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Sujet Historique Date 12-06-2007
Titre JÚsus de Nazareth dit JÚsus Christ Section Homo Sapiens
Article

Sommaire

1. Jésus de Nazareth dit Jésus Christ
1.1 Jésus
1.2 La Cène
1.3 L’arrestation à Gethsémané et le procès juif
1.4 Le procès romain Jésus
1.5 Le chemin de croix
1.6 Le Saint Calice
1.7 La stèle de Ponce Pilate
2. Doute historique
2.1 Pour l’Islam, Issa n’a pas été crucifié
2.2 Le Calvaire et le Saint-Sépulcre
2.3 La tombe perdue de Jésus
2.4 Jésus Christ est également cité
2.5 Les douze disciples Apôtres de Jésus
2.6 Bibliographie
3. Textes et Éncartés
3.1 Table des matières des sujets


Avant-propos

Antioche 1, ville grecque ou vivait une grande communauté juive, quelques convertis à Jéruslem sont partis prêcher l’enseignement de Jésus parmi les juifs de la métropole mais aussi parmi les païens. Ils eurent apparemment plus de succès parmi les païens que parmi les fils d’Israël et l’on commença petit à petit à distinguer ces gens qui se dise adeptes du Christ des autres juifs et on leur donna leur nom en grec : « khristidoï » ou Chrétiens (cela vient du grec « Khristos » traduit par « Christ » qui est lui même la traduction de l’araméen « Méshiha » qui signifie l’Oint).

Cependant j’aimerais juste préciser que le mot grec « Kristos » (en fait cela s’écrit « Xristos » et cela se prononce « Khristos ») ne signifie pas « croix » mais tout à fait autre chose.Le mot « Christ » est dérivé du grec « Kristos » qui signifie l’Oint ou le Choisi (sous-entendu de Dieu ou pour nous, sans racine étymologique, en langage moderne le « Sauveur » ou non littéralement « Messie »).

La tombe perdu de Jésus, met le doute une fois de plus sur la véracité des Écrits canoniques et confirme l’existence de Jésus-Christ, qui à n’est plus à douter. Je trouve qu’il est intolérable de la manière dont cette découverte fut traitée archéologiquement en 1980, sachant que Jérusalem possède des nécropoles des premiers Chrétiens de cette époque (des tombes avec des ossuaires, plus de 3000, du début de l’ère chrétienne à l’an 200). Qu’il aura fallu vingt ans pour que l’on s’en occupe avec un soin méticuleux. Le dieu « Argent » est plus important que tout, surtout ne pas arrêter un programme immobilier, trois jours laissés aux archéologues de l’époque, je trouve que c’est un peu court. Est-ce qu’on a construit un programme d’habitation entre les Pyramides d’Égypte ou contre Le Mur des Lamentations ? Le principe de précaution aurait pu être respecté.

Le fait de déposer les os des morts dans un petit ossuaire individuel était un mode d’inhumation couramment pratiqué durant une période du Ier sècle après J-C en Palestine. Dans un premier temps, le corps était enterré pendant une année. Les os étaient ensuite récupérés et déposés dans un coffre, l’ossuaire, lui-même entreposé dans le caveau familial. Cette pratique était courante chez les Pharisiens qui croyaient à la résurrection et dont les premiers chrétiens étaient assez proches.

Ce qui me parait plausible, c’est que Jésus-Christ soit enterré avec les siens selon la coutume contemporaine. Ce qui laisse dans l’expectative, c’est l’étude de l’ADN et de la patine des ossuaires par un laboratoire de police scientifique et de surtout l’étude de probabilités mathématiques sur le nom que porte les ossuaires de la tombe Talpiot à Jérusalem.

Où est le respect de l’humanité, où l’honnêteté intellectuelle, sachant que les langues les plus parlée à l’époque de Jésus étaient l’araméen 2 et le grec et non pas l’hébreu ou le latin, que le symbolisme de la croix chrétienne vient d’un caractère de l’araméen 2 et non pas du crucifiement de Jésus. C’est l’Église catholique qui amena ce symbole autour du IVe siècle, car à l’époque de Jésus (Ier siècle) on ne portait pas un symbole de torture autour du cou.

L’Église Romaine présente trop souvent des objets foi et de reliques qui n’ont pas de véritable authenticité. Récuser une datation au carbone 14, c’est un peu fort... La foi ne ce situe pas dans des objet ou une hiérarchie cléricale, mais dans un comportement humain et social, car croire en Jésus-Christ et sa parole est bien plus sensé... et à elle seule, peut inspirer la foi chrétienne.

Ce qui est sûr, il y a deux mille ans, un homme a tenté d’inculquer un comportement fraternel et égalitaire entre les humains. Il a été perçut comme un déstabilisateur d’un modèle de système hiérarchique de l’époque. Ses pairs juifs ne lui pardonnerons jamais de s’être proclamer roi des juifs et le ferons exécuter dans des souffrances atroces, qui pour des croyants de l’époque relevaient plus de tortionnaires, que d’hommes de foi quelques soit leurs religions. Malheureusement le film « La Passion du Christ » entièrement été tourné en araméen et latin de Mel Gibson, me semble bien montrer la cruauté des contemporains de Jésus-Christ.


Notes

 1 La principauté d’Antioche est actuellement en Turquie et en Syrie.

 2 L’invention de l’alphabet, mille ans av. J-C, par les Phéniciens, marins et marchands qui courent les mers, fut décisive : il leur suffit, pour tout écrire, de 22 lettres, signes retrouvés sur des fragments d’argile et probablement tirés de transformations successives de l’écriture démotique de l’ancienne Égypte. Il ne comporte que des « consonnes » (c’est-à-dire des phonèmes qui ne « sonnent », ne se font entendre qu’avec des voyelles), ce qui est le propre des langues sémitiques telles que l’hébreu et l’arabe.

Vers le VIIIe siècle av. J-C, on trouve dans le pays d’Aram (la Syrie actuelle) un alphabet araméen qui dérive de l’alphabet phénicien. Les écritures arabe et hébraïque, encore en usage aujourd’hui puisent aux mêmes sources. Le Talmud de Babylone est écrit en araméen.

Vers le IIIe siècle av. J-C, l’écriture copte arrive en Égypte avec des caractères empruntés à l’alphabet grec ; en outre six caractères proviennent des hiéroglyphes égyptiens, avec un système alphabétique de 31 signes dont la lecture est de gauche à droite. Langues notées le copte, documents les plus anciens : papyrus du IIe-IIIe siècle après J-C.

L’hébreu du IIe siècle avant JC est appelé hébreu carré est définitivement fixé en 200 avant J-C. Il conserve 22 lettres, toutes des consonnes.

Éric - Infologisme.com


1. Jésus de Nazareth dit Jésus Christ
1.1 Jésus Début de page

Pour les Juifs, le Messie (de l’hébreu mashiah « qui a reçu l’onction », « l’oint du Seigneur », c’est-à-dire consacré par une onction de Dieu) est le descendant de David appelé à établir la Justice et la Paix, à restaurer le Royaume d’Israël et à y ramener les Juifs en exil.

Pour les chrétiens, Jésus-Christ est le Messie [« Christ » (Christos en grec) est la traduction de « Messie »] : Fils de Dieu et Dieu au sein de la Trinité, il a pris sur lui les péchés du monde et a instauré la Jérusalem spirituelle.

Date de sa naissance

La date de la naissance de Jésus [de l’hébreu Yéhoshûa (Josué) « dieu sauveur »] ne peut être déterminée en raison du manque de concordance ou de précision entre les données des évangiles et les événements historiques et cosmiques :

- recensement ordonné en 8 av. J-C par P. Sulpicus Quirinius, légat d’Auguste en Syrie ;
- mort de Hérode en 4 ou 1 av. J-C ;
- éclipse partielle de lune en 4 av. J-C (nuit du 12 au 13 mars) ;
- éclipse totale de lune en 1 av. J-C ;
- comète de Halley en 12 av. J-C ;
- comète dans le Capricorne en 6 av. J-C ;

- apparition soudaine, en mars ou avril de l’an 5 av. J-C, de la nova de l’Aigle, l’étoile variable DO AQL, qui reste immobile et parfaitement visible à l’aube pendant 70 jours, notée par les astronomes chinois ( « l’étoile » des mages ?) ;
- Vénus devant Jupiter le 17 juin de l’an 2 av. J-C ;

- conjonction Jupiter-Saturne à trois reprises dans la constellation des Poissons en l’an 7 av. J-C (attestée par une tablette babylonienne) avec alignement parfait Soleil-Terre-Jupiter-Saturne le 15 septembre (date de naissance de Jésus ?).

En 532, Denys le Petit, moine scythe, compta les années depuis la naissance du Christ qu’il fixait au 25 décembre de l’an 753 de la fondation de Rome : l’ère chrétienne, appelée également dionysienne, connut une lente diffusion. On s’aperçut par la suite que Denys s’était trompé de 4 ans au moins : ce qui signifie que Jésus serait né, au plus tôt, en 5 avant l’ère chrétienne (beaucoup penchent pour 6, d’autres pour 7).

Pour Joël Magny, se basant sur les visions de la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) dans son livre « La parenté de Jésus » (page 148) paru en 2001 (Pierre Téqui éditeur), Jésus est né le 13 kislev 3756, soit dans la nuit du 24 au 25 novembre de l’an 6 avant Jésus Christ.

Les premières années de Jésus

Joseph et Marie, l’emmenèrent en Égypte, pour le soustraire au massacre des Innocents, ordonné par Hérode, et ils demeurèrent dans ce pays jusqu’à la mort de ce prince. Mais, craignant la tyrannie d’Archélaüs, ils n’allèrent point en Judée, et se retirèrent à Nazareth de Galilée.

L’entant divin avait douze ans lorsqu’ils le menèrent à Jérusalem pour célébrer la Pâque ; il resta dans le Temple à leur insu, et lorsqu’ils retournèrent pour le chercher, ils le trouvèrent discutant au milieu des docteurs et les confondant par la profondeur de ses discours.

Son baptême

Dans la quinzième année du règne de Tibère, Jean dit « Le Baptiste », cousin de Jésus, commença de prêcher la pénitence le long du Jourdain, en baptisant et en annonçant le Messie.

Jésus vint à lui pour être baptisé, et au moment où il sortait de l’eau, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe. Jean-Baptiste le désigna alors à la foule commue celui qui était prédit par les Écritures et attendu par les Juifs.

Sa prédication

Selon Luc, Jésus commença son ministère la 15ème année du règne de Tibère (Luc 3,1), ce qui correspond à 28-29.

Le ministère de Jésus se déroula entre 29 et 30, si l’on considère que ce ministère dura 1 an, ou entre 29 et 33, s’il dura 3 ou 4 ans (selon la tradition).

Avant de commencer sa mission, Jésus alla jeûner pendant quarante jours dans le désert et y repousser les tentations de Satan. Puis il parcourut la Judée et la Galilée, annonçant la bonne nouvelle, entraînant les populations à sa voix, confirmant sa mission par des miracles éclatants, rendant la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds, la santé aux malades, la vie aux morts, chassant les démons du corps des possédés, apaisant les flots soulevés, multipliant les pains, etc. Parmi ses disciples il en avait choisi douze pour être les apôtres des nations.

Sa passion

Au commencement de la quatrième année de sa mission, il vint pour la dernière fois à Jérusalem, où ses enseignements avaient déjà soulevé contre lui les princes des prêtres et les pharisiens. Il célébra la cène avec ses disciples puis fut livré à ses ennemis par Judas. Mené devant le pontife, puis devant Ponce-Pilate, gouverneur de la Judée pour les Romains, il fut condamné à mort, flagellé, couronné d’épines et enfin crucifié entre deux larrons. A sa mort, le ciel s’obscurcit, la terre trembla, le voile du Temple se fendit, les tombeaux s’ouvrirent.

Date de sa crucifixion

Les 4 Évangiles indiquent que Jésus, âgé de 33 ans (âge traditionnel) ou plus, fut crucifié quand Ponce Pilate était « gouverneur » de Judée (26 à 36).

On propose plusieurs dates pour la crucifixion : le vendredi 7 avril 30, 16 nissan 3790 (date la plus retenue aujourd’hui) ou le vendredi 3 avril 33 (date traditionnelle où une éclipse de lune fut visible à Jérusalem entre 15 h 40 et 18 h 50).

Supplicié avec deux autres hommes (saint Dysmas « le bon larron » et Gestas), Jésus fut le premier à mourir, c’est pourquoi on ne lui brisa pas les jambes pour mettre fin à ses souffrances. Un soldat (Longinus) lui perça le côté d’un coup de lance afin de vérifier qu’il n’était plus en vie (Jean 19,34).

1.2 La Cène Début de page

Le repas du soir était autrefois, appelé cène. Jésus institua le sacrement de la cène au cours du dernier repas du soir qu’il prit avec ses apôtres. La fraction du pain et l’action de grâces pour la coupe constituent l’élément essentiel de ce rituel enraciné dans la tradition juive. Le repas pascal rappelait aux juifs la sortie d’Égypte, la délivrance de l’esclavage. Il était le signe que Dieu sauve son peuple. La cène rappelle ce sacrifice, elle remplace dans l’Église le repas pascal. Le pain rompu représente le corps de Jésus-Christ, qui est mort pour nous. Il annonce l’amour de Dieu qui désire notre salut. Celui qui mange ce pain reconnaît que Jésus est mort pour lui. Il reçoit l’assurance du pardon qu’il a déjà obtenu. La coupe annonce la venue du royaume de Dieu. Par Jésus-Christ, Dieu fait alliance avec l’homme, et lui promet son royaume. Celui qui prend la coupe se reconnaît citoyen du royaume de Dieu. De même, notre communion avec le Christ entraîne notre communion avec les membres de son corps. Énsemble, nous annonçons que Christ est mort et ressuscité pour le salut du monde.

La Cène a-t-elle eu lieu le mardi ?

Il faut d’abord savoir que le jour commence pour les juifs, la veille au soir, vers 17 h. Le lundi commence le dimanche soir, le mardi le lundi soir et ainsi de suite.

Parmi les manuscrits de Qumran, découverts en 1947, le Livre des Jubilés et le Livre d’Hénoch révèlent qu’au temps de Jésus, les juifs se référaient non pas à un seul, mais à deux calendriers distincts :

- L’un, plus ancien, était basé sur le cours du soleil. Il comptait 364 jours et les mois y étaient répartis de façon que les fêtes, telles le Nouvel An, tombassent toujours un mercredi. L’année commençait un mercredi, car, selon la Genèse, lorsque Dieu créa le monde, ce fut en ce 4ème jour (mercredi) qu’il fit le soleil, la lune et les étoiles, et que c’est à partir d’eux que commença le cours du temps.

- L’autre, lunisolaire, basé à la fois sur le cours du soleil et sur celui de la lune, aurait été adopté 200 ans avant J-C, par les prêtres du Temple de Jérusalem. Dans ce calendrier, plus exact puisqu’il comptait 365 jours, la fête de la Pâque pouvait tomber n’importe quel jour de la semaine.

A cette époque il fallait beaucoup de temps aux changements pour s’imposer : c’est ce qui explique le fait qu’au temps de Jésus, bon nombre de gens continueront de suivre l’ancien calendrier et de célébrer les fêtes aux jours fixés par lui. Les Esséniens de Qumran, refuseront d’adopter le nouveau calendrier.

Ainsi donc, du temps de Jésus, deux calendriers étaient en vigueur. L’un, le plus ancien, suivi par les classes populaires, et où le repas de la Pâque était toujours fixé au mercredi (c’est-à-dire à la soirée du mardi). L’autre, adopté par le sacerdoce officiel et où la fête de la Pâque pouvait tomber n’importe quel jour de la semaine. L’année où mourut Jésus, cette fête tomba précisément un samedi.

Si nous supposons que Jésus, se référant au calendrier le plus ancien, célébra la dernière Cène avec ses apôtres le mardi soir, c’est-à-dire le jour où les gens du peuple prenaient, eux aussi, le repas pascal, la contradiction qu’on relève dans les Évangiles disparaît automatiquement.

En effet, si Jésus l’a célébrée le mardi soir, les évangiles synoptiques peuvent affirmer que cet événement a eu lieu « le jour même de la Pâque » (Matthieu 26,17 ; Marc 14,12 ; Luc 22,1-7-14), car ils se réfèrent au calendrier ancien. Quant à Jean, qui suit le calendrier officiel, il dit que Jésus célébra la Cène « avant la fête de la Pâque » (13,1), c’est-à-dire dans la soirée du jeudi, date qui a été retenue traditionnellement dans notre liturgie.

Si Jésus avait célébré la Pâque le jeudi soir, il faudrait supposer que le Sanhédrin siégea durant la nuit alors que la législation juive exigeait que tout jugement se fasse de jour. Selon le comput traditionnel, Jésus aurait été condamné à mort par le Sanhédrin, le vendredi matin, veille du Sabbat et de la fête de la Pâque, alors que la Mishna défendait de condamner à mort un coupable, la veille du Sabbat ou d’une fête. Enfin, la Loi juive défendait de condamner quelqu’un à mort, dans les 24 heures suivant son arrestation.

Si la Cène a eu lieu le mardi, les incohérences disparaissent et un comput logique peut être établi :

Mardi : dans la soirée, Jésus célèbre la Pâque. Ensuite, il va prier au mont des Oliviers, où il est arrêté. De là, il est conduit chez le grand prêtre.

Mercredi : dans la matinée, a lieu la première session du Sanhédrin, qui procède à l’audition des témoins. Jésus passe la nuit dans la prison des juifs.

Jeudi : seconde délibération matinale du Sanhédrin et condamnation à mort de Jésus, que l’on emmène aussitôt chez Pilate. Celui-ci l’interroge puis l’envoie à Hérode. Jésus passe la nuit dans la prison des Romains.

Vendredi : au cours de la matinée, Jésus comparait devant Pilate pour la 2ème fois. Pilate le fait flageller et couronner d’épines, puis il prononce la sentence et le livre aux juifs pour être crucifié. A 3 h de l’après-midi, Jésus meurt en croix.

La tradition confirme cette nouvelle hypothèse concernant la dernière Cène :

« Après avoir mangé la Pâque, le mardi dans la soirée, nous (les apôtres) nous sommes rendus au mont des Oliviers, et c’est au cours de la nuit qu’ils s’emparèrent du Seigneur. Le jour suivant, donc le mercredi, il demeura sous bonne garde dans la maison du grand prêtre... » [Didachê (catéchèse) des Apôtres (IIe siècle)].

« Le Christ fut arrêté le quatrième jour (mardi soir, mercredi pour les juifs). Nous jeûnons le mercredi, en souvenir de sa captivité. Nous jeûnons le vendredi, en souvenir de sa Passion » (évêque Victorin de Pettau, + vers 304).

« Le Seigneur fut arrêté alors que commençait le mercredi (mardi soir), et il fut crucifié le vendredi » (Épiphanie, évêque de Salamine + en 403)

(Don Ariel Alvarez Valdés, 1998.)

Le vendredi 7 avril 30, date de la crucifixion de Jésus la plus retenue, correspond au 16 Nissan 3790 du calendrier hébraïque. La fête de la Pâque commençant le 14 Nissan, la Cène aurait eu lieu le mardi soir.

1.3 L’arrestation à Gethsémané et le procès juif Début de page





1.4 Le procès romain Jésus Début de page





1.5 Le chemin de croix Début de page

La croix

La première représentation connue du Christ crucifié fut réalisée en l’église Sainte-Sabine de Rome vers 432. L’Église romaine représenta le Seigneur crucifié mais majestueux, portant une couronne victorieuse. Ce n’est qu’à la Renaissance et avec le baroque, qu’apparut l’image douloureuse que nous connaissons.

Le supplice de la croix est très ancien. Il prit naissance en Orient où il subsista longtemps dans certaines contrées, notamment au Japon. Il était bien connu des anciens Perses (Hérodote, III, 125 ; IV, 43 ; VII, 194) et des Scythes (Diodore de Sicile, II, 44). C’est probablement aux Perses que les Grecs et les Romains l’ont emprunté. Il était également usité chez les Egyptiens (Thucydide, I, 30) et chez les Carthaginois. (Polybe, I, 86 ; Valère Maxime, II, 7)

L’instrument de ce supplice consistait originairement en un simple poteau de bois fiché en terre et sur lequel le condamné était fixé avec des cordes et des clous. Les Egyptiens se contentaient de lier à la croix avec une corde les pieds et les mains du patient.

L’hébreu n’a pas un mot spécial pour désigner le crucifiement ; il se sert du terme thalah, qui signifie pendu ; ainsi Jésus est désigné dans certains écrits juifs sous la dénomination de Thalwi, le pendu. De même, en arabe, le mot salb veut dire à la fois pendaison et crucifiement. L’historien juif Josèphe (Antiquités judaïques, XIII, 14, 2) considérait le crucifiement comme un acte de cruauté exceptionnel.

Alexandre Jannée, frère et successeur d’Aristobule Ier, fils de Jean Hyrcan de la dynastie hasmonéenne de la famille de Judas Maccabée, grand prêtre et roi de Judée de 103 à 76 av. J-C, fit « crucifier 800 chefs pharisiens » rebelles près de son palais tandis qu’il présidait un banquet un plein air (Josèphe, Guerre des Juifs, I, 97).

Chez les Romains, le supplice de la croix, peine de mort humiliante, était réservé aux esclaves, aux rebelles et aux grands criminels. Avant de le subir, le condamné devait recevoir la flagellation (Quinte-Curce, VII, 11, 28), porter la croix sur son dos jusqu’au lieu désigné pour l’exécution (Plutarque et Artémidore parlent de cette coutume dans divers endroits), ordinairement situé hors de la ville (Plaute, Miles gloriosus). Horace nous apprend que les Romains laissaient ordinairement le corps du supplicié attaché à la croix, où il devenait la pâture des oiseaux de proie.

Ce sont des soldats romains (Marc 15, 16, 20) qui procédèrent à la crucifixion de Jésus et c’est sur leur ordre que Simon de Cyrène dut porter la lourde traverse de bois que le condamné n’avait plus la force de soutenir (Matthieu 27, 32).

Ce supplice barbare fut aboli par l’empereur Constantin, et depuis lors on ne le vit plus apparaître que pour des cas exceptionnels. En 1127, le roi de France, Louis VI le Gros, fit mettre en croix Berthold qui avait assassiné Charles le Bon. Quelques hérétiques furent crucifiés la tête en bas ; mais en aucun temps le crucifiement ne fut rangé au nombre des peines afflictives officielles.

On dit traditionnellement que le bois de la mangeoire qui servit de berceau à Jésus et celui de la croix provenaient du même arbre.

Selon une autre légende, la croix du Christ était faite d’un pieu de cèdre et d’une traverse d’olivier.

En raison de la taille considérable de sa variété la plus connue, le cèdre du Liban, on a fait du cèdre un emblème de la grandeur, de la noblesse, de la force et de la pérennité. Comme tous les conifères, c’est un symbole d’immortalité. (Cedrus libani ou cèdre du Liban. Gymnosperme comme le Ginkobiloba, pinacées. Matériau de construction de bateau, répulsif de certains insectes.)

Mais il est plus encore, de par ses propriétés naturelles, un symbole d’incorruptibilité. C’est ce qu’exprime Origène, le théologien du IIe siècle, commentant le Cantique des Cantiques (1,17) : « Le cèdre ne pourrit pas ; faire de cèdre les poutres de nos demeures, c’est préserver l’âme de la corruption. »

Alors que le ver pénètre dans presque tous les bois, il ne ronge point le cèdre.

Les Égyptiens en faisaient des vaisseaux, des cercueils et des statues. Salomon fit construire la charpente du Temple de Jérusalem avec le cèdre fourni par le roi Hiram de Tyr et le palais royal, attenant au Temple, comportait une grande salle aux colonnes de cèdre.

Des statues grecques et romaines étaient en bois de cèdre considéré comme sacré. Grâce à son bois résineux, les Romains en faisaient aussi des torches odorantes.

Les Celtes embaumaient à la résine de cèdre les têtes les plus nobles parmi leurs ennemis.

Le Christ est parfois représenté au cœur d’un cèdre.

Jadis offert aux hommes par les dieux (dans la mythologie grecque, c’est la déesse Athéna qui en fit don à l’humanité), l’olivier est un symbole de fécondité, de paix, de force et d’immortalité.

Le rameau d’olivier que la colombe apporte dans son bec, pour annoncer la fin du déluge est un message de pardon, de paix recouvrée et de salut. Le rameau vert, aux feuilles coriaces, voire persistantes, symbolise la victoire de la vie.

Au cœur du Temple, dans le Saint des Saints, au-dessus des chérubins surmontant l’Arche, Salomon avait fait installer 2 chérubins supplémentaires immenses (aile longue de 2,28 m environ) en bois d’olivier recouvert d’or. (I Rois 6,23)

Colline d’une hauteur de 809 mètres située à l’est de Jérusalem, le mont des Oliviers, couvert de ces arbres, est le lieu où se produisit l’ascension du Christ, mais c’est dans le jardin de Gethsémani (le pressoir à huile) que le Christ passa sa dernière nuit avec ses disciples avant d’être arrêté.

Selon le prophète Zacharie, les pieds du Messie venant sur terre se poseront sur le mont des Oliviers avant qu’il entre à Jérusalem. Suivant cette prophétie, les Juifs ensevelissaient là leurs morts, et parfois venaient y mourir eux-mêmes, afin d’être certains d’y être enterrés. Le mont des Oliviers est l’un des plus importants lieux saints du judaïsme et du christianisme.

La couronne d’épines du Christ aurait été tressée d’épines d’acacia. L’arche d’alliance était faite de bois d’acacia plaqué d’or pur (Exode 37,1-4). Dans la pensée judéo-chrétienne, cet arbuste au bois dur, presque imputrescible, aux épines redoutables et aux fleurs de lait et de sang, est un symbole solaire de renaissance et d’immortalité. Guénon souligne que les rayons de la couronne d’épines sont ceux d’un soleil. Le symbole de l’acacia rejoint aussi l’idée d’initiation et de connaissance des choses secrètes.

La croix est le symbole de l’ensemble des religions chrétiennes, illustration de la mort physique du Christ, mais aussi un signe universel utilisé, sous différentes formes, depuis la plus haute Antiquité.

Symbole des grands axes du monde lorsqu’elle est verticale, et de l’orientation, de l’homme sur la Terre lorsqu’elle est horizontale (points cardinaux), la croix manifeste l’union des contraires ; son centre est un lieu idéal de rencontre physique et spirituelle, un principe de vie tel l’ankh égyptien, la croix ansée ou la croix celte.

Ce symbole représente à la fois le Christ et son sacrifice, puis l’expérience humaine réunissant toutes les épreuves de l’existence.

« Ainsi vous recevrez la force de comprendre, avec tous les saints, ce qui est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur. » (Éphésiens 3,18)

Le Christ affirme : « Qui ne se charge pas de sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. » (Matthieu 10,38-39)

Dans l’Église catholique, le chemin de Croix est un itinéraire, généralement inscrit sur les murs intérieurs d’un édifice, pour la méditation et le recueillement, à chacune des étapes, stations, du chemin suivi par le Christ de sa condamnation jusqu’à sa crucifixion sur le Golgotha (araméen goulgoutâ « crâne »). Le lieu du crâne (Matthieu 27,33) est aussi appelé calvaire (du latin calvaria « crâne »). Selon une légende, on y aurait découvert le crâne d’Adam (il y aurait été inhumé).

Le chemin de Croix a peut-être été inventé par saint Léonard de Port-Maurice, religieux franciscain à Rome (+ 1751), qui en fut, en tous cas, un ardent propagateur.

Sur les 14 stations du chemin de Croix, 8 sont mentionnées par les Évangiles.

Le chemin de Croix a été organisé par Clément XII (1731) et Benoît XIV (1742) :

1 Jésus est condamné à mort par Ponce Pilate.
2 Jésus est chargé de sa croix.
3 Jésus tombe pour la première fois.
4 Jésus rencontre sa mère.
5 Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix.
6 Véronique essuie le visage de Jésus.
7 Jésus tombe pour la deuxième fois.
8 Jésus console les femmes en pleurs.
9 Jésus tombe pour la troisième fois.
10 On dépouille Jésus de ses vêtements.
11 On cloue Jésus sur la croix.
12 Jésus meurt sur la croix.
13 On descend le corps de Jésus de la croix.
14 Jésus est mis au tombeau.

Stations proposées aujourd’hui :

1 Jésus au jardin des Oliviers.
2 Jésus est arrêté.
3 Jésus est condamné par le Sanhédrin.
4 Jésus est renié par Pierre.
5 Jésus est jugé par Pilate.
6 Jésus est flagellé et couronné d’épines.
7 Jésus est chargé de la croix.
8 Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix.
9 Jésus rencontre les femmes de Jérusalem.
10 Jésus est crucifié.
11 Jésus promet son Royaume au bon larron.
12 Jésus sur la croix, sa mère et son disciple.
13 Jésus meurt sur la croix.
14 Le corps de Jésus est déposé au sépulcre.

« Nous prêchons un Christ crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens » (I Corinthiens 1,23). Par ces mots, Paul exprime la réaction spontanée de tout homme mis en présence de la croix rédemptrice.

Le salut viendrait-il au monde gréco-romain par la crucifixion, ce supplice réservé aux esclaves (Philippiens 2,8), qui n’était pas seulement une mort cruelle, mais une honte ? (Hébreux 12,2 ; 13,13)

La rédemption serait-elle procurée aux juifs par un cadavre, cette impureté dont il fallait se débarrasser au plus tôt (Josué 10,26 ; 2 Samuel 21,9 ; Jean 19,31), par un condamné pendu au gibet et portant sur lui la marque de la malédiction divine ? (Deutéronome 21,22 ; Galates 3,13) Au Calvaire, les assistants avaient beau jeu de se gausser de lui, l’invitant à descendre de sa croix (Matthieu 27,39-44). Quant aux disciples, on peut prévoir leur réaction horrifiée. Pierre, qui pourtant venait de reconnaître en Jésus le Messie, ne pouvait tolérer l’annonce de sa souffrance et de sa mort (Mt 16,21 ; 17,22). Aussi, la veille de sa passion, Jésus annonce-t-il que tous seront scandalisés à son sujet (Mt 26,31).

Si Jésus et les disciples après lui, n’ont pas édulcoré le scandale de la croix, c’est qu’un mystère caché lui conférait un sens. Avant Pâques, Jésus était seul à en affirmer la nécessité, pour obéir à la volonté du Père (Mt 16,21). Après la Pentecôte, illuminés par la gloire du Ressuscité, ses disciples proclament cette nécessité à leur tour, situant le scandale de la Croix à sa vraie place dans le dessein de Dieu.

Si le Messie a été crucifié (Actes 2,23 ; 4,10), « pendu au bois » (5,30 ; 10,39) d’une manière scandaleuse (Deutéronome 21,23), ce fut sans doute à cause de la haine de ses frères. Mais, une fois éclairé par la prophétie, ce fait acquiert une nouvelle dimension : il accomplit « ce qui avait été écrit du Christ » (Ac 13,29). C’est pourquoi les récits évangéliques de la mort de Jésus renferment tant d’allusions aux Psaumes (Mt 29,33-60 ; Jean 19,24-28-36). « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? » (Luc 24,26), explique le Ressuscité aux pèlerins d’Emmaüs, car, conformément aux Ecritures :

« Vraiment ce sont nos souffrances qu’il portait, et nos douleurs dont il était chargé ; et nous, nous le regardions comme un puni, frappé de Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos péchés, broyé à cause de nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. (Isaïe 53,4-5)

« A cause des souffrances de son âme, il verra et se rassasiera. Par sa connaissance le juste, mon Serviteur, justifiera beaucoup d’hommes, et lui-même se chargera de leurs iniquités. C’est pourquoi je lui donnerai sa part parmi les grands ; il partagera le butin avec les forts. Parce qu’il a livré son âme à la mort et qu’il a été compté parmi les malfaiteurs ; et lui-même a porté la faute de beaucoup, et il intercédera pour les pécheurs. » (Isaïe 53,11-12)

Paul écrit que « le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures » (I Corinthiens 15,3). Reconnaissant dans la Croix la vraie sagesse, il ne veut connaître que Jésus crucifié. Par là en effet éclate la sagesse du dessein de Dieu, déjà annoncée dans l’Ancien Testament ; à travers la faiblesse de l’homme se manifeste la force de Dieu. Développant cette intuition fondamentale, Paul découvre un sens aux modalités mêmes de la crucifixion. Si Jésus fut « pendu à l’arbre », c’était pour nous racheter de la malédiction de la Loi (Galates 3,13). Son cadavre exposé sur la croix, « chair semblable à celle du péché », a permis à Dieu de « condamner le péché dans la chair » (Romains 8,3) ; la sentence de la Loi a été exécutée, mais en même temps Dieu « l’a supprimée en la clouant à la croix, et il a dépouillé les Puissances » (Colossiens 2,14). Ainsi, « par le sang de sa croix », Dieu s’est réconcilié tous les êtres ; supprimant les anciennes divisions causées par le péché, il a rétabli la paix et l’unité entre juifs et païens pour qu’ils ne forment plus qu’un seul Corps (Ephésiens 2,14-18). « Il s’abaissa lui-même, obéissant jusqu’à la mort et jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a surélevé afin que toute langue confesse que Jésus est Seigneur pour la gloire de Dieu le Père. » (Philippiens 2, 6-9)

Dans la pensée de Jean, la croix n’est plus simplement une souffrance, une humiliation : elle est déjà la gloire de Dieu anticipée. La tradition antérieure ne la mentionnait du reste jamais sans évoquer ensuite la glorification de Jésus. Mais pour Jean, c’est en elle que déjà Jésus triomphe. Reprenant pour la désigner le terme qui jusque-là notait l’exaltation de Jésus au ciel (Ac 2,33; 5,31), il y montre le moment où le Fils de l’homme est « élevé » (Jean 8,28 ; 12,32), tel un nouveau serpent d’airain, signe de salut (3,14 ; Nombres 21,4-9). Dans son récit de la Passion, on dirait que Jésus s’avance vers elle avec majesté. Il y monte triomphalement, car c’est là qu’il fonde son Église en « donnant l’Esprit » (Jn 19,30) et en laissant couler de son côté le sang et l’eau (19,34). Désormais il faut « regarder vers celui qu’on a transpercé » (19,37), car la foi s’adresse au crucifié, dont la croix est le signe vivant du salut. Dans le même esprit, il semble que l’Apocalypse ait vu à travers ce « bois » sauveur le bois de la vie, à travers l’arbre de la croix « l’arbre de vie » (Apocalypse 22,2-14-19). En révélant que les deux témoins avaient été martyrisés « là où le Christ fut crucifié » (Ap 11,8), l’Apocalypse identifie le sort des disciples et celui du Maître. C’est ce qu’exigeait déjà Jésus : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. » (Mt 16,24)

Le disciple ne doit pas seulement mourir à lui-même : la croix qu’il porte est le signe qu’il meurt au monde, qu’il a rompu tous ses liens naturels (Mt 10,33-39), qu’il accepte la condition de persécuté à qui peut-être on ôtera la vie (Mt 23,34). Mais du même coup, elle est aussi le signe de sa gloire anticipée (Jn 12,26).

La croix du Christ qui, selon Paul, séparait la Loi et la Foi, devient au cœur du chrétien la frontière entre les deux mondes de la chair et de l’esprit. Elle est sa seule justification et sa seule sagesse. S’il s’est converti, c’est parce qu’à ses yeux ont été dépeints les traits de Jésus-Christ en croix (Galates 3,1). S’il est justifié, ce n’est point par les œuvres de la Loi, mais par sa foi au Crucifié ; car il a été lui-même crucifié avec le Christ au baptême, si bien qu’il est mort à la Loi pour vivre à Dieu (Ga 2,19) et qu’il n’a plus rien à voir avec le monde (6,14). Aussi met-il sa confiance dans la seule force du Christ, sinon il se montrerait « ennemi de la Croix. » (Philippiens 3,18)

Dans la vie quotidienne du chrétien, « le vieil homme est crucifié » (Romains 6, 6), si bien qu’il est pleinement libéré du péché. Son jugement est transformé par la sagesse de la croix (I Corinthiens 2). Par cette sagesse, il deviendra, à l’exemple de Jésus, humble et « obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la Croix » (Philippiens 2, 1-8). Plus généralement, il doit contempler le « modèle » du Christ qui « sur le bois, a porté nos fautes dans son corps pour que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice » (I Pierre 2, 21-24). Enfin, s’il est vrai qu’il faut toujours redouter l’apostasie, qui l’amènerait à « crucifier de nouveau pour son compte le Fils de Dieu » (Hébreux 6, 6), il peut cependant s’écrier fièrement avec Paul :

« Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde. » (Galates 6, 14) (Vocabulaire de théologie biblique. Ed. du Cerf. 1977)

Dans son ouvrage « Sur l’incarnation du Logos », saint Athanase écrivait, vers 318, que le Logos est devenu homme afin que les hommes deviennent dieux. Le péché avait voué les hommes à une corruption dont l’aboutissement était la mort. En prenant une chair, le Logos a « récapitulé » en lui l’humanité tout entière et l’a revêtue de sa propre incorruptibilité. Le baptême permet à tout homme de participer à cette divinisation.

Le 14 septembre 335, l’évêque de Jérusalem montra pour la première fois à la foule le bois sacré de la Croix (hyposis). A la demande de l’empereur Constantin, les Pères décrétèrent la célébration annuelle de la dédicace des basiliques de Jérusalem et de l’Exaltation de la Croix.

La fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix ou de la Croix Glorieuse était répandue dans tout l’Orient dès le VIIe siècle. Progressivement, la fête sera célébrée dans toute l’Église romaine le 14 septembre.

La fête liturgique de l’Exaltation de la Sainte-Croix « nous invite à méditer sur le lien profond et indissoluble qui unit la célébration eucharistique et le mystère de la Croix. L’Eucharistie est donc la mémoire de tout le mystère pascal : passion, mort, descente aux enfers, résurrection et ascension. La croix est la manifestation touchante de l’acte d’amour infini par lequel le Fils de Dieu a sauvé l’homme et le monde du péché et de la mort. C’est pour cela que le signe de la Croix est le geste fondamental du chrétien. Faire le signe de la croix signifie prononcer un oui visible et public à Celui qui est mort pour nous et qui est ressuscité, un oui à Dieu qui dans l’unité et la faiblesse de son amour est omnipotent, plus fort que toute la puissance et l’intelligence du monde. Après la consécration, l’assemblée des fidèles, consciente d’être en présence réelle du Christ crucifié et ressuscité, acclame : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ». Avec les yeux de la foi la Communauté reconnaît Jésus vivant avec les signes de sa passion et, avec Thomas, rempli de stupeur, elle peut répéter : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20,28). L’Eucharistie est mystère de mort et de gloire comme la Croix, qui n’est pas un incident de parcours, c’est le chemin par lequel le Christ est entré dans sa gloire (cf. Luc 24, 26) et a réconcilié l’humanité tout entière, vainqueur de toute inimitié. C’est pour cela que la liturgie nous invite pour cela à prier plein d’espoir : « Mane nobiscum Domine ! Reste avec nous, Seigneur, toi qui par ta sainte Croix as sauvé le monde ! » Marie, présente sur le Calvaire près de la Croix, est présente comme Église et comme Mère de l’Église, dans chacune de nos célébrations eucharistiques (cf. Encyclique « Ecclesia de Eucharistia, 57). C’est pour cela que personne ne peut mieux qu’elle nous enseigner à comprendre et à vivre avec foi et amour la Messe, en nous unissant au sacrifice du Christ sauveur. Quand nous recevons la Communion, comme Marie et unis à elle, nous nous appuyons au bois que Jésus a transformé par son amour en instrument de salut, et nous disons « Amen », notre « oui » à l’Amour crucifié et ressuscité. » (Benoît XVI, 11 septembre 2005, Service de presse du Vatican)

1.6 Le Saint Calice Début de page

Le Saint Calice objet mystérieux symbole de la quête, il a alimenté les légendes et la littérature. Il est souvent plus connu avec l’appelation de : Le Graal ou Le saint Graal.

Jésus posséda un calice et l’utilisa lors de la Cène, avant d’en faire don à Joseph d’Arithamie. Ce dernier s’en servira quand la lance de Longinus a percé le flanc droit de Jésus lors de sa crucifixion, pour recueillir avec Le Saint Calice, le sang du Christ.

Notre littérature moderne tend à assimiler le graal au ventre fécond de la compagne de Jésus, qui a ainsi perpétué le sang du Christ en lui assurant une descendance.

Le Graal est perçu comme le secret légendaire, oublié et déformé par le temps.

Dans la littérature médiévale, le graal est plutôt vu comme une coupe, sans pour autant donner de grandes précisions quand à sa nature exacte. Dans sa première évocation littéraire, Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes (XIIe siècle, en vieux français), il est seulement dit que le Graal est orné de pierres précieuses.

Si le Saint Calice est bien une coupe, il aurait peut-être l’apparence de la coupe de Valence.

Ce calice aragonais à une longue histoire, et d’après des croyances, il serait celui-là même qui a servi à Jésus durant la Cène. Une légende des templiers veut que cette coupe soit issue de la pierre verte gravée, qui été a détachée du front de l’Ange déchu par l’Archange Saint Michel. Il en fut fait une coupe, un matras, pour que, sur un étrange athanor, s’accomplisse au double bénéfice de l’Homme, la double transmutation spirituelle et matérielle.

Voir : Arthur et le saint Graal

1.7 La stèle de Ponce Pilate Début de page

Nos principales sources sont deux historiens du premier siècle, Flavius Josèphe (dans son Histoire ancienne des Juifs et La guerre des Juifs contre les Romains) et Philon de Judée (dans L’ambassade à Gaius). Pilate est brièvement mentionné par Tacite dans ses Annales de la Rome impériale. Il y a des témoignages archéologiques de l’existence de Pilate sous forme de pièces de monnaie palestiniennes de l’époque, ainsi qu’une stèle portant une inscription à son nom trouvée à Césarée, quartier général des procurateurs romains de Judée.

L’existence du « gouverneur » Ponce Pilate a été confirmée en 1961, lorsque des archéologues italiens fouillèrent la ville de Césarée maritime. Cette cité avait été construite sur la Méditerranée par le roi Hérode le Grand au service de l’occupant romain. Au cours de ces fouilles, les chercheurs y déterrèrent parmi les blocs d’un ancien théâtre, une dalle de calcaire gravée qui portait l’inscription latine suivante :

Tiberieum Pontius Pilatus Prefectus Iudea ; A Tibère Ponce Pilate Préfet de Judée

Conservée au musée de Tell-Aviv, cette pierre a fait l’objet d’une copie, qui a été installée à Césarée à l’emplacement de l’originale. Il est intéressant de remarquer que l’administrateur Ponce Pilate est cité par un auteur romain plus récent, Tacite (55-120 env.), qui lui donne le titre de procurateur. La présente inscription « rétablit » Pilate dans sa fonction de préfet ; en effet le titre de préfet disparut dans la deuxième moitié du premier siècle, remplacé par celui de procurateur. Les Évangiles, de leur côté, emploient le terme moins précis de gouverneur.

2. Doute historique
2.1 Pour l’Islam, Issa n’a pas été crucifié Début de page

« Ils disent : Nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’Apôtre de Dieu. Non, ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié ; un autre individu qui lui ressemblait (un faux semblant) lui fut substitué, et ceux qui disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute. Ils n’en avaient pas de connaissance précise, ce n’était qu’une supposition. Ils ne l’ont point tué réellement... » (Coran IV, 156, traduit par Kasimirski)

«  ...Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d’Allah... Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux semblant ! Ét ceux qui ont discuté sur son sujet sont vraiment dans l’incertitude : ils n’en ont aucune connaissance certaine, ils ne font que suivre des conjectures et ils ne l’ont certainement pas tué, mais Allah l’a élevé vers Lui. Ét Allah est Puissant et Sage. » (Coran IV,157-158)

Jésus aurait fondé une famille et vécu très âgé. A Srinagar au Cachemire, on fait visiter sa tombe. L’islam s’est-il inspiré de l’hérésie docétiste ? Le docétisme affirmait que Jésus-Christ n’avait eu que l’apparence d’un corps. Certains docétistes niaient la nature humaine du Christ, alors que d’autres admettaient son incarnation mais non ses souffrances, prétendant qu’il avait persuadé l’un de ses disciples (Judas ou Simon) de prendre sa place sur la croix ; d’autres encore lui attribuaient un corps céleste incapable de connaître les souffrances humaines.

A la fin du Ier siècle : Cérinthe, hérétique judéo-chrétien, enseignait en Asie Mineure que le monde est l’œuvre d’une puissance étrangère au Dieu suprême, le Dieu inconnu, que Jésus n’était qu’un homme, né de Joseph et de Marie, que l’Ésprit descendit sur lui lors du baptême dans le Jourdain mais le quitta avant la Passion. La secte d’Ébion (les ébionites ou ébioniens, végétariens aux mœurs austères) et les théodotiens (de Théodote) niaient également la divinité de Jésus. Les alogiens ou aloges (les hommes « sans verbe ») niaient que Jésus-Christ soit le Verbe éternel. Les proclianites disaient que le Christ ne s’était pas incarné.

Dans ses Antiquités judaïques, livre XVIII, chapitre V, Flavius Josèphe écrit vers 93-94, dans un court passage (dont l’authenticité est contestée) qu’ « en ce temps-là (c’est-à-dire au temps de Pilate), était Jésus, homme sage, si toutefois il faut l’appeler homme, car il faisait beaucoup de merveilles. Il enseignait la vérité à ceux qui prenaient plaisir d’en être instruits ; et il attira à lui beaucoup de juifs et même de gentils : il était le Christ. Il fut accusé devant Pilate par les principaux de notre nation, et Pilate le fit crucifier. Ceux qui l’avaient aimé auparavant ne cessèrent pas de l’aimer, parce que, trois jours après, il se fit voir à eux de nouveau vivant. Les saints prophètes avaient prédit ces choses de lui et plusieurs autres merveilles, et la secte des chrétiens, qui de lui a pris son nom, subsiste encore à présent. »

2.2 Le Calvaire et le Saint-Sépulcre Début de page

Le Calvaire

Le Calvaire est le lieu et le moment où se concentre toute l’œuvre du Christ et où il répond à toutes les interrogations humaines. Ses dernières paroles en développent le sens jusqu’à l’instant ultime où il remet son souffle à son Père, il lui remet sa vie avec une confiance si totale, qu’il déchire tous les liens que les hommes ont avec le mal et la mort : l’égoïsme, la jalousie, la violence, la vengeance.

Les sept paroles du Christ sur la croix :

Ce soir même tu seras avec moi dans le Paradis.
Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.
Femme, voici ton fils.
Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
J’ai soif.
Tout est achevé.
Père, entre tes mains je remets mon esprit.

Au temps du Christ le rocher du Calvaire, ou « Golgotha », est devenu un gibet où sont fixés les ceps, poteaux verticaux sur lesquels sont haussées les poutres transversale qu’on appelle « patibulum ». Cette espace dominait un fossé qui bordait les remparts de la ville. En raison des règles établies par le livre des nombres, les juifs ne pouvaient accepter l’impureté des cadavres suppliciés à l’intérieur de la ville sainte. Au flanc du rocher on avait aménagé une nécropole qui accueillait des sépultures publiques et privées pour les riches.

Lorsque l’empereur romain Hadrien reprima la seconde révolte des Juifs, il entreprit d’agrandir Jérusalem et d’en faire en 135 la ville romaine d’Aelia Capitolina. Le Calvaire se trouva donc inclus à l’intérieur des nouveaux remparts. L’empereur voulut établir un grand forum et couvrit à cet effet le Calvaire et le tombeau du christ par une épaisse couche de terre au dessus de laquelle se dressèrent rapidement les Temples de Venus et de Cupidon. Bien qu’il ne pussent pénétrer dans la demeure des idoles, les Chrétiens gardaient en mémoire la localisation des lieux saints.

La basilique du Saint-Sépulcre

Quand la mère de l’empereur Constantin se rendit à Jérusalem, elle aida Macaire, l’évêque de la ville, à retrouver le Calvaire et le Saint Sépulcre. Une fois celui-ci dégagé, l’empereur fit construire une rotonde autour du tombeau du Christ, un atrium à portiques reliant le Sépulcre au rocher du Golgotha et enfin une église basilicale au dessus du lieu du supplice.

La construction de la première basilique du Saint-Sépulcre commença en 326, sur l’ordre de l’empereur Constantin. Elle fut érigée à l’endroit d’un temple et d’un sanctuaire romains du IIe siècle qui, selon la tradition locale, se dressaient sur le lieu même où Jésus avait été crucifié et enterré. Lorsque les édifices romains furent démolis, plusieurs tombes taillées dans le roc furent découvertes. L’une d’elles fut identifiée comme étant celle de Joseph d’Arimathie. Le soubassement en pente fut taillé autour de cette tombe afin de dégager une plate-forme en saillie à l’endroit de l’actuel Édicule.

Il ne reste pas grand chose de l’édifice byzantin d’origine qui fut incendié et pillé par les Perses en 614, partiellement rebâti par le patriarche Modeste, endommagé par un tremblement de terre en 808, et démoli en 1009 sur ordre du calife fâtimide al-Hakim. Une partie fut reconstruite par l’empereur byzantin Constantin Monomaque en 1048, mais, pour l’essentiel, le bâtiment actuel est le résultat d’une reconstruction par les croisés au XIIe siècle ainsi que de rénovations ultérieures. Les travaux de restauration et de préservation les plus récents ont commencé en 1959 et ne sont pas encore achevés. L’actuel édifice comprend la moitié du site de l’église byzantine d’origine, et seule la rotonde reprend approximativement la forme et le plan d’origine du IVe siècle.

Depuis les croisades, l’enceinte et le bâtiment de la basilique du Saint-Sépulcre appartiennent à trois grandes confessions : les grecs-orthodoxes, les orthodoxes arméniens et les catholiques romains (latins). D’autres communautés orthodoxes - les coptes d’Égypte, les éthiopiens et les syriens - détiennent également certains droits et des titres de propriété dans le bâtiment ou autour. Les droits et privilèges de toutes ces communautés sont protégés par le Statu quo sur les lieux saints (1852), garanti par l’article LXII du traité de Berlin (1878).

Après le tremblement de terre de 1927, l’autorité politique en place (conformément aux dispositions du Statu quo) dut intervenir pour réaliser des réparations urgentes. Une telle intervention n’a plus été nécessaire à partir de 1959, lorsque les trois communautés principales ont institué un Bureau technique conjoint.

Certains problèmes demeurent cependant sans solution, entre autres, le conflit perpétuel entre les orthodoxes coptes et éthiopiens concernant les titres de propriété de la chapelle des Ethiopiens (située sur le toit de la chapelle de Sainte-Hélène). Depuis le début du conflit, le gouvernement Israélien (en tant qu’autorité politique) a choisi de ne pas intervenir, dans l’espoir que les deux communautés résoudront la question entre elles.

Depuis 1959, les travaux permettent à l’édifice de retrouver son antique splendeur. Toutes les confessions chrétiennes ont chacune la garde d’une partie de l’édifice.

Plan de Jérusalem au XIIe siècle
Plan de Jérusalem au XIIe siècle – Descriptio civitatis Jherusalem
On remarque notamment, dans le coin inférieur gauche,
le Calvaire ou Golgotha et, au-dessous, la rotonde du Saint-Sépulcre.

2.3 La tombe perdue de Jésus Début de page

Il n’existe que deux possibilités :

- soit ce tombeau appartient à la famille de Jésus de Nazareth, nous disposons alors de maints indices matériels de l’historicité de Jésus.
- soit ce tombeau concerne une famille quelconque de Jérusalem du 1er siècle, nous n’avons alors aucun indice matériel de Jésus et de sa tombe.

Que vous soyez chrétien ou non, ce sujet ne laissera personne indifférent.

Ossuaire de Yeshua bar Yosef
Ossuaire IAA 80/503 : Yeshua bar Yosef
Dimensions : Longueur 58 cm ; Hauteur 30,5 cm ; largeur 35,5 cm
Israël Autorité Antiquités – Musée de Jérusalem

En 1980, dans le quartier de Talpiot à Jérusalem, au cours de travaux de terrassement pour la construction d’un ensemble immobilier, est découverte une tombe contenant dix ossuaires en calcaire de nâri (calcaire tendre) dont six portent les noms de « Yeshua bar Yosef » (Jésus fils de Joseph en araméen), de « Yehuda bar Yeshua » (Judah fils de Jésus ; cet ossuaire d’enfant est vide), de « Maria » (nom latin écrit en hébreu), de « Mariamne e Mara » (Mariamene maîtresse, seule inscription écrite en grec), de « Matia » (Matthieu, écrit en hébreu) et de « Yose ou Yosa » (José diminutif de Joseph, écrit en hébreu).

A la fin des fouilles en 1980 qui durent trois jours, tous ces ossuaires ont été amenés à l’entrepôt de l’Autorité des Antiquités Israéliennes, mais seulement 9 seront enregistrés. Un ossuaire, le IAA 80/509, disparaît mystérieusement.

Puis, en octobre 2002, les média révèlent que, dans la collection privée d’un israélien Oded Golan, un collectionneur d’antiquités de Tel-Aviv, détient un ossuaire avec l’inscription « Jacques fils de Joseph, frère de Jésus ». Sa découverte a fait grand bruit, car il était considéré comme la première trace archéologique de la famille de Jésus. L’ossuaire a été exposé à Toronto, puis soudainement il y a eu un retournement de situation : Oded Golan fut accusé de falsification, et l’ossuaire a été oublié.

S’il s’agit des restes de Jacques le Mineur ou le Juste [le « frère du Seigneur » nommé dans l’épître aux Galates (1, 18-19), confondu avec Jacques le fils d’Alphée, l’un des douze apôtres, ou identifié à lui], chef de l’Église de Jérusalem (peut-être le premier évêque) et auteur de l’Épître de Jacques, qui réunit le « concile » de Jérusalem en 49 et fut lapidé (achevé à coup de bâton de foulon) en 62, après avoir été précipité du haut du Temple (selon Hégésippe), le débat sur la virginité de Marie et sur la fratrie de Jésus risque d’être relancé.

Flavius Josèphe nous a conservé le récit de sa mort (Antiquités judaïques, XX) : le grand prêtre Hanan II aurait profité de l’intervalle entre la mort du procurateur Festus et la nomination de son successeur pour le faire lapider, en 62.

D’aucuns n’y voient qu’une coïncidence, estimant que ces prénoms étaient très répandus.

De plus, certains spécialistes, se basant sur des différences dans la gravure de l’inscription, trouvent que les mots « frère de Jésus » sont postérieurs aux autres.

En juin 2003, un comité d’experts archéologues israéliens conclut à un faux et le 25 juillet 2003, le vendeur (qui n’en est pas à son premier faux) est arrêté.

Il apparaît néanmoins que la partie de l’inscription « Jacques fils de Joseph » est authentique. En outre, des analyses chimiques démontrent que cet ossuaire est bien l’ossuaire manquant parce que sa patine (dépôt de sédiments) étant identique à celle de l’ossuaire de Mariamene, il provient bien de la même tombe.

Le 26 février 2007, lors d’une conférence de presse donnée dans la Bibliothèque publique de New York pour présenter le documentaire intitulé « The Lost Tomb of Jesus » (La tombe perdue de Jésus) réalisé par le documentariste israélo-canadien Simcha Jacobinisme, et le livre « La tombe de la famille Jésus », le producteur James Cameron pose à côté d’un ossuaire qu’il présente comme étant celui ayant contenu les restes de Jésus, ce qui implique qu’il n’y a eu ni Résurrection, ni Ascension du Christ (à moins qu’elle ne fût purement spirituelle).

L’ADN mitochondrial du contenu des ossuaires « Jésus fils de Joseph » et « Mariamene Mara » démontrant qu’ils n’ont pas eu la même mère et la présence dans une même tombe supposant un lien familial, le film avance que Jésus et Marie-Madeleine [le professeur François Bovon de Harvard a découvert, d’après des écrits du IVe siècle, que « Mariamene » (Petite Marie en grec) était le surnom de Marie-Madeleine] étaient mariés et en déduit que « Judah fils de Jésus » était leur fils.

Pour Amos Kloner, professeur au Département d’archéologie et d’études sur la terre d’Israël de l’université Bar-Ilan, près de Tel Aviv, « Les noms trouvés dans la tombe étaient à l’époque parmi les plus répandus dans tout le pays (...) c’est tout simplement un tombeau juif du premier siècle après Jésus Christ (...) Je n’accepte pas l’idée que la famille de Miriam et Yosef, les parents de Jésus, aient eu un tombeau familial à Jérusalem. C’était une famille très pauvre. Ils habitaient Nazareth, ils sont venus à Bethléem pour que la naissance ait lieu là, donc je ne l’accepte pas, ni au plan historique, ni au plan archéologique ».

Le docteur Shimon Gibson, archéologue ayant pris part à la mise au jour de la tombe, déclare à l’agence Reuters éprouver un certain scepticisme quant au fait que cette tombe ait bien appartenu à la famille de Jésus mais estimer que cela méritait néanmoins une enquête approfondie.

Le professeur L. Michael White, de l’université du Texas, trouve l’histoire peu vraisemblable.

Pour le professeur d’anthropologie biblique Joe Zias :

« Cela n’a rien à voir avec Jésus. On le connaissait comme Jésus de Nazareth, pas Jésus de Jérusalem, et si la famille était assez riche pour s’offrir une tombe, ce qu’elle n’était probablement pas, elle aurait été à Nazareth, pas ici à Jérusalem ».

Jean-Sylvain Caillou, archéologue et auteur d’une thèse sur les tombes de Palestine, s’interroge :

« Si les cinéastes avaient les moyens de pratiquer des tests ADN, pourquoi n’ont-ils pas systématiquement tenté de retrouver les liens familiaux entre toutes ces personnes ce qui nous éclairerait vraiment ? Et pourquoi n’avoir pas parlé à cette conférence de presse de l’âge des morts que l’on peut déterminer d’après leurs ossements ? »

Stephen Pfann, spécialiste de la Bible à l’université de Jérusalem, pourtant interviewé dans le documentaire, n’est même pas certain que le nom « Jésus » sur l’ossuaire ait été lu correctement, l’écriture sémite ancienne (araméen) étant très difficile à déchiffrer : il pense que le nom pourrait être : « Hanun ».

Ossuaire de Mariamne e Mara
Ossuaire IAA 80/500 : Mariamne e Mara

Andrey Feuerverger, professeur de mathématiques à l’Université de Toronto, a calculé qu’il y a une chance sur 30 000 que la tombe n’ait pas été celle de Jésus de Nazareth. L’étude mathématiques porte sur la probabilité statistique de trouver une tombe contenant des ossuaires avec six des noms des parents et frères de Jésus, mais un septième nom chargerait tout ;

Ossuaire IAA 80/500 : « Mariamne e Mara » (Mariamene maîtresse ; seule inscription écrite en grec),
Ossuaire IAA 80/501 : « Yehuda bar Yeshua » (Judah fils de Jésus ; inscription écrite en araméen ; cet ossuaire d’enfant est vide),
Ossuaire IAA 80/502 : « Matia » (Matthieu ; inscription écrite en hébreu)
Ossuaire IAA 80/503 : « Yeshua bar Yosef » (Jésus fils de Joseph ; inscription écrite en araméen),
Ossuaire IAA 80/504 : « Yose » ou « Yosa »(José diminutif de Joseph ; inscription écrite en hébreu),
Ossuaire IAA 80/505 : « Maria » (nom latin ; inscription écrite en hébreu),

Ossuaire IAA 80/506 : sans inscription, ni décoration,
Ossuaire IAA 80/507 : sans inscription, ni décoration,
Ossuaire IAA 80/508 : sans inscription, ni décoration,

Ossuaire IAA 80/509 : ayant disparu de l’entrepôt de l’Autorité des Antiquités Israéliennes, inscriptions et décorations ne peuvent être vérifiées. Mais après enquêtes, saisie et expertises cet ossuaire porte en realité : « Yakov bar Yosef ahui di Yeshua » (Jacques fils de Joseph, frère de Jésus ; inscription écrite en araméen).

L’épigraphiste André Lemaire a examiné le style de l’écriture et la grammaire, d’autres professeurs ont analysé la patine, le mince dépôt développé au fil des siècles sur les parois, pour constater que l’ossuaire était authentique. L’ossuaire de Jacques, n’est-il pas l’ossuaire manquant du tombeau de Talpiot ? Si cela est le cas, selon l’équipe de Monsieur Simcha, la probabilité serait 50 fois plus élevé et prouverait « de manière irréfutable que cette sépulture était celle de Jésus ».

Inscription Yakov bar Yosef ahui di Yeshua
Inscription : Jacques fils de Joseph, frère de Jésus
Ossuaire IAA 80/509 : Yakov bar Yosef ahui di Yeshua

Comme il n’est pas possible de prendre en compte la population au complet indigène de l’époque, Andrey Feuerverger n’a retenu la population des personnes mortes de la Palestine qui ont été enterrées dans un ossuaire :

« Nous prenons seulement les morts parce que nous savons que Jésus est mort, dit le statisticien. Et nous avons fait l’hypothèse qu’il a été mis dans un ossuaire par ses disciples, même s’il venait d’une famille pauvre, à cause de son importance. La tradition des ossuaires n’a duré qu’une centaine d’années, jusqu’à la destruction du Temple en l’an 70. Environ un millier de tombes contenant des ossuaires ont été identifiées, et les experts pensent qu’il y en aurait 2000 en tout. Nous avons estimé qu’il y avait une moyenne de six personnes par tombe. C’est sûr que si on se rend compte qu’il y en a 40 000, mes calculs ne veulent plus dire grand-chose. » (Cité par Mathieu Perreault, La Presse)

Steve Mason, sémiologue de l’Université de Toronto, conteste l’affirmation selon laquelle il n’y a eu des ossuaires que pendant un siècle :

« Cette idée est colportée à gauche et à droite depuis l’affaire de l’ossuaire de Jacques, le frère de Jésus, qui a été exposé au Musée royal de l’Ontario, à Toronto, en 2002, dit M. Mason. Mais c’est complètement sans fondement. Tout indique qu’il y a eu des ossuaires en Palestine à partir du troisième siècle avant Jésus-Christ. » (Cité par Mathieu Perreault, La Presse)

Les chrétiens romains et orthodoxes croient que le tombeau du Christ se trouve sous l’église du Saint-Sépulcre, en haut de la Via Dolorosa, tandis que les protestants le situent plus au nord, hors des murs de la vieille Jérusalem, au Jardin de la Tombe placé sous la responsabilité de l’Église anglicane.

« Cette tombe dérange, a confié le réalisateur du documentaire, parce qu’elle doit être trop chrétienne pour les juifs, et trop juive pour les chrétiens. »

Cette tombe dérange pour plusieurs raisons, découvrir une autre possibilité de sépulture de Jésus-Christ discrédite les tombes antérieurs qui elles non plus, je le rappelle, possèdent aucune preuve irréfutable d’être la sépulture de Jésus-Christ. Le mot « Évangile » qui est employé dans le Nouveau Testament vient du grec et signifie « bonne nouvelle » et non pas vérité ou vérité philosophique et encore moins réalité. Cette tombe, si elle est authentique, remet en question les Écrits canoniques du IVe siècle.

Au XXIème siècle ont possède les moyens d’études suffisants pour valider une découverte archéologique, c’est quand même un comble de savoir plus de choses sur l’Égypte antique jusqu’à 3 500 ans avant J-C, que sur les Chrétiens du premier et deuxième siècle de notre ère. Le fait est que les Juifs contemporains de Jésus de Nazareth et un peu plus tard l’Église Romaine, ces deux communautés se sont évertuées à faire disparaître toutes traces qui leur paraissaient l’ineffable pour elles. C’est toujours par pur hasard quand on découvre des objets de cette époque concernant ce sujet.

Le symbolisme de ce tombeau reste inexpliqué. Les symboles sont des choses changeantes, le chevron et le cercle trouvés sur « Le Tombeau des Dix ossuaires » est un travail certain pour de futurs historiens. Le symbole en question est sans précédent, mais il est employé aujourd’hui comme marque diacritique par les typographes modernes. Rien à voir avec ces propos. Il est employé également en astrologie pour désigner une chose appelé la quadruplicité ou la qualité de la cardinalité. Et bien que l’astrologie date de plus de 6 000 ans, le symbole de quadruplicité n’a pas été employé du moins, à part de façon moderne, aucune aide là non plus.

Tombe de Talpiot - Jérusalem 1980
La Tombe de Talpiot - Jérusalem 1980

2.4 Jésus Christ est également cité Début de page

- Flavius Josèphe qui écrit, vers 93-94, dans ses Antiquités judaïques (livre XVIII, chapitre V), ce passage (dont l’authenticité est contestée) : « En ce temps-là (c’est-à-dire au temps de Pilate), était Jésus, homme sage, si toutefois il faut l’appeler homme, car il faisait beaucoup de merveilles. Il enseignait la vérité à ceux qui prenaient plaisir d’en être instruits ; et il attira à lui beaucoup de juifs et même de gentils : il était le Christ. Il fut accusé devant Pilate par les principaux de notre nation, et Pilate le fit crucifier. Ceux qui l’avaient aimé auparavant ne cessèrent pas de l’aimer, parce que, trois jours après, il se fit voir à eux de nouveau vivant. Les saints prophètes avaient prédit ces choses de lui et plusieurs autres merveilles, et la secte des chrétiens, qui de lui a pris son nom, subsiste encore à présent. »

- Pline le Jeune (Lettre à l’empereur Trajan), préfet d’Asie Mineure, qui informe Rome vers 112 de mesures prises contre les disciples de Jésus « qui chantent entre eux un hymne à Christ comme à un dieu ».

- L’historien Tacite qui, dans ses Annales (15,44), raconte vers 116 que Néron, à la suite de l’incendie de Rome, fit mettre à mort un grand nombre de chrétiens, « une immense multitude » et que « leur trépas fut monté en divertissement ». Les uns couverts de peaux de fauves furent déchirés par des chiens ; d’autres, suspendus à des croix, servirent pendant la nuit de torches vivantes. « Bien que ces gens aient été présentés comme des criminels, on se prenait de compassion pour eux, en voyant qu’ils étaient immolés, non pour le bien public, mais par la cruauté d’un seul homme ». Tacite explique que les gens de cette secte « à la détestable superstition » sont appelés « chrétiens, du nom d’un certain Christ, qui, sous le règne de Tibère, fut condamné au supplice par le procurateur Ponce Pilate (auctor nominis ejus Christus Tiberio imperitante per procuratorem Pontium Pilatum supplicio affectus erat). »

- Suétone qui, dans sa Vie de l’empereur Claude, relate vers 120 que Claude « chassa de Rome les juifs qui s’agitaient continuellement d’après les excitations de Chrestus (Judaeos impulsore Chresto assidue tumultuantes Roma expulit).

- Le Talmud de Babylone (Sanhédrin, 43a) du IVème siècle, qui indique : « La tradition rapporte : la veille de Pâques, on a pendu (ndlr : pendu ou suspendu, c’est-à-dire crucifié) Jésus. Un héraut marcha devant lui pendant quarante jours, disant : « Il sera lapidé parce qu’il a pratiqué la magie et trompé et égaré Israël. Que ceux qui connaissent le moyen de le défendre viennent et témoignent en sa faveur. » Mais on ne trouva personne qui témoignât en sa faveur et on le pendit la veille de pâques. »

- L’édition de Bâle (1578-1580) du Talmud qui n’offre sur Jésus qu’un seul passage considéré comme historique : la procédure suivie contre le séducteur « mésith » qui cherche à porter atteinte à la pureté de la religion. Quand un homme est accusé de séduction, on aposte deux témoins que l’on cache derrière une cloison ; on s’arrange pour attirer le prévenu dans une chambre contiguë, où il puisse être entendu de deux témoins sans que lui-même les aperçoive. Alors on lui fait répéter son blasphème. On l’engage à se rétracter. S’il persiste, les témoins qui l’ont entendu l’amènent au tribunal. Le Talmud indique qu’on a agi ainsi envers Jésus et qu’il fut condamné sur la foi de deux témoins qui avaient été apostés.

2.5 Les douze disciples Apôtres de Jésus Début de page

Apôtre vient du Grec apostolos qui désigne couramment l’accomplissement d’une mission, ou les lettres décrivant cette mission.

Curieusement dans le Nouveau Testament, les douze apôtres ne portent pas toujours le même nom, et ne sont pas toujours douze. C’est à croire, si je peux dire, que les rédacteurs de ce texte qui date du IVème siècle, manque d’homothétique , quel comble pour un synoptique, qui de plus est, canonique.

Voici la liste non exhaustive la plus usitée des noms des douze Apôtres :

Simon, appelé Pierre ; fils de Jonas, dit Simon-Pierre, appelé Kepha (Pierre) par Jésus.

André, frère de Simon ; les Actes d’André primitivement rédigés en grec entre 150 et 200, sans doute à Alexandrie, constituent une œuvre originale indépendante, mais ils ne nous sont pas parvenus intégralement.

Jacques, dit le Majeur ; fils de Zébédée et de Marie-Salomé la Myrophore, auxquels il donna le nom de Boanergès « fils du tonnerre ».

Jean, frère de Jacques ; son père s’appelle Zébédée, sa mère est Marie-Salomé et il a pour frère un autre apôtre, Jacques le Majeur.

Philippe ; fut l’un des douze apôtres accompagnant Jésus ; on lui attribue la rédaction de l’Évangile selon Philippe.

Barthélemy ; (Bar Tolomaï « fils de Tolomaï ») que Jean, dans son évangile, nomme « Nathanaël, l’Israélite en qui il n’y a pas de ruse ».

Thomas, Didyme Jude Thomas ; son nom signifie jumeau en araméen, tout comme son surnom Didyme, qui en est la traduction grecque.

Matthieu, le publicain ; de son nom Lévi, il était publicain (percepteur des impôts) à Capharnaüm, employé au péage d’Hérode.

Jacques ¹, fils d’Alphée ; Le nom Alphée, en grec Alphaios, de l’araméen alpay ; on lui attribue la rédaction de l’Épître de Jacques.

Thaddée ou Jude, fils de Jacques ; Thaddée étant peut-être un surnom, désigné sous la forme dérivée Addaï dans la version syriaque des Actes de Thaddée. Il est cité dans quelques manuscrits dont le codex Bezae sous le nom de Lebbée de l’hébreu libbay, « courageux », devenu Tadday. Le nom Thaddée est rapporté à l’araméen tadday, « à la mamelle ».

Simon le « Cananéen » (ou Cananite) indiquant son pays d’origine ; surnommé aussi le « Zélote » par son appartenance à un groupe spirituel.

Judas Iscariote ; c’est lui qui livrera Jésus aux grands prêtres Juifs de Jérusalem, ceux-ci demandèrent la condamnation de Jésus à Ponce Pilate.


 ¹ Jacques le mineur est assimilé soit à Jacques le Juste qui est l’un des « frères de Jésus » ou soit à Jacques d’Alphée.

2.6 Bibliographie Début de page





3. Textes et Éncartés

3.1 Table des matières des sujets Début de page

Acta Pilati - Actes de Pilate ou Évangile de Nicodème – Apocryphe Copte
L’Apocryphon de Jean – Apocryphe Copte
Authentikos Logos – Apocryphe Copte
Évangile de Judas – Apocryphe Copte
Évangile de Marie – Apocryphe Copte
Évangile de Philippe – Apocryphe Copte
Évangile de Pierre – Apocryphe Grec
Évangile de Thomas – Apocryphe Copte
Fragment du Discours Parfait – Apocryphe Copte
La Lettre de Pierre à Philippe – Apocryphe Copte
L’Épître Apocryphe de Jacques – Apocryphe Copte
Le Protévangile de Jacques – Apocryphe Égyptien ou de l’Asie Mineure

Les anges et les démons judéo-chrétien et islamique
Manuscrits Coptes de Nag Hammadi et d’autres Bibliothèques – Apocryphes Coptes
Marie de Magdala dite Marie-Madeleine


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Jean-Paul Decoeurtyte Début de page
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