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Sujet Archéologie Date 10-06-2007
Titre Le devoir de réserve envers les Ossuaires Section Homo Sapiens
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Sommaire

1. Le devoir de réserve envers les Ossuaires
1.1 L’ossuaire de Jacques, le frère de Jésus ?
1.2 L’usage des ossuaires dans les sépultures juives
1.3 La signification de l’inscription
1.4 Les « frères » de Jésus
1.5 La sépulture de Jacques le Juste
1.6 Une explication
1.7 Épilogue
1.8 Notes
2. Bibliographie
3. Textes et Encartés
3.1 Table des matières des sujets


Avant-propos


Malik - Infologisme.com


1. Le devoir de réserve envers les Ossuaires
1.1 L’ossuaire de Jacques, le frère de Jésus ? Début de page

On a donné large publicité, ces derniers mois, à la découverte d’un ossuaire portant une inscription araméenne : « Jacques fils de Joseph, le frère de Jésus ». On a repris à cette occasion la conclusion de l’éditeur qui a eu accès à l’objet chez un antiquaire israélien (anonyme, en fait Golan Oded) l’ayant lui-même acquis auprès d’un antiquaire palestinien, selon laquelle cette inscription et cet ossuaire « datent approximativement de 63 A.D. et qu’il s’agit très probablement de Jacques, le frère de Jésus ». 1

La précision étonnante de cette affirmation, qui fait appel à l’identification de Jacques, premier évêque de Jérusalem, lapidé et exécuté en 62, dépasse certainement les pures données archéologiques et épigraphiques, comme l’ont immédiatement fait remarquer nombre d’autres chercheurs, israéliens y compris.

S’agit-il bien de Jacques, fils de Joseph époux de Marie, et frère (de sang) de Jésus de Nazareth ?

L’authenticité de l’objet peut difficilement être mise en cause. On connaît en effet des milliers d’ossuaires, et les analyses du laboratoire de géologie d’Israël ont montré l’ancienneté de la patine sur l’objet comme sur les incisions des lettres. Certains ont pu prétendre récemment à des ajouts postérieurs, ce qui est loin d’être prouvé. Un même scribe a gravé l’inscription en entier.

Ossuaire de Yakov bar Yosef ahui di Yeshua
Ossuaire IAA 80/509 : Yakov bar Yosef ahui di Yeshua

1.2 L’usage des ossuaires dans les sépultures juives Début de page

La pratique funéraire des juifs de l’époque ne se limitait certes pas à l’usage des ossuaires. On utilisait aussi des sarcophages, quelques-uns même inscrits, mais la coutume des ossuaires s’était répandue depuis l’époque hérodienne dans le Ier siècle avant J-C jusque dans le IIe siècle après, avec la plus grande fréquence pendant le Ier siècle de notre ère. Ceci peut être prouvé sur au moins trois générations avant la chute de Jérusalem en 70, donc environ sur un siècle au moins.

Il est intéressant de noter que cet usage semble coïncider avec la conception de la croyance en la vie future de l’Ecole pharisienne de Shammaï, dès le dernier tiers du 1er siècle avant notre ère, comme je l’ai montré ailleurs. 2 Cette école de pensée se faisait un devoir de conserver dans une boîte indestructible en vue de la résurrection les ossements du défunt un an environ après la première inhumation, et cela dans un état de pureté maximale après la purification par la décomposition de la chair (de péché) dans la terre d’Israël. Un ossuaire pouvait contenir les ossements d’une seule personne, parfois de plusieurs. Dans ce dernier cas, la coutume était d’inhumer ensemble mari et femme (et enfants), père et fils, mère et fille, frères et sœurs, mais toujours la famille au sens restreint. C’est aux fils que revenait d’accomplir le rite de la mise dans l’ossuaire, comme un devoir de piété familiale, et non à des étrangers. On s’appuie là sur une relecture et une adaptation actualisée de la vision des ossements desséchés d’Ezéchiel 37.

En outre, la pratique de l’ossuaire, tout comme celle du sarcophage, bien que dans une moindre mesure, suppose l’existence d’un tombeau creusé dans le roc, ce qui n’était pas à la portée de tous, même à Jérusalem. Réservée à des familles plutôt aisées, elle était supposée libérer de la place sur une banquette ou dans un four pour d’autres inhumations à venir. Il s’agit donc d’un tombeau familial, ce dernier mot étant compris dans un sens assez large. Si l’usage a beaucoup diminué après 70, cela tient à la diminution de la présence juive dans la ville. Cependant, il s’en faut de beaucoup que tous les ossuaires ne soient décorés, ou même inscrits, ce qui est réservé à une minorité. Cet état de fait nous prive ainsi cruellement de renseignements onomastiques 3 précieux pour des statistiques.

1.3 La signification de l’inscription Début de page

L’inscription, assez soignée, des lettres de cette épitaphe ne permet qu’une datation plus large encore que celle faite à partir des ossuaires. Les formes de toutes les lettres au tracé calligraphique ou cursif sont bien attestées au moins depuis le milieu du Ier siècle avant J-C jusque dans le IIe siècle de notre ère, les formes des alef, dalet et yod y compris. Mais on ne peut certainement pas, à la suite de l’éditeur, restreindre la datation paléographique de l’inscription à la décennie qui a précédé la chute de Jérusalem, sinon pour des motifs tout autres que paléographiques, qui dépassent les données objectives. L’écriture est continue, avec une seule coupure marquée par un espace et l’usage de la forme finale à la lettre précédente, ce qui donne deux membres de phrase rendus par la virgule dans la traduction : « Jacques fils de Joseph, le frère de Jésus »

La formulation araméenne, reconnaissable ici par le terme de filiation, bar, et par la dernière expression typique de cette langue, ahui di, littéralement « son frère (celui) de Jésus », est, elle aussi, bien attestée, y compris dans sa forme abrégée par des textes littéraires et épigraphiques depuis le 1er siècle avant J-C et suivants (Apocryphe de la Genèse, actes juridiques, ossuaire, targums et mosaïques).

L’onomastique, enfin, est des plus fréquente pendant les périodes asmonéenne, hérodienne et post-hérodienne, en y ajoutant les Simon, Juda, Eléazar, Manaem, Jean et Matthieu. En recensant les seuls ossuaires, on connaît beaucoup plus d’exemples que ne peuvent le laisser supposer les chiffres donnés par l’éditeur. Celui-ci s’est en effet limité à la collection des Musées d’Israël éditée par Y. Rahmani. De plus, l’usage habituel de la papponymie 4 allongerait à l’envi la liste déjà connue, sans compter l’apport d’autres sources épigraphiques, ce qui fausse considérablement les résultats obtenus par les statistiques.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la plupart des ossuaires sont anonymes, et qu’ils ne concernent qu’une partie de la population, probablement les partisans de l’Ecole de Shammaï (ci-dessus). La répétition fréquente de ce nombre restreint d’anthroponymes 5 explique l’usage répandu de surnoms ou de sobriquets ajoutés comme un second nom. Ainsi en aurait-il été, par exemple, du fameux ossuaire qui a été publié comme celui de Caïphe, mais qu’on doit tout simplement attribuer à un « Joseph fils de Qoppa ou Qépha » 6. Il n’est pas rare non plus que soit ajoutée sur des ossuaires, par souci de distinction, la profession ou quelqu’autre précision concernant le défunt, par exemple « (le) prêtre, scribe, potier, maçon, artisan, prosélyte... », ou même son origine « de Tyr, d’Alexandrie, de Jérusalem... », ou que celle-ci soit clairement signifiée par une écriture palmyrénienne, caucasienne, etc.

Toutes ces considérations obligent-elles à retenir l’identification proposée comme la seule possible ou même la plus vraisemblable ? Les données archéologiques (ossuaire), paléographiques, linguistiques et onomastiques laissent un grand nombre de possibilités qui s’étalent sur au moins un siècle : c’est la seule conclusion à laquelle on puisse légitimement aboutir.

Inscription Yakov bar Yosef ahui di Yeshua
Inscription : Jacques fils de Joseph, frère de Jésus
Ossuaire IAA 80/509 : Yakov bar Yosef ahui di Yeshua

1.4 Les « frères » de Jésus Début de page

L’éditeur fait appel à des données historiques fort bien repérables, notamment dans le Nouveau Testament, les écrits de l’historien juif Flavius Josèphe et des Pères de l’Église. On sait que Joseph ne répudia pas Marie sa fiancée, qui était enceinte, mais qu’il la prit dans sa maison et qu’elle enfanta Jésus. Aussi Jésus est-il le plus souvent appelé « fils de Marie », ce qui serait tout à fait inattendu s’il était fils de Joseph. Il est vrai cependant que les Évangiles parlent aussi « des frères et sœurs de Jésus ».

Pour comprendre ces termes de parenté utilisés dans le grec palestinien, il est nécessaire de se rappeler qu’il s’agit d’un grec de traduction, pour une population bilingue où les mots gardent le sens habituel du langage courant local, l’araméen en l’occurrence. Ici, le mot « frère » signifie à la fois « frère (de sang), demi-frère, époux, oncle, neveu, cousin, ami, compagnon » ; il en va de même pour « sœur ». Seul le contexte permet ordinairement de préciser, ce qui se faisait évidemment plus facilement pour les contemporains que pour nous. Aussi les emplois de ces mots dans les Évangiles ne peuvent-ils être réduits au seul sens restreint connu de nos langues européennes.

Flavius Josèphe écrit lui-même : « Anan traduisit devant un sanhédrin Jacques, frère de Jésus appelé le Christ » (Antiquités XX 200). D’un côté, il donne un qualificatif à Jésus pour le distinguer des autres Jésus et, de l’autre, il n’est nullement certain que pour lui aussi « frère » signifie « frère (de sang) » 7. Suivant l’usage des livres du Nouveau Testament, Josèphe use à Rome d’un fond commun sémitique. Il n’est nulle part question dans le Nouveau Testament de Jacques, fils de Joseph, l’époux de Marie, sinon par déduction forcée d’un des sens possibles du mot « frère de Jésus ». En Marc 6, 3, Jésus n’est même pas nommé « fils du charpentier » (comparer Mt 13, 55); ce n’est qu’au dire des gens qu’il est ainsi désigné « fils de Joseph » (Luc 3, 23 et 4, 22, voir une même opinion en Jean 6, 42). Pour Luc, Joseph n’est même manifestement pas le père de Jésus (Luc 1, 26-38). Dans le Nouveau Testament, rien ne prouve que Jacques, Joseph, Simon et Jude sont des fils de Joseph et de Marie : c’est une extrapolation.

Le mot « frère » dans ce milieu palestinien n’a donc pas subitement pris le sens de « cousin » avec le Protévangile de Jacques. Contrairement à ce qu’écrit l’éditeur de cet ossuaire, il a toujours eu ce sens bien avant le 1er siècle. Il faut prendre les textes comme ils sont, non les plier à nos démonstrations de modernes.

Paul parle de « Jacques, le frère du Seigneur », pour désigner le chef de l’Église de Jérusalem, que la tradition connaît aussi comme « Jacques le Juste », précision utile pour le distinguer des autres Jacques, apôtres, etc. 8 En Jean 19, 25, Jésus confie sa mère au disciple qu’il aimait et qui la prit chez lui. Si Jésus avait eu des frères, il aurait eu quelque difficulté à confier sa mère à quelqu’un d’autre qu’à ses frères de sang, à qui aurait dû revenir ce devoir de piété filiale. Or ce n’est visiblement pas le cas, si du moins on prend le passage dans son sens premier. Ce point discuté n’affaiblirait pourtant pas la démonstration de l’ensemble des autres données scripturaires. A la remarque de Marie, sa mère, « Voici que ton père et moi, nous te cherchions tout angoissés », Jésus répond : « Ne savez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » (Luc 2, 48-50), ce Père qu’il appelle lui-même « Abba ». Le même Luc, tout comme Matthieu 1, 16 et 20-25, ne font pas de Joseph le père de Jésus; mais c’est Joseph qui lui donne le nom de Jésus, comme Zacharie à son fils Jean (le Baptiste). Il accomplit ainsi son rôle de père légal en l’insérant dans la descendance davidique.

Aussi, malgré des traditions divergentes, les deux Évangiles s’accordent sur la conception virginale de Jésus héritier des promesses, bien avant le Protévangile de Jacques. Joseph a aussi transmis son métier à Jésus après avoir participé à son éducation, tel un père, au point que Jésus était, croyait-on, « fils de Joseph, charpentier, fils du charpentier » 9.

1.5 La sépulture de Jacques le Juste Début de page

S’il est tout à fait possible que des judéo-chrétiens aient adopté la pratique funéraire pharisienne de l’Ecole de Shammaï, celle des ossuaires dépouillés de tout signe distinctif (croix, chrisme...), a-t-on affaire pour autant à l’ossuaire de Jacques le Juste ?

La tradition chrétienne et juive a toujours placé la sépulture de Jacques sur le lieu de sa lapidation-exécution, sous les murs du temple, où était érigée une stèle, et ce au moins jusqu’à l’époque d’Ælia capitolina, au IIe siècle. La tradition chrétienne en a conservé le souvenir et l’a ensuite déplacée en face, au tombeau dit aujourd’hui de Zacharie.

On ne sait rien de la provenance exacte de l’ossuaire, même si les antiquaires la placent habituellement aux environs de Jérusalem Est. Il est toutefois exclu qu’il provienne de fouilles, même clandestines, d’un tombeau taillé dans le roc dans la région supposée de la sépulture de Jacques, cela certainement depuis 1967 et même auparavant, puisque nulle fouille n’y a été signalée. En outre, Joseph époux de Marie n’avait sûrement pas à Jérusalem un tombeau taillé dans le roc, puisqu’on déposa Jésus dans un tombeau neuf appartenant à Joseph d’Arimathie. Si Jacques s’était fait creuser un tombeau pour lui et sa famille, il n’y a manifestement pas été déposé, d’après la tradition unanime. On a même trouvé une tombe avec des ossuaires portant les noms de Jésus. Devant de telles découvertes, il faut en rester au possible et au vraisemblable.

1.6 Une explication Début de page

Mais, objectera-t-on, pourquoi avoir alors ajouté la formule « le frère de Jésus » ? La formule, que l’on trouve rarement sur un ossuaire, n’est pas anormale pour autant. Elle est bien connue du langage araméen courant de l’époque. Est-ce pour distinguer le premier nom insuffisamment connu par celui d’un frère plus fameux, comme on l’a écrit ? Ce ne saurait être le cas avec Jacques premier évêque de Jérusalem, un des personnages de la ville les plus connus de son temps au dire de la tradition juive, une « colonne » avec Pierre et Jean (cf. Galates 2, 9) pour la tradition judéo-chrétienne. On aurait alors attendu la précision « Jacques le Juste », ou « le frère du Seigneur/Messie », et non « le frère de Jésus ». Par ailleurs, l’autre exemplaire tout à fait comparable, « Simay fils d’Asiyah, le frère de Hanin », montre que l’explication est difficilement recevable puisque les trois noms ne sont pas plus connus les uns que les autres.

Plus simplement, on pourrait avancer que c’est le frère, et non le fils, qui a procédé à la sépulture, d’où la mention de son nom, ou mieux encore qu’il s’agissait de distinguer des personnes portant le même nom et le même patronyme dans un tombeau familial au sens large, où des noms se répètent de génération en génération, y compris pour les branches collatérales, ou même les demi-frères, d’où la détermination parfois nécessaire « le » frère de « X ». Cette hypothèse est d’autant plus vraisemblable que, dans un tombeau familial qui n’est pas une place publique, il ne saurait être question d’authentifier les ossements d’une personne par le nom d’un frère qui serait plus connu, la renommée n’ayant rien à faire ici. L’inscription sur l’ossuaire est à usage strictement privé et familial. C’est tout ce que l’on peut tirer. Ainsi disparaît l’argument décisif de l’éditeur en faveur de sa thèse.

Aussi, sans aucune preuve claire et irréfutable, il est difficile d’accepter comme très probable ou même possible l’identification de cet ossuaire telle que la propose son éditeur. Elle fait appel à trop de suppositions et relève même de l’invraisemblance. Le lieu de la découverte, lui-même inconnu, ne peut militer en faveur du lieu unanimement retenu par la tradition juive et chrétienne. En conséquence, on ne se trouve certainement pas là devant la plus ancienne preuve épigraphique de l’existence de Jésus de Nazareth. Ce que l’on a, c’est tout simplement l’attestation d’un Jacques fils de Joseph ayant eu un frère du nom de Jésus. En dire plus serait outrepasser largement les conclusions que l’on peut scientifiquement tirer des données brutes.

1.7 Épilogue Début de page

On aimerait rappeler à ce propos la sage conclusion d’un maître en histoire écrivant au sujet de la famille sacerdotale des Benê Hézir : « Parmi les noms que le marquis de Vogue a relevés dans ce texte figure un Shiméon, fils de Joseph. Qu’à l’intérieur d’une chambre sépulcrale inviolée on ait découvert au IVe siècle une série d’ossuaires en nâri (calcaire tendre), portant gravés à la pointe des noms tels que Jacob, Simeon, Zacharie, Joseph, etc., c’est une hypothèse plausible, car des trouvailles analogues ont encore lieu au XXe siècle. Que les ossements de Jacques, frère du Seigneur, aient été secrètement transportés dans cette cachette aux jours troublés d’Hadrien, c’est encore une supposition qui peut être émise. Mais à s’égarer dans le champ des suppositions on quitte le domaine de l’histoire. » 10

L’éditeur, qui reconnaît lui-même que rien dans cette inscription ne confirme cette identification, a cependant osé affirmer quelques lignes plus loin qu’il s’agit très probablement de l’ossuaire de Jacques, premier évêque de Jérusalem, frère du Seigneur. Mais à s’en tenir aux données de l’ossuaire, on ne peut certainement pas retenir cette dernière conclusion à laquelle s’opposent par ailleurs les autres données de la tradition, à moins de forcer les textes, non sans idée préconçue. Là, on quitte le domaine de l’histoire et de la vraisemblance.

1.8 Notes

 1 André Lemaire, Burial Box of James the Brother of Jesus. Earliest Archaeological Evidence of Jesus Found in Jerusalem, « Biblical Archaeological Review », Nov./Dec. 2002, p. 24-33, 70-71. Voir aussi Le Monde du 24 octobre 2002, p. 26 : « Dans cet article, je dis explicitement que ce n’est pas absolument certain, mais probable, voire très probable ».

 2 Emile Puech, La croyance des Esséniens en la vie future : immortalité, résurrection, vie éternelle ? Vol. 1, Histoire d’une croyance dans le judaïsme ancien, Etudes Bibliques NS 21, Paris, 1993.

 3 Onomastique : science ou étude des noms propres, notamment des noms de personnes.

 4 Papponymie : usage consistant à donner à un enfant le nom de son père.

 5 Anthroponymes : noms de personnes.

 6 Emile Puech, « A-t-on redécouvert le tombeau du grand-prêtre Caïphe ? », Le Monde de la Bible, 80 1993, pp. 42-47. En outre, Caïphe étant sadducéen, cette coutume ne devait probablement pas avoir été suivie dans cette famille. Voir aussi La croyance des Esséniens, p. 193-95.

 7 En effet, d’après la Complete Concordance to Flavius Josephus, edited by K. Heinrich Rengstorf, Leiden 1973, p. 19, le mot grec adelphos peut avoir le sens de « frère, fils d’un même père ou d’une même mère (= demi-frère), parent (= cousin), membre d’un même peuple ou croyance, ami, compagnon », précisément les mêmes significations qu’en araméen ou hébreu, relevées ci-dessus. Cela doit être souligné et on doit en tenir compte pour l’usage palestinien et pour les destinataires des œuvres écrites qui ne doivent pas s’y méprendre.

 8 Voir encore expressément Hégésippe dans ses Mémoires en Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique II 4-18, ou encore Josèphe au dire de ce même Eusèbe, idem II 20. En Galates 1, 19 Paul a manifestement reçu cette désignation de « Jacques le frère du Seigneur » de la Communauté de Jérusalem qu’il a visitée.

 9 Les arguments avancés sont moins fragiles que ne l’estiment J. P. Lemonon, Au sujet des frères et sœurs de Jésus, Cahiers Évangiles 121 (2002) 64-65, ou F. Refoulé, Les frères et sœurs de Jésus, Paris 1995. En Galates, Paul emploie l’expression « le frère du Seigneur », et Josèphe, à Rome, le mot adelphos dans le sens sémitique. Si Jésus avait réellement été fils de Joseph, l’expression « fils de Marie » serait inexplicable dans le milieu sémitique des évangiles. La réponse est à chercher d’abord dans le Nouveau Testament, non dans les Pères qui n’ont pas prétendu faire le tour de toutes les questions théologiques, plus éloignés qu’ils sont des sources historiques.

 10 M. Abel, La sépulture de Saint Jacques le Mineur, Revue Biblique 28 (1919) 480-499, p. 499.

2. Bibliographie Début de page





3. Textes et Éncartés

3.1 Table des matières des sujets Début de page

Jésus de Nazareth dit Jésus Christ
Les anges et les démons judéo-chrétien et islamique
Marie de Magdala dite Marie-Madeleine
Manuscrits de Nag Hammadi et d’autres Bibliothèques

Référence publication :
Abbé Émile Puech
Prêtre du diocèse de Rodez (Aveyron)

Docteur en théologie de l’Institut catholique de Paris
Docteur en histoire des religions et anthropologie religieuse de la Sorbonne-Paris IV
Habilité de la fac. de théologie – Université Marc Bloch de Strasbourg
Diplômé de l’Ecole des Langues Orientales Anciennes de l’Institut catholique de Paris
Diplômé de l’Ecole biblique et archéologique française (E.B.A.F.)
Editeur des manuscrits hébreux et araméens de la grotte 4 de Qumrân (lot Starcky)
Directeur de la Revue de Qumrân
Directeur de recherche au CNRS – Paris, Institut d’épigraphie sémitique – Collège de France
Professeur à l’E.B.A.F.
Auteur
Émile Puech Début de page
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