclésiastique, un livre. Puis l’ordre des prophètes, Isaïe, un livre ; Jérémie, un livre, avec Cinoth, c’est-à-dire ses Lamentations ; Ézéchiel, un livre ; Daniel, un livre ; Osée, un livre ; Amos, un livre ; Michée, un livre ; Joël, un livre ; Abdias, un livre ; Jonas, un livre ; Nahum, un livre ; Habacuc, un livre ; Sophonie, un livre ; Aggée, un livre ; Zacharie, un livre ; Malachie, un livre. Puis l’ordre des histoires. Job, un livre ; Tobie, un livre ; Esdras, deux livres ; Esther, un livre ; Judith, un livre ; Maccabées, deux livres. Puis l’ordre des Écritures du Nouveau et éternel Testament, que l’Église sainte et catholique reçoit. Évangiles : un livre selon Matthieu, un livre selon Marc, un livre selon Luc, un livre selon Jean. Les épîtres de Paul, au nombre de quatorze : une aux Romains ; deux aux Corinthiens ; une aux Éphésiens ; deux aux Thessaloniciens ; une aux Galates ; une aux Philippiens ; une aux Colossiens ; deux à Timothée ; une à Tite ; une à Philémon ; une aux Hébreux. Ensuite l’Apocalypse de Jean, un livre. Et les Actes des Apôtres, un livre. »

Le 3ème concile de Carthage (397) décida, « qu’en dehors des Écritures canoniques (qu’il énumère), rien ne doit être lu dans l’Église sous le nom de divines Écritures » (canon 186)

Le concile de Trente (1545-1563) établit définitivement le Canon des Écritures (le catalogue des livres saints) et ordonna que la Vulgate de saint Jérôme soit tenue pour authentique :

Ancien Testament : « Les cinq Livres de Moïse, qui sont, la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome ; Josué, les Juges, Ruth, les quatre Livres des Rois, les deux des Paralipomènes, le premier d’Esdras & le second, qui s’appelle Néhémias ; Tobie, Judith, Ester, Job ; le Psautier de David, qui contient cent cinquante Psaumes ; les Paraboles, l’Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, la Sagesse, l’Ecclésiastique, Isaïe, Hiéremie, avec Baruch, Ezéchiel, Daniel ; les douze Petits Prophètes, savoir, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habachuc, Sophonias, Aggée, Zacharie, Malachie ; deux des Machabées, le premier, & le second. »

Nouveau Testament : « Les quatre Évangiles, selon Saint Matthieu, Saint Marc, Saint Luc, & Saint Jean ; les Actes des Apôtres, écrits par Saint Luc Evangéliste ; quatorze Épîtres de Saint Paul, une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Ephésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon, & une aux Hébreux ; deux Épîtres de l’Apôtre Saint Pierre ; trois de l’Apôtre Saint Jean ; une de l’Apôtre Saint Jacques ; une de l’Apôtre Saint Jude ; & l’Apocalypse de l’Apôtre Saint Jean. »

« Si quelqu’un ne reçoit pas pour sacrés et canoniques, tous ces Livres entiers, avec tout ce qu’ils contiennent, tels qu’ils sont en usage dans l’Église Catholique, et tels qu’ils sont dans l’ancienne Edition Vulgate Latine, ou méprise avec connaissance et de propos délibéré les Traditions dont nous venons de parler : qu’il soit anathème. »

Au IIIe siècle, on discuta des livres de l’Ancien Testament que l’on devait considérer comme canoniques. Origène exclut les livres grecs, tandis que certains auteurs ajoutèrent des apocryphes (écrits écartés par les autorités religieuses qui les jugent comme non inspirés par Dieu) tels le livre d’Hénoch, l’Ascension d’Isaïe et le IVe livre d’Esdras. (Voir La sélection des Évangiles du Nouveau Testament )

Évangiles apocryphes, du grec apókruphos « caché », c’est-à-dire non canoniques :

- des évangiles : Évangile des Egyptiens, Évangile des Hébreux, Évangile des Nazaréens, Évangile de Philippe, Évangile de Pierre, Évangile de Thomas ou « Paroles de Jésus » qui serait un ensemble de paroles de Jésus (114 en tout) confiées en privé à Thomas, Évangile de Marie-Madeleine (vers 150 ; voir « Saintes Maries »), Évangile de Judas, Évangiles des chefs de sectes (Basilide, Marcion ; voir Gnosticisme ), cycle de la parenté de Jésus (Le Protévangile de Jacques et sa réécriture latine l’Évangile du pseudo Matthieu, Dormition de la Mère de Dieu), Évangile de l’Enfance par Thomas, Évangile de Barthélemy, Évangile de vérité, La Sagesse de Jésus-Christ, Actes de Pilate appelés plus tard Évangile de Nicodème (IVe et Ve siècles, mais Justin et Tertullien faisaient déjà mention d’Actes de Pilate au IIe siècle), Assomption ou Passage de Marie, Livre de la résurrection de Jésus Christ par Barthélemy, Histoire de Joseph le charpentier, Evangile arabe de l’enfance, Évangile arménien de l’enfance, Évangile de la Nativité de Marie ;

- des actes : Jean (av. 50, d’après une étude du fragment 795 des manuscrits découverts à Qumran), Jacques, Paul, Paul et Thècle, Pierre, Actes de Pierre et des 12 apôtres, Pierre et Paul, Pierre et André, Paul et André, André, Barthélemy, Thomas, Pseudo Clémentines, Philippe, Thaddée (avec la correspondance entre Jésus et Abgar), Ascension de Jacques, Barnabé, Actes de Jean par Prochore, André et Matthias, Histoire apostolique d’Abdias ;

- des épîtres : de Paul (IIIe Corinthiens, Alexandrins, Laodicéens), des Apôtres (Jérusalem, IIe siècle), de Barnabé, de Pilate à Tibère, Lettre de Pierre à Philippe, Épître apocryphe de Jacques, lettres de Paul et de Sénèque, Épître de Tite, Épître du Christ tombée du ciel ;

- des apocalypses : celles de Pierre (2), celles de Jacques (2) , celles de Jean (3 dont l’Apocryphon de Jean ), celle de Paul, de Thomas, d’Étienne.

Les livres apocryphes sont contemporains et parfois même antérieurs aux livres canoniques. S’ils n’ont pas été admis dans le canon, c’est qu’ils avaient pris naissance dans des Églises éloignées du centre romain ou qu’ils manifestaient des tendances doctrinales archaïques, plus ou moins hérétiques pour les autorités romaines.

Référence publication :
Compil Histoire

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Auteur
Jean-Paul Decoeurtyte Début de page
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